‹ Jean de CandidaChapitre 17 sur 67 · Bibl. de l'Ec. des Chartes, t. XI (IS'iO-ôO), p · texte numérisé non relu

Bibl. de l'Ec. des Chartes, t. XI (IS'iO-ôO), p

2. C. Couderc, Bib/iolhèi/ue de l'Ecole des Chartes^ I89'i, pp. 564-567.

3. Ce manuscrit portail alors le n" 395 du supplément latin, il est inscrit aujourd'hui dans le fonds latin sous le n° 10909.

Louis Xïl de la magnifique collection de manuscrits qui mérite d'immortaliser ce nom de Bruges*.

On sait que le jeune Charles VIII s'exerça à l'étude de la langue latine et composa même des vers latins. Peut-être Candida lut-il un de ses précepteurs; du moins faut-il retenir que notre médailleur cherchait, dès cette époque, à s'attirer les faveurs royales.

C'est dans l'entourage immédiat du roi que Candida trouva à se lier avec Guillaume Briçonnet, qui accompagnait le souverain dans ses voyages-, et qui devait arriver à une si haute fortune. Guillaume Briçonnet faisait partie à ce moment du Conseil de régence et du Conseil étroit, dans lequel se trouvait aussi Etienne de Vesc -^ personnage déjà des plus influents et qui allait partager avec Briçonnet toute la faveur du roi. Là aussi, Candida connut le jeune Artus Gouffier, enfant d'honneur et panetier de Charles VIll, qui devait être le précepteur de François P'", l'illustre Boisy, le marquis de Carabas du dicton populaire, aussi célèbre par son goût pour les arts et les lettres que par sa grande fortune^.

Candida est donc en France depuis 1482 ou 1483. Il vit probablement à la cour, où il est peut-être attaché à la personne du roi à titre de secrétaire, cherchant à conquérir ses bonnes grâces et lui composant en latin un petit résumé de l'histoire de France.

1. L. Delisle, Le Cabinet des mannscriis, t. I, 140-146, t. III, 356. Van Praët, Recherches sur Louis de Bruges, 1831, )ii-8.

2. Alphonse Dunoyer, Ecole des Charles, Positions des thèses soutenues par les élèi'cs de la promotion de 1894. Chalon, 1894, pp. 5-13.

3. A. de Boislisle, Etienne de Vesc, Ann. bail, de la Soc. de l'hist. de France, année 1878, pp. 265-285, etc.

4. B. Fillon, L'art de terre chez les Poitevins. Niort, 1864, pp. 61-69.

36 H. DE LA TOUn

En tout cas, il est bien certain que, dès 1491, il a conquis un titre officiel, celui de conseiller du roi, et a gagné la confiance, sinon du souverain luimême, au moins de ses principaux ministres. Cette année-là, en effet, il fait partie d'une des plus importantes ambassades de cette époque. On a conservé les instructions et les noms de tous les ambassadeurs, parmi lesquels celui de J. de Gandida, déjà relevé par M. L. Delisle et par A. Heiss\ A côté de Candida, il est bon de noter la présence d'un Jean Briçonnet, probablement le receveur des finances de Touraine, le frère de Guillaume,

L'année 1491 est celle des traités de La Flèche et de Laval. L'influence d'Anne de Beaujeu a disparu, et les hommes nouveaux, de Vesc et Guillaume Briçonnet, commencent à avoir la prépondérance dans le Conseil. On peut supposer que l'amitié de Guillaume Briçonnet, déjà puissant, fut pour quelque chose dans le choix de Candida. Ce choix n'est-il pas aussi une preuve de l'influence que commence à prendre le parti napolitain, à la tête duquel est le prince de Salerne, le véritable instigateur de la conquête napolitaine? Celui-ci s'emparera à ce point de la confiance royale, que Charles VI II l'aura presque toujours à côté de lui quand il recevra les ambassadeurs des diverses puissances italiennes-.

D'ailleurs, dans les réunions auxquelles il est

1. L. Delisle, Bibl. de l'Ec. des Chartes, 1890, pp. 310-312. — A. Heiss, Rei'. num., 1890, pp. 454-456. — Burchard, Johannis Burchardi diarium, édit. Thuasne, t. I, pp. 549-55. — Cf. Godefroy, Hist. de Charles VIH, p. 617. — Ordonnances des rois de France, t. XX, p. 290.

Page 1