‹ Jean De WittChapitre 125 sur 264 · LA KOLLANDE. JEAN DE \IITT RÉÉLU GRAND PENSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LA KOLLANDE. JEAN DE \IITT RÉÉLU GRAND PENSIONNAIRE

Restauration de Charles IL — Honneurs qui lu» sont rendus à la Haye. — Nouvelles exigences du parti orangiste. — Première éducation du prince d'Orange,

— Mégociations entre de Witt et la princesse d'Orange. — Les Etats de Hollande se chargent de la tutelle de son fils. — Révocation de l'Acte d'exclusion. — Mort de la Princesse Royale. — Conflits d'autorité entre les Etats et les autres tuteurs du prince d'Orange. — Les Etats renoncent à la tutelle.

— Ambassade de Beverwaert à Londres et de Downing à la Haye. — Traité des Provinces- Unies avec l'Angleterre. — Concessions faites à Charles IL

— La paix conclue avec le Portugal. — L'extradition des juges de Charles I^^. Négociations avec la France. — Ambassade de Van Beuningen à Paris. —

Dispositions hostiles des ministres de Louis XIV. — Différends à régler. — Traité d'alliance et de commerce. — Prétentions de Louis XIV sur les Pays-Bas.

— Le Grand Pensionnaire cherche les bases d'un accord. — Ambassade du comte d'Estrades à la Haye. — Ses relations avec de Witt. — Offres d'entente éludées par Louis XIV. — Promesse de concert préalable.

Pacification intérieure. — Accord avec la Zélande. — Garanties prises contre le parti orangiste. — Contestation entre le comte d'Estrades et le prince d'Orange. — Changement dans les prières publiques. — Domination du parti républicain. — Réélection du Grand Pensionnaire. — Ses nouvelles charges. — Ses relations de famille. — Ses enfants. — Ses ouvrages. — Sa collaboration au livre de Delacourt, M Intérêt de la Hollande. — Le manifeste de sa politique.

Le Grand Pensionnaire de Hollande T/enait de rouvrir aux Provinces-Unies Tère d'une prospérité dont elles semblaient désormais pouvoir jouir à Taise. Il allait compléter son oeuvre réparatrice, en faisant de la république l'alliée de deux grandes monarchies, sans être obligé d'acheter ces alliances par un changement de gouvernement : plus ces succès diplomatiques paraissaient difficiles à obtenir, plus ils devaient lui faire honneur.

La restauration de Charles II, rappelé sur le trône par FAngleterre lasse de l'anarchie, faisait prévoir une rupture plutôt qu'un

traité. Les Etats de Hollande avaient à craindre de trouver en lui un ennemi irréconciliable qui ne leur pardonnerait pas leur alliance avec Cromwell, le meurtrier de son père, ni leur hostilité contre le prince d'Orange, son neveu. Ils prévoyaient en outre comme inévitables ses exigences pour le rétablissement du stathoudérat en faveur du prince d'Orange.

L'épreuve était périlleuse, et Jean de Witt mit en œuvre toute son habileté politique pour en conjurer le danger. Résolu à conserver le gouvernement républicain comme un dépôt qu'il avait reçu, sans le sacrifier à des antipathies royales, il se montra d'autant plus soucieux d'entretenir de bons rapports avec TAngleterre, sous le règne de Charles II comme sous le protectorat de Cromwell. Il était convaincu, comme on le disait autour de lui, « que si le diable même était le souverain de la Grande-Bretagne, il faudrait y vivre avec lui en bonne intelligence ^ « .

A la première nouvelle des événements qui se préparaient, Charles II avait quitté précipitamment Bruxelles, dans la crainte que le gouverneur des Pays-Bas ne l'y retint, pour lui réclamer les conquêtes faites par Cromwell sur l'Espagne. Ce fut sur le territoire qui dépendait directement des Etats généraux, à Bréda, qu'il reçut la déclaration du Parlement lui rendant son royaume et l'invitant à venir en prendre possession.

Il importait aux États généraux et aux Etats de Hollande de ne pas se laisser devancer. Le jour même où le Parlement rappelait Charles II en Angleterre, les Etats généraux avaient délégué auprès de lui quelques-uns de leurs députés, pour le remercier solennellement de s'être arrêté sur le sol des Provinces-Unies. En même temps les Etats de Hollande intéressés à lui faire oublier qu'ils lui avaient naguère interdit l'accès de leur province, afin de complaire à Cromwell, lui adressaient l'invitation de se rendre à la Haye, où ils tenaient à honneur de le recevoir.

Quelques jours après ^, Charles II y fit son entrée solennelle avec les princes ses frères, la Princesse Royale et le jeune prince d'Orange. Il était accompagné des commissaires qui avaient été à sa rencontre, suivi d'un cortège de soixante-douze carrosses, et

^ L. Downing à Thurloë : Thurloe, State papers, p. 876. 2 25 mai 1660.

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