‹ Jean de CandidaChapitre 60 sur 67 · R. de Maulde, loc. cit., p · texte numérisé non relu

R. de Maulde, loc. cit., p

pour elle de pouvoir à la fois s'en nourrir et l'éteindre.

Nous disons que Candida est l'inventeur de la devise de François 1, figure et paroles ; voici dans quel sens. Nous ne prétendons pas qu'il ait mis en honneur la salamandre. Cet animal symbolique était déjà célèbre au moyen-âge, à cause de l'étonnant pouvoir qu'on lui attribuait, d'après Pline et Isidore de Séville, de vivre dans le feu et même de l'éteindre par sa froideur. On prétendit ensuite qu'elle pouvait s'en nourrir. Brunetto Latini ' répète ces inventions ; mais, enchérissant encore, on allajusqu'àdire qu'avec le poil de la salamandre on faisait des étoffes incombustibles^. S'appuyant sur ces étonnantes qualités, les moralistes considérèrent parfois cet animal comme l'emblème du juste -^ et parfois comme un symbole de pureté^, ou de miséricorde et de justice ^. Candida a pris tels quels fable, préjugés, symbolisme, et a composé, dans sa langue maternelle, cette légende, qui fut réduite plus tard aux seuls mots : nutrisco extinguo. Ces deux mots ayant un sens plus général, et partant, plus mystérieux, prêtaient mieux aux amphibologies et aux interprétations variées, et ils furent souvent défigurés au point de n'être ni latins, ni italiens ; ils reçurent alors diverses interprétations qui n'ont rien de commun avec le sens primitif de la légende de notre médaille.

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