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Poitou et Vendée, k l'art. Céramique poitevine, p

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Claude de Seyssel et Jean de Saint-Gelais ; ou bien lui offraient leurs ouvrages, comme Pierre Jacques de Vitry (probablement le Jacques de Vitry de la médaille de Jéronyme Henry), qui lui dédia un poème dans lequel il chante la délivrance de Poitiers en 1206'.

XI et XII.

ROBERT BRIÇONNET (Planche VIII, n«^ 7 et 8.)

<p ROB - BRICONET - PARLAMENTI ^ INQVES- TAR ^PRESID ▼, cordon autour de la légende. Buste de Robert Briçonnet, à droite, costumé comme Pierre de Sacierges, Pierre de Gourthardi et Guillaume des Perriers ; vêtu de la robe des magistrats, à col droit et court ; coiffé d'un bonnet à pli vertical en relief, avec deux dépressions horizontales et petit cordon au sommet, couvrant la plus grande partie de Toreille et ne laissant apparaître que l'extrémité de la chevelure.

^ . Dans le champ, inscription en cinq lignes : MARCET I SINE | ADVERSARIO | VIR | TVS ; le tout entouré d'un cordon en relief.

Cabinet de France, bronze ; diamètre, 60 millimètres.

-ROB^BRICOiNET - AR - DVX - REMEN- PRl- MVS-PAR-FRAN | CIEsa?. Bustede Robert Briçonnet, à droite, en costume d'évêque, c'est-à-dire en

1. Pétri Jticobi Victriaceiisis , Campanic, de Irinmphalis... apud Pictones Anglis. Poitiers, sans date.

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soutane et rocliet; le front chauve, avec la large tonsure monacale entourée d'une étroite couronne de cheveux couvrant la plus grande partie de l'oreille. Ce costume est identique à celui de Nicolas Maugras et à celui de Julien et de Clément de la Rovère.

Revers semblable au précédent.

Collection Valton, bronze; diamètre, 60 millimètres.

Cette seconde médaille est un peu plus grande que la première, mais il ne s'agit que de quelques fractions de millimètres.

Nous avons déjà parlé de ces deux pièces; il est donc inutile d'insister. 11 suffira d'indiquer ici les principales étapes de la carrière de Briçonnet, singulièrement brillante pendant les dernières années de sa vie, au moment de la toute puissance de son frère Guillaume. Voici le tableau sommaire de son cursus honorum : conseiller au Parlement de Paris, par lettres du 12 novembre 1481 ; président aux enquêtes (?) et abbé de Saint-Vaasten 1488 ; nommé, archevêque de Reims le 27 octobre 1493 et entré en possession de son archevêché au mois de décembre de la même année ; envoyé en ambassade auprès de Maximilien, en 1494, et choisi comme arbitre entre René, duc de Lorraine, et Robert de la Mark ; nommé par lettres du 27 août 1494, président des comptes en remplacement de Etienne de Vesc, démissionnaire; créé garde des sceaux en novembre 1494, et enfin chancelier de France le 30 août 1495. Etant chancelier, Robert décida le roi à transformer le Grand Conseil en cour souveraine, et il mourut peu de temps après, à Moulins, le 3 juin 1497.

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Nous avons établi que la seconde médaille est celle pour laquelle Robert fit adresser ses remerciements à Candida. Si l'on cond)ine les dates ci-dessus avec les indications que fournissent le style et la physionomie, on peut croire que ces deux pièces ont élé exécutées à un très petit intervalle de temps Tune de l'autre : la facture et les dimensions sont les mêmes, la physionomie est à peu près la même. La ])remière a été modelée probablement en 1492 ou dans les premiers mois de l'année 1493, avant la nomination de Robert à l'archevêché de Reims ; tandis que la seconde est du commencement de 1494. Cette dernière a été sans doute exécutée immédiatement après l'élévation de l'ami de Candida au trône archiépiscopal, et avant qu'il eût été nommé président aux enquêtes et garde des sceaux; en tout cas, sûrement, avant qu'il eût été appelé à la plus haute dignité de la magistrature, à la charge de chancelier de France.

Je ne sais si le lecteur a remarqué, sur la seconde effigie de Briçonnet, cette grande tonsure que Armand a prise pour une calotte ; ce n'est point là la tonsure ordinaire du clergé séculier au xv" siècle, mais celle du clergé régulier. Personne toutefois n'a jamais avancé que Robert eût été religieux, ainsi que semble l indiquer cette tonsure ; il v a pourtant peu de doute à cet égard. L'adresse de la XXP lettre du recueil de Guillaume de la Mare nous paraît en effet fort probante : « Robert, etc., au provincial de notre ordre lie Saint-Dominique » ; d ailleurs, dans le courant de lalettre, Robert, parlant de sainl Dominique, enq)loie

cette expression de filiale dévotion : « Beatissimus pater Dominicus. » Le chancelier de France, Robert Briçonnet, appartenait donc à la grande famille dominicaine.

JULIEN ET CLÉMENT DE LA ROVÈRE (Planche VII, no 9.)

sSpIVLIANVSqpEPScpOSTlENcs^GAR^B'S^Pcs'AD- VTNGVLAqp. Buste de Julien de la Rovère, à droite, en soutane et rochet, le crâne largement découvert par la grande tonsure monastique, entourée d'une couronne de cheveux drus et épais, qui cachent à moitié l'oreille et tombent sur le front.

Çt'.cç^CLEMENScpDEqpRV | VERE -EPS -MIMA- TEN. Buste de Clément de la Rovère, à droite, vêtu et costumé comme son frère Julien. La chevelure est très légèrement plus longue et le haut de Foreille apparaît un peu entre les mèches. Pour la facture et pour le costume, ces deux bustes sont tout à fait semblables à celui de Robert Briçonnet, archevêque de Reims, et à celui de Nicolas Maugras ; le Julien de la Rovère se rapprochant toutefois davantage du Briçonnet pour ce qui est seulement de la coupe du buste, et le Clément étant plus semblable en cela à l'évêqued'Uzès.

Cabinet de France, bronze ; diamètre, 61 millimètres.

Van Miéris, loc, cit., t. I, p. 157. — Trésor de numismatique, médailles italiennes, 1"'' partie,

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pi. XIII, 11° 3 ' . — Koliler, Histor. Mi'intz Belusligung, t. XVJ, p. 289, etc.

Si l'on place cette médaille à côté de la seconde de Robert Briçonnet, qui est, ne l'oublions pas, sûrement de la main de Gandida, on est forcé d'avouer qu'il y a entre elles non seulement similitude, mais identité de faire, de dimensions, d'aspect. Si l'on compare ensuite les trois bustes entre eux, l'absolue ressemblance de costume et de pose ne sert qu'à mieux faire ressortir, par comparaison, cette frappante identité dans l'ensemble et dans les détails. Mais cette identité même dans la disposition du buste, du vêtement et de la coiffure des deux frères sert aussi, à 1 inverse, à mettre en évidence les différences de physionomies : Julien, intelligent, décidé, tenace ; Clément, indolent et lourd.

Le portrait de Julien de la Rovère est particulièrement précieux, parce qu'il est le seul portrait de cet homme illustre dans son âge mûr, et qu'il appartient à l'époque où, rompant violemment avec le pape, le cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens s'était jeté à corps perdu dans le parti français. On ne connaît que deux portraits de Jules II antérieurs à celui-ci : le premier se voit dans la fresque de Melozzo da Forli, exécutée de 1475 à 1476% où Julien n'a que trente ans ; le second est celui de la médaille de Sperandio*^, laquelle date, selon nous, de 1483 ou

1. La reproduction a été faite d'après un mauvais exemplaire ciselé, en argent; appartenant au Cabinet de France.

2. F. -A. Gruyer, Rapliai'l peintre de porlrnils, Paris, 1S>S1, in-8", t. F, p. 275-277.

3. Trésor de numismatique, Italie, 2° partie, pi. X, n" 1. — .\rinand. t. I, p. 71, n" 30.

de 1484; vient ensuite celui de Candida. Puis on ne trouve plus rien jusqu'après l'élection du 31 octobre

Notre médaille est postérieure d'une dizaine d'années environ à celle modelée par Sperandio, et antérieure d'un même laps de temps à la magnifique effigie de 1506, attribuée à Caradosso.

La plus simple de toutes est celle de Candida. Pas de subterfuges, pas de détails, pas d'ornements pour amuser l'œil ; toute l'attention est concentrée sur le profil, dont la ligne est ainsi particulièrement mise en valeur. Le front est droit, le regard haut et ferme, le nez fort ; la bouche est grande, avec des lèvres minces et serrées ; le menton est accentué, la joue sèche ; les maxillaires sontpuissants. De cetensemble se dégage une expression d'énergie concentrée et de décision : on se sent en face d'une volonté inflexible.

A côté, Teffigie modelée par Sperandio, qui pourtant savait faire énergique, paraît bien composée et modelée avec aisance, mais ronde et banale. Au contraire, le profil si nettement vu par notre artiste, et exprimé par lui avec une si grande fermeté d'accentuation, se retrouve exactement le même, comme caractère, dans la médaille de 1506 attribuée à Caradosso, caries changements opérés par le temps dans la figure de Jules 11 n'ont fait que rendre celle-ci plus saisissante. L'œil s'est enfoncé sous Tarcade sourcillière qui est devenue menaçante ; la graisse a alourdi la mâchoire, mais en lui donnant encore plus d'ampleur et en faisant paraître le nez plus court et plus fort ; aussi cette tête presque farouche, demi-

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enfoncée dans des vêtements pontificaux traités avec toute la finesse d'outil d'un orfèvre, émerge-t-elle de ces ciselures avec une merveilleuse puissance'.

Notre portrait est donc l'unique portraitde la pleine maturité de Julien de la Rovère, celui de la période de fervente amitié pour la France-. Dès le règne de Louis XI, la confiance et la faveur témoignées par le roi au cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens, les nombreux évèchés et bénéfices qui lui sont accordés en France renchainent à la politique française. 11 est évèque de Carpentras en 1471 ; en 1474, il est nommé à Tévèché d'Avignon érigé pour lui en archevêché, avec Carpentras, Cavaillon et Vaison comme sulTragants ; il obtient, en 1476, le siège de Verdun et, en 1478, ceux de Vivier et de iVIende, sans parler de sa légation d'Avignon, ainsi que des autres honneurs et des autres bénéfices ecclésiastiques. Vers cette époque, il est tellement considéré comme partisan de la France, qu'ayant été envoyé par le pape, en 1480, pour trancher un différent entre Louis XI et Maximilien, il est récusé par ce dernier.

1. Sur les portraits de Jules II, voirF.-A.Gruyer, loc. cit., 1. 1, pp. 220-288.

2. Pour cette période, voir: Jules Dumesnil, Hist. de Jules II, Paris, 1873, in-S", pp. 1-31. — Nouguier, Ilist. chronol. de T église... d' A fignon ,\>S(>0 , Avignon, in-4°. — Reynard-Lespinasse, Armoriai hist. du dioc. et de l'Etat d'Avignon, Paris, 1874, in-i", pp. 66-67. — Ordonnances. i.W'\\\,Yi. l'J6. — KervyndeLettenhove, Lettres et négociât, de Comniines, p. 146. — de Mandrot, Ymbert de Batarnay , p.88. — H.-F. Delaborde, loc. cit., pp. 138, li2, 176,316, 346-348, 507-508. 517, 521, 580, 611, 682, etc. — La Pilorgerie, Campagnes et bulletins de la grandearmée d'Italie, 1866, in-12, pp. 18-20. — P. Lacroix, Z,o«/s XII et Anne de BrHagne, pp. 113-114, 127. — Godefroy, Hist. de Charles VIII, p. 178. — De Cherrier, Hist. de Charles VIII, 1868, t. II, p. 358. — Recueil des traités, t. III, 2" partie, p. 318. — E. MUntz, Hist. de l'art..., t. II, p. 458 ; La Renaissance au temps de Charles VIII, p. 504. — A. de Boislisle, Et. de Vesc^ tirage à part, pp. 108, 129; et Ann. de la Soc. de l'hist. de France, 1880, pp. 245, 247. — Burchard, Diarium, éd. Thuasne, passim.

Pendant le pontificat d'Innocent VJII, Julien sut conserver les bonnes grnces qu'il s'était acquises sous le pontificat précédent, et habita surtout l'Italie. Mais dès l'élection d'Alexandre VI (11 août 1492), une hostilité plus ou moins sourde prit naissance entre le pape et Julien, et ce dernier se jeta de plus en plus dans le parti français, jusqu'au moment où la lutte éclata ouvertement. Alexandre VI, devenu l'allié d'Alphonse d'Aragon, s'apprêtait avec l'aide de ce dernier à faire assiéger Julien dans son évêché d'Ostie. Les troupes s'étaient mises en marche, quand Julien, averti secrètement, s'enfuit sous un déguisement (avril 1494). Ostie assiégée succombait le mois suivant ^, pendant que son évêque gagnait la France où l'attendaient les plus grands honneurs. C'était là un puissant renfort pour le parti de la guerre et surtout une arme formidable contre le pape, « grande bastone al papa. » Le 1" juin 1494, le cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens fit une entrée solennelle à Lyon ; et depuis, il mit au service du parti de la guerre son indomptable énergie ; luttant sans cesse, avant, pendant et après l'expédition; au milieu des armées, sur terre et sur mcr^, tout aussi bien que dans le conseil du roi •^. Il est avec le roi de France dans toutes les entrées solennelles, depuis Vienne (23 août 1492) jusqu'à Naples, où il allait prendre sa

1. Le 18 septembre de la même année, les Colonna, ayant repris Ostie, y arboraient l'étendard du roi de France et celui de Julien de la Rovère en même temps que le leur.

2. Le 21 septembre l'i94, Julien remplace à la tète de la flotte Louis d'Orléans malade.

3. « Ogni giorno stava in consultatione ». (A. de Boislisle. E. de Vesc, tirage à part, p. 108. — Cf. Godefroy, p. 178.)

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part des dépouilles des Aragonais ; partout, jouissant de riiumiliation de ses ennemis, le pape, Ludovic et le roi de Xaples. Aussi, quand Charles VIII entre à Rome le 31 décembre 1494, précédé par Julien de la Rovère, c'est aux cris répétés de Francia ! Colonna ! Vincula ! que le peuple Taccueille.

On prétend même qu'au retour de Xaples, Julien, toujours acharné, toujours indomptable, aurait voulu faire passer les Français par Rome afin de faire réviser l'élection d'Alexandre VI'. Enfin, en 1497, quand tous les partisans de la France ont cédé, son frère, Jean de la Rovère, le préfet de Rome, tient encore opiniâtrement dans Sora, Arce et Isola-, et quand arrive la trêve acceptée par Charles VIII-^, Julien pousse encore à la guerre à outrance et à la reprise des hostilités. Il porte lui-même la guerre en Ligurie; à la tête de 200 lances et de 3.000 fantassins, il enlève Vintimiglia, mais, ayant échoué devant Savone, se voit forcé de rentrer en France. Il n'en reste pas moins uni aux barons napolitains pour pousser le roi à envahir de nouveau Tltalie.

Julien de la Rovère passa une partie des années 1496 et 1497 à Avignon et dans le Midi de la France ; à ce moment-là, il avait pour ainsi dire tout à fait brisé avec l'Italie, où il avait complètement interrompu le cours de ses constructions ^. A partir de l'avènement de Louis XII, Julien paraît moins intran-

1. H. -F. Delabordc, loc. cit., pp. 514, 510, 580. — A. de Boislisle, £". f/e Vesc, tirage à part, p. 129.

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