I. Lettre à M. de Bonrepaus, 31 août
Rend à son auteur les hommages
Que méritent de tels ouvrages.
Ce devoir acquitté, les beaux vers, les doux sons,
Il est vrai, sont peu nécessaires :
Mcis qui dira qu'ils soient contraires A ces éternelles leçons?
On peut goûter la joie en diverses façons : Au sein de ses amis répandre mille choses, Et recherchant de tout les effets et les causes, A table, au bord d'un bois, le long d'un clair ruisseau. Raisonner avec eux sur le bon, sur le beau, Pourvu que ce dernier se traite à la légère.
Et que la nymphe ou la bergère N'occupe notre esprit et nos yeux qu'en passant :
Le chemin du cœur est glissant *.
Voilà quel était le pénitent de l'abbé Pouget : une âme droite, naïve, franche, et qui devait offrir peu de résistance à l'appel de la grâce, puisqu'elle n'avait jamais contesté le premier article du Credo. La Fontaine avait violé sans relâche le sixième et le neuvième des commandements de Dieu; toutefois il y a des repentirs et des engagements qui ne coûtent guère à un vieillard de soixante- treize ans se sachant malade à en mourir. Mais La Fontaine était poète : il fallait obtenir de lui qu'il condamnât non seule.nent sa vie, qui était bien près de