I. Lettre à M. l'abbé Vergier, 4 juin
fanfreluches de la muse galante, reprennent soudain grâce et fraîcheur, rajeunies par l'immortelle jeunesse du vieil amoureux. Et tant pis si M'^^ de Beaulieu s'en divertit! « A quoi, dit-il, servent les radoteurs qu'à faire rire les jeunes filles ? »
Et c'est encore dans ces mêmes jardins de Bois-le- Vicomte qu'il faut évoquer une dernière image de La Fontaine : ce n'est pas la moins charmante, et c'est peut-être la plus vraie. On la trouve dans une lettre de Vergier à M""" d'Hervart.
Je voudrois bien le voir aussi Dans ces charmants détours que votre parc enserre
Parler de paix, parler de guerre, Parler de vers, de vin, et d'amoureux souci; Former d'un vain projet le plan imaginaire, Changer en cent façons l'ordre de l'Univers; Sans douter, proposer mille doutes divers; Puis tout seul s'écarter comme il fait d'ordinaire, Non pour rêver à vous qui rêvez tant à lui,
Non pour rêver à quelque affaire,
Mais pour varier son ennui.
Et Vergier ajoutait : « Car vous savez, madame, qu'il s'ennuie partout, et même (ne vous en déplaise) quand il est auprès de vous, surtout quand vous vous avisez de vouloir régler ses mœurs ou sa dépense ^ »