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CHAPITRE IV

UN GOUVERNEMENT QUI s' AFFERMIT. — LA RÉPUBLIQUE PACIFIEE AU DEDANS ET PUISSANTE AU DEHORS.

Le parti orangiste. — Son chef, le prince *de Massau. — Ses forces. — Changement de gouvernement dans la province d'Overyssel. — Le parti répubUcain. — Il est dirigé par les Etats de Hollande. — Ascendant du grand pensionnaire de Witt. — Les nominations aux commandements militaires, aux cours de justice , aux principaux emplois. — Rapports des Etats de Hollande avec les Etats généraux. — Conflits de juridiction. — Procès de Jean de Messen. — Vacance de la charge de maréchal de camp. — Accord entre de Witt et le prince de Nassau. — Projet d'harmonie. — Gouvernement intérieur de la Hollande. — La réduction des rentes. — Elle est l'œuvre de Jean de Witt. — Obéissance imposée à l'armée, au clergé. — Mesures administratives. — Tentative de coalition des aulres provinces pour nommer un maréchal de camp . Elle est déjouée par les Etats de Hollande. — Leur domination. — Première réélection de Jean de Witt comme Grand Pensionnaire.

Situation extérieure des Provinces-Unies. — Expéditions maritimes. -*- Prospérité des colonies. — Ambassade en faveur des Vaudois. — Dangers de rupture avec la France. — De Thou ambassadeur à la Haye. — Les contestations réglées. — Négociations avec l'Angleterre. — Première ambassade de Downing à la Haye. — Concessions réciproques. — Continuation des hostilités avec le Portugal. — Guerres du Nord. — Craintes de la prépondérance de la Suède. — Alliance avec l'électeur de Brandebourg. — Sa défection. — Intervention en faveur de Dantzick. — Traité d'Elbing. — Invasion du roi de Suède en Danemark. — Les Etats secourent le Danemark. — Leur victoire navale dans le Sund. — Médiation. — Convention de la Haye. — Bataille de Funea gagnée par les Suédois. — Prise de Nybourg. — Traité de Copenhague, — Les Provinces-Unies reprennent leur rang en Europe.

Les gouvernements libres ne laissent pas aux hommes d'Etat la facile jouissance de supprimer les obstacles et leur imposent des luttes sans cesse renaissantes. Elles ne devaient pas être épargnées au grand pensionnaire de IVitt pendant toute la durée de son ministère : il avait encore une tâche laborieuse à remplir, avant de pouvoir réussir par ses persévérants efforts à rendre la Hollande maîtresse du gouvernement de la république.

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Le parti orangiste, humilié et irrité par l'acte d'exclusion, n'était pas désarmé et retrouvait enfin le chef qui jusqu'alors lui avait manqué. Le comte Guillaume- Frédéric de Nassau longtemps hésitant avait fini par répondre à son appel. Stathouder de Frise et de Groningue, grand maître de l'artillerie ' , récemment marié * à la fille de la Princesse Douairière ^ et devenu ainsi l'oncle du jeune fils de Guillaume II, il venait d'obtenir de l'empereur d'Allemagne la dignité de prince. Malgré l'autorité que lui donnaient sa naissance, sa parenté, ses charges, il s'était tenu à l'écart après la mort du dernier stathouder. L'incertitude de son caractère, signalée par l'ambassadeur de France Chanut *, Tavait empêché de se mettre à la tête du parti orangiste. Il avait en outre été découragé par le mauvais vouloir de la Princesse Douairière et par l'hostilité persistante de la Princesse Royale, qui toutes deux craignaient de trouver en lui un rival du prince d'Orange. Les mécontentements populaires provoqués par la guerre d'Angleterre et les négociations relatives à l'acte d'exclusion avaient toutefois réveillé son zèle. L'occasion lui paraissait favorable pour rentrer en scène et pour témoigner sa fidélité dynastique. « Si vous ne voulez rien donner au jeune prince 5) , écrivait-il à l'un de ses confidents % a il faut au mo\ns ne rien lui retirer, ce qui serait injuste, inhumain et impie. On ne trouve dans aucune histoire qu'on ait récompensé des mérites si élevés par une ingratitude si païenne. L'Espagne, qui a été si ennemie de sa maison, n'a pas retiré à ce prince l'espoir de devenir un jour son général. Ainsi, vous pouvez voir par là combien , en le déclarant exclu des charges de ses ancêtres , ceux de la république ont été injustes envers le prince. Aussi Dieu ne laissera pas cela impuni, je le tiens pour certain; le Seigneur hait trop l'ingratitude, ^j

Pour préparer le succès d'une restauration , le prince de Nassau combinait à la fois des projets d'alliances et de soulèvements. Il essayait d'intéresser Mazarin à la cause orangiste, en se pro-

1 II avait remplacé dans cette charge le comte de Solms (1648).

3 Albertine-Agnès.

^ Chanut, Mémoire, 1655 : Archives aff. étr.

^ L. du prince de Nassau à Aylva, 25 octobre 1654. — Voir Van Sypesteyn, le Prince de Nassau, Geschiedkundige Bijdragen, t. I«^

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