‹ Jean de La Fontaine; cours libre professé à l'Université de StrasbourgChapitre 8 sur 105 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

Roche, il reste, je le sais, des lacunes à combler, des obscurités à dissiper ; les archives publiques et celles des notaires doivent encore réserver quelques trouvailles aux fureteurs. Mais je laisse à d'autres le soin de ces investigations. J'ai lu tous mes devanciers : c'est à eux que je dois tout mon savoir.

Cette suite de causeries ne sera ni une étude littéraire des ouvrages de La Fontaine, ni un essai biographique. Je veux simplement tracer le portrait de La Fontaine aux diverses époques de sa vie. Pour cela je ne négligerai pas les témoignages de ses contemporains; ils sont d'ailleurs rares et contradictoires; mais j'omettrai beaucoup d'anecdotes, parce qu'elles sont les unes trop connues, les autres trop douteuses. Je m'en tiendrai presque toujours à ce que La Fontaine nous apprend de luimême : c'est le plus sûr. Ses goûts et son tempérament, ses expériences et ses pensées, ses enthousiasmes et ses défaillances, ses amitiés et ses amours, il nous a tout confié. Jamais poète ne s'est livré avec autant de complaisance et d'ingénuité. Il était incapable d'un déguisement ou d'une arrière-pensée. « Je ne sais s'il a menti en sa vie », dira de lui son meilleur ami. Il ne s'est jamais permis que des artifices de

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