‹ Jean de CandidaChapitre 20 sur 67 · Charles Balbiano, comte de Belgiojoso · texte numérisé non relu

Charles Balbiano, comte de Belgiojoso

2. A. Dunoyer, loc, cit. — A, de Boislisle, loc. cit., année 1S80, p. 284.

JEAN Ut CANUIDA 47

Dès le mois de mai 1493, le roi et ses conseillers les plus écoutés sont pour l'expédition. Les stipulations du traité de Senlis^ et la constitution d'un conseil d'affaires d'Italie ne laissent pas de doutes à cet égard.

A partir de ce moment, Ludovic le More change de ligne de conduite. Auparavant, il voulait jouer de Charles VIII comme d'un épouvantail à l'égard des puissances italiennes ; évitant de s'engager d'une façon formelle, il le poussait en apparence à la conquête de Naples, sauf à faire avorter l'expédition en sous-main et à former une ligue avec Florence et Ferrare. Libre alors de négocier avec Maximilien, sans froisser Charles VIII leur allié commun, et d'obtenir ainsi l'objet de son rêve, l'investiture du duché de Milan, Ludovic offre à l'empereur d'Allemagne la main de Blanche Sforza, sœur de Jean Galéaz, avec une dot de 400.000 ducats qui éblouissent ce souverain toujours besogneux. Le More ne voudrait point se brouiller avec Venise, mais il se soucie peu maintenant de la colère du roi de Naples, et il accepte la direction des affaires politiques de Charles VIII en Italie, qui lui est offerte le 15 mai 1493 ~.

Quant au Pape, il est plus embarrassé que ne l'était Ludovic. Les Napolitains, unis aux Orsini, pourraient l'écraser s'il encourageait les Français; d'autre part, il redoute que Charles VIII ne conquière une partie de l'Italie, ne s'entende avec Maximilien, son allié, et ne fasse appel à un concile général^ pour

1. Traité de Barcelone, 18 janvier l'i93 ; traité de Senlis, 23 mai.

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