Quicherat, Ilisi. du costume, l ' édit., pp. 336 et
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Le Cabinet de France possède plusieurs exemplaires de cette pièce, tous revus, corrigés et considérablement défigurés par le ciseleur ; ce dernier, par exemple, en supprimant le grand bandeau qui 0 cache les cheveux de Louise de Savoie, a donné à cette dernière la désagréable apparence d'une femme chauve. L'exemplaire de la collection Valton est flou et d'une fonte défectueuse ; mais il a au moins l'avantage de ne pas être retouché. Le plus bel exemplaire que je connaisse, et à vrai dire le seul bon, est celui de la collection Carrand, au Musée national de Florence ; il mesure près de 68 millim. de diamètre. Les moulages que M. Umberto Rossi a bien voulu nous faire envoyer nous sont parvenus assez tôt pour être reproduits dans notre tirage à part. Que le savant conservateur du Musée national reçoive tous nos remerciements.
Candida a su donner ici aux deux effigies de la mère et de la fdle, une expression de jeunesse, j'allais dire de fraîcheur, que Ton rencontre rarement sur les médailles.
Ainsi que je l'ai déjà dit, cette médaille est le pendant exact, comme style et comme dimension, de celle de François ; à ce point identique, qu'il est à croire qu'elle a été exécutée à la même époque ou peu de temps après.
On pourrait relever plus d'une analogie dans les traits de ces trois personnages. François ressemble plus à sa mère ; il a le nez long et fort comme elle, il n'a pas encore le nez tombant de sa sœur, à laquelle il ressemblera plus tard. Marguerite, encore enfant
pour ainsi dire, a les traits plus caractérisés que sa mère, le nez plus grand, le menton plus pointu, la bouche plus large. Candida a résolu, avec une dextérité merveilleuse, le problème de conserver toute la fleur de la jeunesse à cette figure si accentuée. H y a dans cette effigie, comme d'ailleurs dans celle de la mère, une exquise souplesse de modelé et une finesse charmante, malgré cette accentuation de traits peu ordinaire dans un si jeune âge. Mais au point de vue physique, comme au point de vue intellectuel et au point de vue moral, Marguerite dWngoulême était une jeune fille précoce; dès Tàge de dix ans, elle était, dit-on, amoureuse de Gaston de Foix, et en 1505, sa mère était disposée à la marier à ce vieux décrépit de Henri VII, dont elle se gardait bien de vouloir pour elle-même ; à quinze ans, Marguerite avait déjà la réputation d'une femme d'esprit ^ Inutile d'insister encore sur la valeur artistique de ces trois portraits, elle saute suffisamment aux yeux.
Pourquoi Jean de Candida a-t-il donné à Louise de Savoie, sur sa médaille, le titre de duchesse de Valois, qu'elle n'avait sûrement pas à cette époque ? C'est assez inexplicable. Il faut admettre ou que Candida s'est trompé en supposant que la mère d'un duc de Valois devait être duchesse de Valois ; ou qu'il a voulu attribuer à Louise, par pure flatterie, un titre auquel elle n'avait aucun droit ; de même qu'il la flattait évidemment en lui prêtant le charme et la grâce d'une jeune fille.
1. R. de Maulde, Louise de Safoie et François I, pp. 202 à 209.
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Dans le premier chapitre de cette étude, nous avons esquissé la biographie de Candida; dans le deuxième, nous avons décrit chacune des pièces que nous proposons d'attribuer à cet artiste en donnant pour chacune d'elles les motifs d'attribution. Il nous reste à faire un travail d'élimination peut-être plus délicat encore, mais indispensable; ce sera la contrepartie de notre chapitre il.
Il est, en effet, nécessaire de rejeter une fois pour toutes une foule de pièces dont on avait encombré l'œuvre du maître. Il ne faut évidemment rien négliger dans l'œuvre d'un artiste, mais il importe encore plus de ne rien lui attribuer qu'avec réserve et de repousser résolument tout ce qui ne lui appartient pas.
Oublier, méconnaître ou éliminer une ou plusieurs médailles est relativement un fait peu grave. Les fausses attributions ont des conséquences autrement néfastes. Une seule erreur en engendre une foule d'autres, et, une fois qu'elles se sont implantées dans les esprits, il devient impossible de rien établir de durable; maîtres et écoles, essais de classification, tout est confondu, le trouble est partout ; on doute des résultats acquis, et la porte reste ouverte à des erreurs sans fin, jusqu'au moment où tout, vrai et faux, est entraîné pêle-mêle dans une même ruine.
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C'est pour éviter ce danger que nous avons pris un soin particulier à vérifier attentivement toutes les attributions déjà faites et à rejeter toutes les pièces faussement mises au compte de Jean de Candida. Le mal serait d'autant plus grand ici que le maître a été plus haut placé et a eu plus d'influence sur les diverses écoles qui l'entouraient.
Revoyons encore une fois nos planches, considérons surtout les médailles-types, dont l'attribution est indiscutable, et pénétrons-nous bien du style de Candida. L'œil une fois fait, la tâche sera facile ; les fausses assertions tomberont pour ainsi dire d'elles-mêmes. Dégageons donc les caractéristiques de ce style.
Dans l'œuvre de Candida, il convient, nous l'avons déjà dit, de distinguer deux manières. La première, dans laquelle il se rapproche, bien que restant toujours original, de Lysippe et des maîtres de l'école mantouane. Les médailles sont petites et ont peu dépaisseur, le modelé est peu ressenti, les lettres sont plus allongées, les deux points séparatifs plus fréquents ; il y a la en quelque sorte plus de légèreté, plus de jeunesse, plus de charme.
Dans la seconde manière, Candida se rapproche un peu de Niccolô Fiorentino et autres artistes de l'école florentine contemporaine. Les médailles sont plus grandes et plus épaisses ; dans les légendes, les mots, généralement séparés par de petits ornements triangulaires, se composent de lettres plus carrées; le style en est peut-être plus gras, plus large d'effet et plus décoratif que dans la première période; l'en-
semble paraît plus massif, plus puissant, plus majestueux.
La fonte de toutes les médaille.s de Candida est fine et soignée, beaucoup plus fine en tout cas que celle des pièces de Laurana et de Pietro da xMilano. Le caractère saillant de l'œuvre de notre ailiste est un naturalisme aimable, allié à un vrai sentiment de la vie et à une simplicité savante, qui proscrit Finutile et transforme en ornements les plus petilsdétails; ainsi, les légendes, toujours sobres et soignées, deviendront pour la médaille un élément de décoration et de richesse. Tout va droit au but. Avec une singulière habileté, 1 attention est concentrée sur la silhouette au moyen d'une simplification systématique du modelé, de la stylisation voulue des accessoires. Les bustes sont bien en cadre et franchement de profil; mais les premiers plans, l'oreille, par exemple, et la coiffure sont relativement peu indiqués, afin de mettre en pleine valeur le profil du visage qui est très en relief, et l'œil qui est particulièrement soigné, ainsi que la bouche.
En même temps que Candida est médailleur, il est sculpteur et on le sent bien ; dans le modelé et la détermination des plans, il y a une décision qui accuse un maître absolument sûr de ses procédés.
C'est à ce maître que s applique tout ce que l'on a dit du « sentiment délicat des médailleurs français » de la fin du xv® et du commencement du xvi^ siècle, et de leurs médailles « qui sont des spécimens d'un art original et puissant' »; puisque c'est à lui que