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CHAPITRE IV

nonçant pour un traité avec la France, et négociait pour obtenir l'appui du gouvernement français, dans le cas où Cromwell, ne se contentant pas des engagements pris envers lui par la Hollande , prétendrait intervenir pour obliger les Etats généraux à reconnaître l'acte d'exclusion *. Tandis qu'il se ménageait Tassistance àe troupes étrangères, il multipliait les démarches pour essayer une levée de partisans dans la Hollande du Nord, où il allait faire une tournée, sous le prétexte d'inspecter des garnisons^. Il cherchait à s'assurer du commandant en chef de l'armée, le feldmaréchal de Bréderode, qui écrivait à Jean de IVitl : « Il m'a tant caressé que j'en étais honteux, et m'a tenu des discours que je ne voudrais pas confier à ce papier '. ^i

Il trouvait autour de lui, dans les Etats généraux et dans les Etats des provinces, de nombreux députés qui encourageaient sa confiance. En Gueldre, son plus fidèle auxiliaire était Huyghens de Zuylichem *, l'ancien secrétaire de Guillaume II, député d'Arnheim, enrichi par trois mariages consécutifs, allié à la famille du dernier grand pensionnaire de Hollande Pauw d'Heemslede, et dont les mérites littéraires complétaient les qualités d'homme d'État. A côté de lui les deux frères Henri et Alexandre Van der Capellen, fils de l'ancien chancelier de Gueldre, se signalaient par leur dévouement aux intérêts du parti orangiste. En Zélande, Pierre deHuybert, qui fut plus tard pensionnaire de la province ; Jean de Mauregnault, député aux Etats généraux, se montraient encore plus passionnés ^ et entretenaient avec le prince de Nassau une correspondance suivie. Dans la province d'Utrecht, Reede Van Renswoude, qui avait rempli les fonctions d'ambassadeur à la cour de Charles P'", ralliait autour de lui tous ceux qui regrettaient l'ancien pouvoir des stathouders. Dans l'Overyssel, les deux représentants les plus accrédités du parti orangiste étaient, l'un, Mulart, dont l'opulence servait l'ambition; l'autre, Ripperda, l'un des négociateurs de la paix de Munster, entré par son mariage dans Tune des premières familles de la noblesse de Hollande. En Frise et en Groningue, les plus

i L. du prince de Nassau à Louis XIV, 6 novembre 1655.

2 L. du prince de Nassau, 14 août 1654.

^ L. Bréderode à de Witt, 11 septembre 1654.

* Il était le père du célèbre savant Huyghens.

^ Thurloe, State papers, t. III, p. 117.

zélés partisans de la maison d'Orange s'encourageaient les uns les autres : c'étaient, en Frise, Van Haren, dont le fils rendit plus tard, par ses ambassades, les services les plus signalés à la république; Joachim André, l'un des confidents du prince de Nassau; dans la province de Groningue, Eisenga, bourgmestre de la ville; Hautbois, bourgmestre de Sneek, et Clant, « homme paisible et pacifique, que son intérêt particulier rendait affectionné aux princes d'Orange ^ « .

Les dispositions des différentes provinces qui ne pouvaient pardonner à la Hollande la conclusion de la paix avec l'Angleterre, encourageaient les espérances du parti orangiste et semblaient lui garantir leur concours. La Frise et Groningue, dont le prince de Nassau était stathouder, avaient tout à gagner au succès d'une restauration qui aurait valu à leurs députés les faveurs du pouvoir. De son côté, la Zélande paraissait, en quelque sorte, inféodée aux princes d'Orange par les grands domaines qu'ils y possédaient et qui faisaient d'eux les premiers seigneurs de la province. Elle s'était déjà prononcée à plusieurs reprises en faveur de la nomination du jeune fils de Guillaume II, soit comme stathouder de la province, soit comme capitaine et amiral général. Elle avait, en outre, donné le signal des protestations contre l'acte d'exclusion et n'avait pas cessé d'en demander la révocation. La Gueldre, qui, comme ancien duché, avait droit au premier rang dans les Etats généraux, se montrait jalouse de la prépondérance de la Hollande : les familles nobles qui habitaient cette province regrettaient les charges de cour et les emplois militaires dont les princes d'Orange les faisaient jouir. Les deux ordres de la noblesse et du clergé d'Utrecht partageaient les mêmes sentiments et demandaient le rétablissement immédiat du stathoudérat de la province ^ Dans rOveryssel, un parti ardent, impatient de précipiter les événements, faisait choisir le jeune prince comme stathouder, en lui donnant pendant sa minorité le prince de Nassau pour lieutenant ^ Les princesses d'Orange, informées de la résolution des États d'Overyssel, en témoignèrent avec empressement leur reconnaissance, et le

1 Relation du ministre de Suède Appelboom, dans V Histoire de la diplomatie, par Vreede, t. II, p. 136.

2 Résol. États d'Utrecht, juillet 1654.

=^ L. de Witt à Bréderode, 4 octobre j654.

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