‹ Jean De WittChapitre 104 sur 264 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de mourir, dut être remplacé; les États de Hollande invitèrent les États de Zélande ' à une réunion plénière dans laquelle ils firent choisir leur candidat, Reynier Pauw Van der Horst ^ Quant aux nominations qui ne dépendaient que de leur assemblée, elles ne pouvaient manquer de profiter encore plus sûrement aux partisans les plus décidés du nouveau gouvernement. C'est ainsi qu'ils réservèrent' au frère de Jean de IVitt, Corneille de Witt, la charge de Ruard de Putten*, « Tune des meilleures de la province, sinon la seconde, par l'étendue de ses attributions qui comprenaient à la fois celles de bailli et celles de dijkgraafon intendant des digues d'un des plus importants districts de la province ^ 5) .

Le parti orangiste, qui n'avait pas encore renoncé à la lutte dans les autres provinces, semblait avoir capitulé en Hollande. Ses principaux représentants avaient été remplacés dans les Etats ; quelquesuns en avaient été exclus; les autres ne prétendaient plus qu'à jouir tranquillement des fonctions qu'ils occupaient, en se faisant oublier. Corneille Aerssens de Sommelsdyck, fils de l'ancien ambassadeur de France auprès de Henri \\j , colonel de cavalerie, gouverneur de Nimègue, membre de la noblesse de Hollande, et qui avait été compromis dans l'expédition de Guillaume H contre Amsterdam, n'avait obtenu le bénéfice de l'amnistie qu'en se retirant de l'assemblée de la province. Bonkhorst, seigneur de IVimmenum, sur lequel les partisans de l'ancien gouvernement croyaient pouvoir compter, «était trop avisé pour confondre ses intérêts avec ceux de la maison d'Orange, et malgré l'autorité que ses nombreuses charges lui donnaient, il renonçait aux prétentions de chef de parti, qu'il n'avait pu soutenir ». Doyen du corps de la noblesse, « bien que sa maison ne fût pas des plus illustres ni des plus anciennes du pays * », il avait la présidence du collège des conseillers députés, et joignait à ces importantes fondions celles de curateur de l'université de Leyde, de grand veneur de Hollande, de bailli et d'intendant des digues du district de Rhynland. Il s'était

1 Résol. HoU., 14 mai 1655.

2 Id. Rapport sur l'installation du président du grand conseil, 27 juillet 1655.

3 Résol. Holi., 28 février 1654.

^ Elle était vacante par la mort de Salomon de Schoonhoven.

^ Thlrloe, State papers, 7 août 1654.

•^ WiGQUEFORï, t. IV, p. 8T, édition Chais Van Buren.

ainsi assuré un revenu qui excédait 40,000 livres, et n'avait d'autre ambition que celle de le conserver.

L'affermissement du nouveau gouvernement avait grossi le nombre de ses partisans. A côté de ceux qui servaient sa cause dans les ambassades, tels que Kaiser, Nieupoort, Beverningh, Van Beuningen\ d'autres ne montraient ni moins de fidélité ni moins de zèle, comme députés ou comme pensionnaires des villes. Dans l'ordre delà noblesse, Noordwyck, gouverneur deTEcluse, « faisait publiquement profession de son attachement aux maximes du parti dominant et prononçait hardiment à la Haye le mot de république^ 55. Indépendamment du Grand Pensionnaire de Hollande, Jean de Witt, et du greffier des Etats généraux, Ruysch, la ville de Dordrecht comptait tout un groupe d'hommes d'Etat : c'étaient Corneille Van Beveren, maître des comptes, et Jacob Beveren Van Zwyndrecht, marié à la sœur de Jean de Witt et député aux Etats de Hollande; Slingelandt, pensionnaire de la ville, et plus tard secrétaire du conseil d'Etat de la confédération; Anthony Vivien, cousin germain de Jean de Witt % et qui succéda à Slingelandt dans sa charge municipale. Bol, l'un des régents de Haarlem,qui devint conseiller député de la Hollande, était signalé dans les correspondances diplomatiques du temps, comme ayant toute la confiance du Grand Pensionnaire ''. Meerman, fils d'un avocat de Leyde et pensionnaire de Deft, « jeune homme hardi et audacieux ^ 5) , qui fut chargé de préparer la publication du livre d'or ou registre des résolutions de l'assemblée de Hollande, était déjà compté parmi les défenseurs les plus énergiques du pouvoir des Etats.

A Amsterdam, la famille dans laquelle le mariage de Jean de Witt l'avait fait entrer® était maîtresse de la régence. Les oncles de sa femme , Corneille Bicker Van Swieten , ancien bourgmestre, dont le courage avait sauvé Amsterdam, en empêchant le stathouder Guillaume II de la surprendre ^; Corneille de Graëff, seigneur de

1 Voir p. 125.

2 Saint-Evremont, t. III, p. 351.

^ Voir p. 84.

4 L. Wicquefort, 7 juin 1663; et L. d'Estrades, 3 juillet 1663 : ilrch. aff. étr. ^ Relation du ministre suédois Appelboom dans l'ouvrage sur la Diplomatie néerlandaise de M. Vreede.

6 Voir p. 118.

"7 Voir p. 49.

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