‹ Jean de La Fontaine; cours libre professé à l'Université de StrasbourgChapitre 78 sur 105 · LU · texte numérisé non relu

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de Pontoise; et elle finit par aller rejoindre sa sœur Hortense en Angleterre.

Dans l'intervalle de ses voyages elle retrouvait sa cour et ses familiers, les Vendôme ses neveux, le duc de Nevers son frère, Chaulieu, Segrais, Benserade, La Fontaine. Elle était, dit Saint-Simon, « un tribunal avec lequel il fallait compter ». Or, il arriva que les grands seigneurs et les petits poètes qui fréquentaient sa maison, se liguèrent contre Racine, et M""^ Deshoulières, leur amie, alla chercher Pradon pour livrer la bataille; puis, après les représentations des deux Phèdre^ ce fut la « guerre des sonnets ». Quel dut être l'embarras de La Fontaine! La querelle mettait aux prises sa protectrice et ses meilleurs amis. Il se réfugia dans une neutralité silencieuse, mais en garda un amer souvenir, car, quelques années plus tard, il se vengea sur M™^ Deshoulières qui avait été l'âme de la cabale. Cette dame, qui touchait alors à la cinquantaine, eut l'imprudence d'écrire une ballade dont le refrain était :

On n'aime plus comme on aimait jadis.

La Fontaine en fit une autre avec ce refrain : On aime encor comme on aimoit jadis,

lyS JEAN DE LA FONTAINE

et cet envoi un peu rude à la « dame chagrine » :

Toi qui te plains d/Amour et de ses traits, Dame chagrine, apaise tes regrets; Si quelque ingrat rend ton humeur bourrue, Ne t'en prends point à l'enfant de Cypris; Cause il n'est pas de ta déconvenue :

Quand la dame est d'attraits assez pourvue, On aime encor comme on aimoit jadis.

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