‹ Jean de CandidaChapitre 64 sur 67 · N. Rondot, Jéronyme Henry, p · texte numérisé non relu

N. Rondot, Jéronyme Henry, p

et bourguignon pur me paraissent insaisissables. Je vais même plus loin ; Jean de Candida ne me paraît pas avoir pu adopter, à la suite de son séjour en Flandre et en Bourgogne, « la manière des médailleurs , flamands, » puisque cette école flamande n'existait pas encore et qu'il en est le premier maître. D'ailleurs, si l'on veut bien admettre les suppressions indispensables que nous allons proposer, il restera bien peu de chose de ces groupes. Du groupe italien, nous retranchons trois pièces sur quatre ; le groupe italobourguignon disparaît tout entier, ainsi que le groupe des médailles douteuses ; et le quatrième groupe ne reste pas lui-même complètement à l'abri, car il faut encore éliminer la médaille de Pierre Briçonnet.

(A). Antonio Gratia Dei, Philippe de Médicis^ Frédéric III.

Maintenant qu'on s'est bien pénétré du style de Candida, on pourra faire justice en un seul coup des trois médailles suivantes :

1« Antonio Gratia Dei. — : ANTONIUS GRATIA DEl CESAREVS ORATOR : . Buste, à droite; au dessous, : MORTALIVM CVRA.

^. Char triomphal rempli d'une multitude de personnages et traîné par deux lions. A l'exergue :' VOLENTEM DVCVNT | NOLEATEM TRAHUNT.

Rev. num.. 1890, pi. XI, n°3, et pp. 464-465 et 476.

T Philippe de Médicis. — PHILIPPVS DE | MEDICIS I ARCHIEPISCHOPVSPISANVS. Buste, à gauche, dans un ornement ovale, autour duquel

s'enroule une banderoUe sur laquelle on lit, VIRTV- TE SVPERA.

^'. Le jugement dernier. A l'exergue, en trois lignes : ET L\ CARNE MEA VIDEBO | DEVM SALVATOREM | MEVM.

A. Heiss, Rev. num.. 1890, pi. XII, n" I, et pp. 467, 475- 476. — Armand, t. I, p. Il, n° 33.

3° Frédéric III, empereur d Allemagne. — FREdERlGVS {sic) TERCIVS | ROMAXORUM IMPE- RATOR SEMPER | AVGVSTVS. Buste, à gauche.

^ . Le pape et l'empereur, entourés d'un cortège nombreux, se rencontrant sur un pont, sur la balustrade duquel on lit : CCXXU E4VITES \ CREAT RALEX I DI lANVARI | MCCCCLXIX*.

Ces médailles ne se ressemblent que par le grand nombre des personnages et la complication des sujets du revers. En tout cas, elles hurlent de se trouver mêlées à l'œuvre de Candida, d'une simplicité si saisissante et avec lequel elles n'ont rien de commun ni dans la conception, ni dans Lexécution. Nous avons déjà dit sur quelle pétition de principes s'appuie A. Heiss pour donner à Candida d'abord la médaille de Philippe de iMédicis, ensuite les deux autres, par comparaison avec elle. On se rappelle son raisonnement : le Philippe de Médicis a été attribué à tort à PoUajuolo; c'est à Candida qu'il faut le donner, parce qu'il a été élève de Pallajuolo, t'ait établi par l'ancienne attribution de cette médaille à PoUajuolo lui-même.

1. Armand, /oc. cit., II, p. 39. n° 1. — k. Heiss, loc. cit., pi. XII ; pp, 470, 47.Ï-76.

Quelles que soient les différences de style qui séparent ces pièces de celles de Candida, les deux premières n'en sont pas moins des œuvres d'une incontestable valeur. Quant à la troisième, celle d'Antonio Gratia Dei ', elle est, pour le droit surtout, une œuvre absolument inférieure, incorrecte comme silhouette et comme modelé; Tœuvre d'un lourdaud qui a imité, en l'abîmant, le buste signé par Candida, sans en sentir ni l'élégance, ni la correction ; sans même comprendre le costume, devenu inexplicable sur sa médaille, parce qu'il n a pas saisi ce qu'était cette espèce de pèlerine à capuchon, transformée par lui en une draperie informe. Du revers de cette pièce, il n'y a pas à s'occuper, pas plus que des autres, d'ailleurs, car il n'a aucune parenté même lointaine avec les œuvres de Candida.

Sur cette médaille, Antonio Gratia Dei porte le titre de Cesareus orator. Cependant il semble être toujours resté au service de la cour romaine; car nous retrouvons encore sa signature apposée au bas d'une bulle enregistrée à la chambre apostolique au mois de septembre 1529"^. Nous ignorons absolument à quelle époque il a pu obtenir ce titre d'ambassadeur de l'empereur d'Allemagne, qui lui est attribué sur sa médaille. Passons au groupe italo-bourguignon.

(B). Charles le Téméraire, le Grand Bâtard, Galeotta. Ce groupe se compose uniquement des trois belles

1. Nous prions le lecteur de se reporter à la planche de Heiss [Rev. num., 1890, pi. XI), où les deux médailles d'Antonio Gratia Dei sont placées l'une audessus de l'autre.

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