N. Kondol, Jacques Gaurain, in-8°, 1887, p
•3. Bretonneau, flist. gén. de la maison des Briçonnets, pp. 37-39, 295, etc. —
finances, actif et intègre, qui trouva le moyen de se maintenir en faveur sous quatre rois ; sa parenté très proche avec Guillaume Briconnet et le chancelier Guillaume Duprat, sans parler de tant d'autres grands personnages de sa famille, ne fut probablement pas sans avoir quelque influence à ce point de vue. Il eut auprès de ses contemporains la réputation d'être « fort honnête et homme de bien » ; auprès de la postérité, il a la gloire, homme de finances, d'être mort pauvre, et surtout celle d'avoir construit l'une des premières et des plus charmantes demeures seigneuriales que la Renaissance ait semées sur les bords de la Loire. AChenonceau, il doit sa célébrité; de même qu'il dut, à ses fréquents voyages et à ses longs séjours en Italie, un peu de son amour délicat et passionné des belles choses.
On sait qu'il naquit à Issoire d'une familles enrichie par le commerce et qu'il était fils d'Austremoine Bohier, bourgeois d'issoire, et de Béraude Duprat, tante du chancelier. Au mois d'août 1483, en compagnie de huit ou dix serviteurs intimes du roi. parmi lesquels Etienne de Vesc, il se monlie assidu au chevet de Louis XI mourant. En 1490, il est notaire et secrétaire du roi ; et à ce titre, il contresi-
Godefroy, loc. cit., p. 609. — A. de Boislisle, E. de Vesc. Ann. de la Soc. de Vltist. de France, 1878, p. 272. — G. Jacqueton, L'adminiitration financière en France, pp. 37, 293. — Archives nationales, K K 76. — Ret'ue numismatique, 1848, pp. 214, 215. — A. de Montaiglon, Gaz. des Beau.r-Arls, '2' période, t. XIII, 1876, pp. 554-555. — P. Lacroix, /.ohm XIJ et Anne de Bretagne, p. 585. — L'abbé Chevalier, Pièces hist. relatives à la Cltasletlenie de CItenonceau... Paris, 1864, in-8° ; du même auteur, Le château de Chenonceau, Tours, 1782, in-80, pp. 23 et sq. — R. de Maulde, Louise de Savoie et François /, Paris, 1895, in-8'', pp. 343, 357, 361. — Ordonnances des rois de France, t. XX, 347; t. XXI, p. 546, etc.
gnaitles instructions données, le i6 septembre 1491, à l'ambassade dont faisait partie Jean de Candida. Nommé receveur général de Bretagne au mois d'octobre 1491, il devient général de Normandie en 1494. 11 est est maire de Tours en 1497. En février 1513, il achète la terre de Chenonceau, et probablement y fait commencer aussitôt les constructions, dont le gros œuvre fut terminé en 1517. La même année, il partait, comme payeur des troupes, pour cette Italie qu'il connaissait déjà depuis longtemps, dont il aimait les arts et où il devait mourir ; et le 6 juin 1513, il était assez heureux pour sauver la caisse de l'armée à la bataille de Novare. Mais Thomas Bohier n'était pas employé seulement dans les affaires d'Italie ; le 7 août 1514, il est l'un des trois négociateurs et signataires dutraité conclu avec l'Angleterre, envers laquelle il s'engagea au nom du roi le 13 novembre 1520. Le 27 janvier 1515, il assiste comme chambellan au sacre de François I, et la même année, il quitte la France pour aller administrer les revenus du Milanais. En 1521, il va en Italie pour la cinquième fois, comme trésorier des guerres, et après le désastre de la Bicoque, recrute un semblant d'armée dont il est nommé lieutenant général. Il mourut le 24 mars 1524 au camp de Vigelli, dans le Milanais. Deux ans après, le 3 novembre 1526, décédait sa femme Catherine Briçonnet, de laquelle il avait eu neuf enfants, qui furent eux aussi des amateurs éclairés. Catherine Briçonnet fut enterrée à côté de son mari à Saint-Saturnin-de-Tours, dans la magnifique chapelle que les Briçonnet s'étaient plu à enrichir.
JEAN DE CAXDIDA 133
FRANÇOIS I (Planche XIII, n« 14.)
- FRANÇOIS - DVC - DE - VALOIS - COMTE - DANGOLESME - AV -X -AN- D - S - EA. ; cordon autour de la légende. Buste de François d'Angoulême, à droite, costumé comme Thomas Bohier ; les cheveux longs cachant l'oreille et couvrant la nuque ; le béret retroussé tout autour de la tête et orné, sur le devant, d'une enseigne ; la robe à revers s'ouvrant en pointe sur la poitrine, et les revers se continuant en un large col qui tombe sur le dos.
W- - NOTRISGO • ALBVONO - STINGO - EL REO-^ ; cordon autour de la légende. Salamandre, à droite, au milieu des flammes, retournant la tête à gauche et regardant le ciel ; l'extrémité de la queue repliée sur elle-même enlorme de 8.
Collection Valton, bronze ; diamètre, 67 millimètres.
Van Mieris, loc. cit., t. I, p. 378. — Montfaucon (B. de). Les monuments de la monarchie fr., CCXXVIIl, n° 2. — Koehier, loc. cit., t. I, p. 145. — Armand, t, II, p. 187, n" I. — Trésor de numismatique, m éd. françaises, l" partie, pi. VI, n° 4. — De Maulde, Louise de Savoie et François I, Paris, 189o, in-8°, p. 150.
Nous venons de dire que le costume de François d'Angoulême ressemble à celui de Thomas Bohier
Il faut ajouter que les médailles de ces deux personnages ont été exécutées à un an d'intervalle, et qu'elles ont entre elles et avec le Pierre Briçonnet dételles ressemblances d'aspect général, de modelé, de dimensions, de fonte et même de détails, qu'il ' est impossible de n'y pas reconnaître la même main; de même qu'il est impossible de séparer ces trois pièces de celles de Robert Briçonnet.
Dans son excellente étude sur Louise de Savoie et François ï, publiée depuis notre premier article, M. de Maulde a établi avec une surabondance de preuves qui nous aurait dispensé d'insister, l'influence de la littérature italienne et des italiens à la Cour d'Angoulême '. Il a montré en outre que la maladie de Louis XII (février 1504) et le procès du maréchal de Gié avaient mis très en évidence le duc de Valois. Malgré les résistances et les machinations d'Anne de Bretagne, le roi tenait, par amour de la France, à marier sa fille avec le jeune François. M. de Maulde a même découvert que dès le 30 avril 1500, Louis XII, « d'avance, déclarait nul tout pacte matrimonial de sa fdle avec un autre que le duc de Valois » ; enfin, le 20 février 1504, le roi avait signé une confirmation formelle de la déclaration secrète de 1500". Ces faits montrent mieux que tout la place que ce jeune prince tenait dans l'esprit du roi, aussi bien que dans le cœur des Français.
Sur sa médaille, François porte le titre de comte
1. R. de Maulde la Clavière, Louise de Sat^oie et François /, Paris 1895, in-8°, p. 238 et passim.