XIV AVANT-PROPOS
paré la poésie d'Horace; il gagne à vieillir, et, de même que chacun en prenant de l'âge sent mieux La Fontaine, de même aussi la littérature française, à mesure qu'elle avance et qu'elle se prolonge, semble lui accorder une plus belle place et le reconnaître plus grand. »
Je suis sûr de ne rien vous apporter de nouveau, plus sûr encore que ne pouvait l'être Sainte- Beuve, il y a soixante-dix ans. On a tant et si bien écrit sur La Fontaine! Sans parler de Sainte- Beuve lui-même, tous les critiques de notre littérature, Nisard, Saint-Marc Girardin, Brunetière, Faguet, M. Gazier, M. Michaut, M. Lanson, et bien d'autres, ont analysé et commenté son œuvre; Taine a expliqué ses fables en moraliste et en historien; dans un petit livre délicieux, Georges Lafenestre a peint l'homme et le poète. Quant à la vie de La Fontaine, elle a été déjà fouillée par tant de chercheurs érudits et ingénieux ! Après les deux volumes où Walckenaer a autrefois détruit bien des légendes, après l'excellente notice biographique de P. Mesnard, après les travaux de la Société historique et archéologique de C hât eau- Thierry ^ même après le livre si complet et si vivant de M. Louis