‹ Jean de CandidaChapitre 57 sur 67 · Rei'ue de la nain, belge, '186i, pi. V, pp. lO.j et · texte numérisé non relu

Rei'ue de la nain, belge, '186i, pi. V, pp. lO.j et

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Thomas Bohier, dont celle de Pierre Briconnet rappelle absolument la disposition, le style, la lettre, le costume.

D'ailleurs, si on en juge par l'exemplaire de Gharvet, la médaille originale portait au revers un écu armorié' qui la rapproche complètement du Thomas Bohier, dont le revers est aussi orné d'un écusson armorié.

Bien que l'exemplaire du Cabinet de France soit défectueux, nous avons tenu à le faire reproduire, car il est sûrement ancien, tandis que la médaille publiée par Aloïss Heiss', beaucoup mieux conservée que la nôtre, il est vrai, n est qu'une restitution du xvii" siècle.

Pierre Briconnet, seigneur de Praville, frère cadet de Robert, épousa Anne de Compaing dont il eut deux fds et cinq filles. Dans sa vie privée, vrai Mécène, comme tous les Briconnet, ce personnage joua un rôle assez important dans l'Etat. Voici les principaux traits de sa biographie ; ils se trouvaient épars de tous les côtés ^ Pierre Briconnet avait dans sa jeunesse, au dire de Bretonneau, équipé

1. Ecu à la bande componée de cinq pièces la première chargée d'une étoile à six raies, accompagnée en chef d'une autre étoile, et en pointe, d'un croissant.

2. A. Heiss,, i?ef. num., 1890, pi. XV, n° 2, et pp. 460-461. — Cf. Armand, loc. cit., t. II, p. 143, n" 18. — Trésor de num., méd. fr., V" partie, pi. XLII, n">4.

3. Godefroy, His( du roij Charles VIIJ, pp. 638-639. — Bretonneau, ///.<<. ge'néal., pp. 45 à 50, etp. 292. — Ordonnances, t. XIX, p. 127 ett. XXI, pp. 121, 255. — G. Jacqueton, Doc. relatifs à l'adm. fin., Paris, 1891, in-8o, pp. 102-112 291-292. — Archives nat., Comptes de farg., KK 70, 71 et 72. — H. -F. Delaborde, L'crpédition de Charles VU/ en Italie, p. 5G9. — A. de Boislisle, Et. de Vesc, Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr., 1880, pp. 226-228, 243, 292 ; id., tirage à part, pp. 109, 133, etc.

quelques bateaux, fait des prouesses contre les ennemis de la foi, et mérité ainsi de commander à six galères en qualité de général. En 1483, nous le trouvons notaire au parlement de Paris; de 1487 à 1492, , argentier, notaire et secrétaire du roi. Le 15 décembre 1493. il est nommé général des finances des provinces de Languedoc, Dauphiné, Provence et Roussillon, en remplacement de son frère Guillaume obligé de démissionner par suite de sa nomination à l'évêchéde Saint-Malo. En 1494, il est envoyécomme ambassadeur en Italie, et l'année suivante, prend une grande part à l'organisation et à l'exécution de l'Entreprise de Charles Vlll. C'est ainsi, par exemple, qu en mars 1495, on le voit chargé de préj)arer une flotte à Gênes. Charles VIII, vainqueur, le récompensa de son activité par le don des comtés de Martina et de Francavilla et par celui d'une grosse galéasse. Le 16 mars de la même année, Pierre est nommé général de Languedoil. En 1498, il reçoit des lettres confirmatives de sa noblesse, et vers 1500, est nommé chevalier de Saint-Michel, titre que rappelle le mot « miles » de la légende de notre médaille. On sait qu'il partagea les goûts artistiques de ses frères et de ses parents; il partagea également leur amour pour la littérature ; aussi voit-on des humanistes lui dédier des œuvres et l'un d'eux le qualifier d' « eques auratus », mot qui n'est que la traduction pompeuse du titre, déjà signalé, de chevalier de l'Ordre du roi. Pierre Briçonnet mourut en 1509 à Orléans, où lui fut élevé un magnifique tombeau, détruit par les protestants, et dont il ne

restait déjà plus au xvii" siècle « que la table de marbre noir sur laquelle était posé le relief de ce seigneur. »

La médaille de Pierre Briçonnet doit rester toujours groupée avec celle de Thomas Bohier, qui va suivre ; ces deux pièces étant aussi inséparables que le François I et la Louise de Savoie. Tout, en effet, est identique en elles : la date de fabrication (1503), la disposition générale de l'effigie et de la légende, le costume^ la coiffure, la lettre; tout absolument, jusqu'à la facture des petits détails, comparez, par exemple, 1 enchâssement et l'expression de 1 œil des deux effigies. Or, quand on songe que ces deux personnages sont, Tun le propre frère de Robert et de Guillaume Briçonnet, les amis de Candida; l'autre le gendre de ce même Guillaume, et par suite le neveu de Robert ; quand on réfléchit en même temps à la pénurie absolue de médai Heurs en France à cette époque, et que l'on compare soigneusement, après cela, nos deux médailles avec celles de Robert Briçonnet, qui sont le critérium pour les œuvres de la dernière manière de Candida, on trouve de telles ressemblances que la conclusion s'impose : toutes ces pièces sont sûrement de la même main.

THOMAS B OUI Eli (Planche XII, 11° 13,,

- THOMAS -BOHIFR-GFXEIIAL - l)K - X()|{

1. Une légère différence est à sig-n;il«r dans le costiinio. I,i rolx- du 1 Immas Bohier a un petit revers.

130 H. DE LA TOUn

MANDIE; cordon autourdela légende. Danslechamp, buste de Thomas Bohier, à droite; cheveux mi-longs, favoris descendant un peu au dessous de Toreille qui est complètement dégagée, sauf Textrémité supérieure cachée sous un bonnet ou béret semblable à celui de Pierre Briçonnet. îl est vêtu d'une robe à nombreux plis verticaux et à petits revers, ouverte en pointe sur la poitrine et laissant apparaître le col du vêtement de dessous. Sous le buste, MCCCCCIII '.

J^ . - SIL ^ I - VIENT - I - APOINT - ; cordon autour. Dans le champ, écu aux armes de Thomas Bohier.

Cabinet de France, bronze ; diamètre, 65 millimètres 1/2.

Trésor de numismatique, médailles françaises, l"^* partie, pi. XLII, 2. — Armand, t. II, p. 42, n'' 17.

Nous venons de faire ressortir la complète similitude qui existe entre cette médaille et celle de Pierre Briçonnet ; nous tenons à faire remarquer immédiatement que, pour le costume, la tranche du buste, la facture, les dimensions, la patine même, elle est semblable aussi à celle de François I et à celle de Louise de Savoie et de Marguerite d'Angoulême. N. Natalis Rondot avait d'ailleurs déjà rapproché-, mais timidement, le Thomas Bohier des deux médailles des Valois-Angoulême, et il attribuait ces trois pièces à une main française.

Thomas Bohier^ fut un officier supérieur des

1. A. Heiss, Rei'. niirn , 1890, p. 477, donne par distraction à cette médaille la date de 1502.

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