‹ Jean de la ReoleChapitre 8 sur 27 · DE LA RI · texte numérisé non relu

DE LA RI

— Je suis perdu ! lui dit-il en se jetant audevanl d'elle.

berte n'eut besoin que d'un coup d'oeil

[unir remarquer le désordre dans lequel était

■ la chambre ; — puis, le premier objel

qu'elle aperçut l'ut un riche collier gisant à

terre.

9 irnin avait suivi la direction de son

° rd ; tous deux se précipitèrent pour le

rama se rencontrèrent alors,

pleins d'épouvante (liez celui-ci, pleins de

douleur chez celle-là.

On continuait à cogner à la porte en appelant Sernin.

— Ouvrez donc! dit Roberte, après avoir l'ait disparaître le collier.

Et comme il ne bougaitpas, elle alla ouvrir elle-même. Son dernier regard avait ramené Sernin au sentiment de la prudence.

Il reconnut le premier commis de M. La-

gue.

— M. Dutasta? dit-il.

— Moi-même, répondit celui-ci ; il paraît que vous faites la matinée grasse, mes tour-

— Qui aurait pu se douter?... balbutia Sernin.

— Allons, mon jeune ami, mettez votre habit et suivez-moi sur-le-champ.

— Où cela?

— Chez M. le directeur de la police.

— M. le directeur... Que me veut-il?

■ — Il vous le dira lui-même.

Bien que M. Dutasta fût seul, son apparition ne présageait rien de bon à Sernin ; aussi songea-t-il sérieusement un instant à passer par-dessus son corps et à prendre la fuite. Mais qui lui répondait que la porte de la rue n'était pas gardée?

Roberte suivait tous ses mouvements avec une horrible anxiété et semblait lire dans son esprit. Elle ne se sentit un peu rassurée que lorsqu'elle le vit suivre docilement M. Dutasta.

Au bas de l'escalier, il craignait de trouver des gardes, mais il en fut quitte pour la peur. Une fois dehors, M. Dutasta se contenta de passer son bras sous le sien, et encore étaitce plutôt une marque de familiarité qu'une mesure de sûreté.

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— irnin commençait à respirer plus à l'aise, 3 il n'en était pas moins vivement intrigué.

— A présent q\ie nous voilà seuls, M. Dutasta, continuerez-vous à me cacher ce que vous voulez de moi?

— Voyons, mon jeune ami, si je vous fai- 3 faire votre paix avec Le directeur?

— J'en serais aise, monsieur Dutasta, mais...

— Mais, quoi?

— Cela ne me paraît pas facile.

— Pourquoi donc ?

— Ah! pourquoi... pourquoi !...

El un sourire passa sur les lèvres du jeuue homme.

— Vous voulez parler des circonstances qui ont provoqué votre renvoi ?... dit M. Dutasta. qui ne le perdait pas de vue.

— Peut-être, dit Sernin, rendu à l'état de défiance.

— Et auxquelles on prétend que madame ;-gue n'a pas été étrangère... hein ?

Sernin, à son tour, eut un regard oblique -on compagnon.

— Monsieur Dutasta, monsieur Dutasta !

dit-il, vous voulez me faire parler ?

— Eh non ! mon garçon, je sais trop bien à qui je me frotte ; mais enfin, je suis curieux, je l'avoue avec bonhomie...

— Ne le laissez pas voir, au moins.

— Cependant, si je vous fais rentrer en grâce auprès du directeur, comment reconnaîtrez-vous ce service ?

— Je mettrai tout mon dévouement à votre disposition.

— Très bien; mais je ne vous en demande pas tant.

— Je ne vois pas alors de quelle manière je pourrai m'acquitter envers vous, monsieur Dutasta.

— C'est que vous ne voulez pas me comprendre.

— Expliquez-vous mieux.

— Eh bien ! promettez-moi, mon cher Sernin, de me raconter cette petite aventure.

— Quelle petite aventure ?

— Oh! vous êtes insupportable... Votre petite aventure avec la femme du directeur.

— Soit, dit Sernin en riant, je vous raconterai cela un de ces jours.

< >u était arrive chez M. Laf argue.

Celui-ci ne s'amusa pasà lui l'aire faire antichambre, ce à quoi il n'eût pas manqué en toute autre occasion.

— Passons l'éponge sur le passé, dit-il à Sernin. Vous connaissez, n'est-ce pas, les événements de celte nuit ?

— Mais non. mais non... je ne connais rien! se hâta de répondre Sernin.

— Vous in* L'avez donc pas mis au courant, Dutasta?

— Non, monsieur.

— Faisons vite alors.

Et se plantant tout à coup devant Sernin, il lui jeta ces mots à la figure :

— on a volé les diamants delaClairville. Il faut que vous nous les rendiez..

Autant de mots, autant de coups de pistolet! Sernin devint pâle comme la mort.

Il se crut découvert et fut près de tomber ix de M. Lafargue.

— Rendre les diamants ? balbutia-t-il d'un air effaré.

— C'est-à-dire nous aider à les retrouver.

— Moi ! . . . Vous avez compté sur moi ?

— Sans doute, répondit M. Lafargue ; Dulasta m'a parlé de vous comme d'un homme habile.

— M. Dutasta est trop bienveillant, dit Sernin, dont les regards allaient de l'un à l'autre comme pour s'assurer qu'on ne lui tendait pas un piège.

Mais pourquoi auraient- ils mis tant de façons avec lui ? Et s'ils se méfiaient, que ne l'accusaient-ils directement du vol qui avait eu lieu cette nuit ?

Non, ils étaient à mille lieues d'un semblable soupçon ; il suffisait, pour s'en convaincre, d'examiner la placidité de leurs physionomies.

Aussi Sernin reprit-il peu à peu son assurance et se prépara-t-il à recevoir de son mieuxles ouvertures du directeur de la police.

— Eh bien ! Sernin, dit M. Lafargue, nous êtes-vous tout acquis ?

— Cela dépend, répliqua cavalièrement Sernin qui se vit en un instant maître de la situation.

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