‹ Jean de CandidaChapitre 65 sur 67 · Rymer, Fœdera, t. VI, 2" partie, p · texte numérisé non relu

Rymer, Fœdera, t. VI, 2" partie, p

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pièces de Charles le Téméraire, du Grand Bâtard de Bourgogne et de Jacopo Galeotta, que M. Prosper Valton a démontré avoir été exécutées par le même artiste '. Je regrette que cet artiste ne soit pas notre Jean de Candida, car ces portraits sont des œuvres originales et puissantes. Mais elles n'ont rien de commun avec celles de notre médailleur, si ce n'est d'avoir été exécutées dans les domaines de la maison de Bourgogne, vers la même époque que les premières médailles de Candida; or c'est justement de celles-là qu'elles diffèrent le plus. La fonte est épaisse, lourde d'aspect, mais le style est énergique et fier; le modelé est moins délicat que dans nos pièces et le relief plus fort ; les lettres diffèrent, ainsi que les couronnes encadrant les types du revers; le filet saillant qui sert de bordure, au droit, n'apparaît que beaucoup plus tard sur les pièces de Candida, et pendant la seconde période seulement. En un mot, les premières pièces de notre médailleur ont un caractère tout autre, plus élégant, plus tempéré, moins abrupt.

(C). Charles le Téméraire et Maximilien.

Mais enfin Candida, serviteur de Charles le Téméraire, n'a-t-il donc exécuté aucune médaille à l'effigie de son maître? C'est douteux. Voici en tout cas la seule pièce qu'on puisse lui attribuer.

1" Charles le Téméraire et Maximilien. — • ; CA-

1. Rev. numism., janv. 1887, pi. III, Notice -lur une médaille faite au XV siècle à la cour de Bourgogne. — Cf. A. Heiss, Rei>. num., 1890, pp. 475-476- — Pinchart loc. cit. p. 2.

ROLVS : • I • BVRGVNDVS : • Buste de Charles le Téméraire, à droite, cuirassé, coiffé d'un bonnet très enfoncé en arrière et relevé tout autour par un large pli.

W. MAXIMILIANVS AVSTER. Buste de Maximilien, à droite, cuirassé; sa longue chevelure coupée droit sur le front et tombant sur le dos; coiffé d'un élégant petit bonnet, à la florentine, occupant seulement le sommet de la tête, retroussé en arrière par un petit pli et semblable à celui que porte Alphonse d'Esté sur la médaille modelée en 1492 par Niccolô Fiorentino. Sous le buste : OPVS GARO.

Bronze; diamètre, 39 millimètres.

Van Mieris, t. 1, p. 147. — Heraeus, pi. XIV, n° 12. — Armand, t. I, p. 58.

L'exemplaire du Musée de Vienne, dont je possède, grâce à l'obligeance de M. Kenner, un excellent moulage,n'anigrènetis, ni cordon; maiscertainssurmoulés modernes font croire à l'existence de l'un ou de l'autre sur l'original.

A en juger par la physionomie de Maximilien, cette pièce est contemporaine du n°4de notre planche VII, c'est-à-dire de la médaille commémorative du mariage de l'archiduc avec Marie de Bourgogne, et postérieure, par suite, à la mort de Charles le Téméraire. On voudra bien remarquer, d'ailleurs, qu'entre les deux effigies de Maximilien, il n'y a pas que des ressemblances de physionomie; le port de la tête, la coupe du buste, la disposition de la chevelure, la façon de modeler sont les mêmes ; et on remarquera encore que le bas du petit bonnet est à peu près à

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la même hauteur que le bas de la torsade qui servait de couronne sur la médaille du mariage.

Un autre motif qui nous porte à croire cette même pièce postérieure à la mort du Téméraire, c'est que Teffigie de ce dernier n'y est pas modelée d'après nature, mais d'après la belle médaille de l'artiste inconnu dont nous venons de parler. Qu'on examine attentivement les deux têtes : malgré des façons différentes de modeler, malgré un relief moins abrupt, la physionomierestela même, etqui plus est, les petits détails sont semblables; ainsi, les principales mèches de cheveux sont disposées d'une façon identique. Ce bonnet déroute un peu au premier coup d'oeil, mais on remarquera que son bord inférieur épouse exactement la ligne basse du contour de la couronne, à laquelle a été substitué le replis de ce même bonnet.

Cette pièce est absolument dans le style de Caudida ; même proportion des lettres, même sentiment dans le modelé.

Malheureusement, tous les exemplaires de cette pièce de Charles le Téméraire et de Maximilien, dont nous avons pu nous procurer des reproductions, sont très retouchés, et c'est le fait même de ces retouches qui nous fait hésiter. Les lettres de la signature sont refaites, c'est certain, et il faut lire actuellement : OPVS CARO. La médaille devrait donc être attribuée à un inconnu du nom de Caro, qui aurait démarqué, à son profit, les deux effigies en les modifiant un peu.

Quant à nous, nous serions assez porté à croire qu'il n'en doit pas être ainsi, et qu'il faut lire : OP\'S

CAND(ide), les deux dernières lettres ND ayant été transformées en RO par suite d'un changement facile à comprendre, et d'ailleurs léger, imputable à un ciseleur ignorant. Nous souhaitons que la découverte d'un exemplaire non retouché vienne trancher définitivement la question.

Il peut y avoir des doutes pour la médaille qui précède; mais non pas, selon nous, pour la suivante.

2° Maximilien. — * MAXIMILIANVS DVX AVS- TRIE BVRGVND. Buste de Maximilien, à droite, copié sur celui de la deuxième médaille de ce prince par Candida (pi. VI, n" 5). C'est là simplement le buste agrandi de la pièce de 1479.

^. 16 LAY6MPRINT MCCCCLXXVIII. Au milieu d'un semis de fusils et de toisons (?), une Toison d'or, plus grande, suspendue à un fusil, qui est aussi plus grand que les autres.

Diamètre, 95 millimètres environ. — Heraeus, loc. cit., XXI, 6. — Marquard Herrgott, Moniimenta aug. domus Austriae, t. II, Fribourg, 1752 et 1753, pi. X, n« 9; p. 21.

D'après la date inscrite au revers, cette médaille aurait été exécutée en 1478. Mais ce n'est là qu'une restitution, exécutée, selon nous, pour rappeler la nomination de Maximilien à la dignité de chef de l'Ordre de la Toison d'or. Nous ne connaissons de cette pièce que des reproductions gravées, mais cela nous suffit pour déclarer que le style est mauvais. La forme des lettres et l'incorrection de la légende composée de caractères gothiques et de capitales romaines, ainsi que la transcription fautive

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et écourtée : l€ LAY €MPRINT, au lieu de la devise : Je rai emprins bien en aviengne^ tout cela indique une époque récente. Si le buste de Maximilien a conservé du caractère, c'est qu'il n'est qu'une copie agrandie de celui modelé par Candida.

(D). Raymond Lavagnol.

Parmi les médailles dont le style se rapproche le plusde celui de Candida, il faut signaler la restitution deRaymondLavagnol, comteetcommissairede Saxe K Dimension, style, coiffure, costume ressemblent assez à ceux des médailles de Maximilien et de Jean de la Gruthuse ; mais les exemplaires que nous connaissons (collection G. Dreyfus et Cabinet de France) sont trop flous pour que nous puissions décider avec quelque sécurité. Cette médaille est dun faire facile, mais moins serré, moins précis que celui des médailles authentiques de Candida déjà décrites ici et figurées.

(E). Francesco Accolti et les Canacci.

Les trois médailles de Francesco Accolti, de Giovanni Canacci, et d'Antonio Canacci et Filippa Stufa ne méritaient en aucune façon d'être prises au sérieux et reproduites hors texte -. En ce qui concerne les deux premières, Aloïss Heiss a eu tort de se laisser entraîner par l'opinion du Trésor de numismatique,

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