‹ Jean de La Fontaine; cours libre professé à l'Université de StrasbourgChapitre 77 sur 105 · I. Le Tableau, v. i et suiv · texte numérisé non relu

I. Le Tableau, v. i et suiv

lyÔ JEAN DE LA FONTAINE

Simon, était dans Paris « une espèce de reine » et « arrivait chez le Roi la tête haute ». Un beau jour, l'impérieuse duchesse exigea qu'il célébrât les vertus du quinquina : bon gré mal gré, il dut s'exécuter et composer un poème, fastidieux mélange de médecine, de pharmacopée et de mythologie : sur six cents vers, il n'y a que les douze premiers qui soient dignes de La Fontaine :

Je ne voulois chanter que les héros d'Esope; Pour eux seuls en mes vers j'invoquois Calliope. Même j'allois cesser et regardois le port : La raison me disoit que mes mains étoient lasses; Mais un ordre est venu plus puissant et plus fort Que la raison : cet ordre accompagné de grâces, Ne laissant rien de libre au cœur et dans l'esprit, M'a fait passer le but que je m'étois prescrit. Vous vous reconnoissez à ces traits, Uranie : C'est pour vous obéir, et non point par mon choix, Qu'à des sujets profonds j'occupe mon génie.

Ses frasques obligeaient souvent la duchesse à déguerpir. A la suite d'un premier scandale, elle fut enfermée au couvent de Montreuil, près d'Arqués. Puis, son nom ayant été prononcé dans l'affaire des poisons, le roi l'envoya à Nérac. Quelques années plus tard, nouvel exil à l'abbaye de Saint-Martin

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