‹ Jean de CandidaChapitre 32 sur 67 · Ref.num., pi. xv · texte numérisé non relu

Ref.num., pi. xv

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çonnet(pl. VlIIet XIl), président aux enquêtes, nous remarquerions de frappantes ressemblances, non seulement dans Taspect général, mais aussi dans les petits détails, par exemple, dans les quatre plis qui creusent la robe de ces magistrats sur le devant de la poitrine. Si l'effigie et la lettre du Pierre de Sacierges ont de la sécheresse, il faut l'attribuer uniquement aux retouches qu'a subies le rarissime exemplaire reproduit par le Trésor de numismatique, par A. Heiss et par nous. Nous n'avons pu malheureusement en découvrir de meilleur. Les ciseleurs se sont à tel point acharnés à défigurer certaines médailles de Candida, par exemple, celle de Jean Carondelet et de sa femme, qu'il est impossible d'en découvrir un exemplaire intact et simplement passable.

Nous ne doutons pas que ces analogies aient déjà sauté aux yeux de tous ceux de nos lecteurs qui auront bien voulu jeter un coup d'œil sur nos planches, malheureusement assez peu réussies. Ils auront certainement remarqué aussi que les médailles de Candida, d'abord légères d'aspect et de fonte, petites de diamètre, sont toujours allées en augmentant de grandeur, d'épaisseur et de poids; l'artiste devenant, à mesure qu'il avançait en âge, plus sensible à la simplicité et à la force, à la grandeur du style et à la vivacité de l'expression qu'à l'élégance et au charme.

Nous en sommes arrivés à l'année 1494, c'est-àdire à la veille de l'expédition d'Italie. Il reste à indiquer quel fut le rôle probable de Candida à cette époque néfaste pour l'Italie, oii l'Italie conspire

contre elle-même, les Italiens devenant les principaux, on pourrait presque dire les seuls artisans de l'invasion. Sans les excitations habiles et de plus en plus pressantes de Ludovic, sans Tassaut final donné par le cardinal Julien de la Rovère et surtout sans l'action moins apparente, mais persévérante, tenace, incessante des Napolitains réfugiés à la cour de France, la conquête de Naples n'eût pas été entreprise, et Julien de la Rovère, devenu Jules II, n'aurait pas eu à faire appel à son indomptable énergie, pour jeter hors de l'Italie ces barbares dont il avait attiré lui-même l'invasion. Candida était sûrement de ces Napolitains qui, toujours présents auprès du roi, avant et pendant l'Entreprise, assistaient aux réceptions d'ambassadeurs les plus secrètes et aux plus importantes délibérations.

Candida fit probablement partie de l'expédition; c'était en effet le cas, pour la cour, d'utiliser ses talents diplomatiques et sa grande connaissance des choses d'Italie, et, pour lui, de prendre sa part des dépouilles opimes des Aragonais vaincus. On peut croire que Charles VI 11 désira se l'attacher aussi comme artiste. A cette époque, les rois allaient toujours accompagnés de peintres, de sculpteurs et de gens appartenant à tous les corps de métiers. On sait que Charles VIII avait tenu à amener, pour cette expédition, des peintres capables d'exécuter des œuvres qui lui rappelleraient, à son retour en France, le souvenir des belles choses qui auraient frappé son attention en Italie. C'est ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, que, dès le commencement de l'Entre-

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prise, le roi traversant la Savoie et trouvant son « cousin et sa cousine, la duchesse de Savoye, très beaulx enfants », s'empressa de les faire « paindre » par un des artistes attachés à sa personne *.

Les espérances de Candida ne furent probablement pas déçues, et il eut, comme tous les serviteurs du roi, part aux dépouilles des partisans des princes de la maison d'Aragon. Aussi aurait-on pu s'attendre à trouver d'utiles renseignements dans les archives de Naples ; malheureusement, les registres des finances et de la justice ont été brûlés au moment de la rentrée du roi Ferdinand (juillet 1495).

Il est bien certain que Candida revint en France et y vécut encore un certain nombre d'années, puisqu'il y exécuta, en 1503, les médailles de Pierre Briçonnet et de Thomas Bohier, et en 1504, celles de la famille de Valois-Angoulème.

J. de Candida resta toujours fidèle aux Briçonnets. Louis XII qui n'avait point disgracié la Trémoillepar qui il avait été fait prisonnier à Saint-Aubin-du- Cormier, ne devait pas non plus disgracier les Briçonnets; il se contenta, chose fort naturelle, de leur préférer le confident et l'ami des bons et des mauvais jours, Georges d'Amboise. Les Briçonnets n'en restaient pas moins une puissance dans l'Etat. Par eux ou leurs parents, les Bohier, les Beaune, les Ruzé, les Berthelot, les Robertet, ils tenaient toute l'administration financière de la France : recettes, dépenses, contrôle. Ils étaient généraux, receveurs

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