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LA SECONDE GUERRE D ANGLETERRE. UNE REPUBLIQUE

VICTORIEUSE d'une MONARCHIE,

Rivalité de l'Angleterre contre les Provinces-Unies. — Charles II et sa cour. — Préludes de rupture. — Hostilités de l'Angleterre en Guinée. — Tentatives inutiles de conciliation. — Représailles des Etats généraux. — Expédition de Ruyter en Afrique. — Elle est préparée par le grand pensionnaire de Witt. — Déclaration de guerre.

Les relations de la république et de la France. — Demande d'assistance éludée par Louis XIV. — Mesures financières. — Forces maritimes. — Première campagne navale. — Défaite de la flotte des Etats. — Explosion du vaisseauamiral. — Mort de d'Obdam. — Ruyter amiral en chef. — Jean de Witt à bord de la flotte. — Il la fait sortir du Texel. — La tempête la disperse. — Tentative inutile d'un nouveau combat.

Expédition de l'éuêque de Munster contre les Provinces-Unies. — Conquête de la province de TOveryssel. — Insuffisance des troupes de terre des Etats. — Corneille de Witt député à l'armée. — Nécessité des secours de la France. — Envoi d'un corps auxiliaire français. — Il rend peu de services. — Déclaration de guerre de la France à l'Angleterre. — Elle est plutôt apparente que réelle.

— Négociations des Etats avec le Danemark et les princes allemands. — Quadruple-Alliance. — Traité de Clèves avec l'évêque de Munster.

Seconde campagne navale. — Bataille des Quatre-Jours. — Retraite de la flotte anglaise. — Nouvelle bataille. — Dispersion de la flotte des Etats. — Incursion de l'ennemi. — L'escadre française reste à l'écart. -— Fermeté de Jean de Witt. — Il retourne sur la flotte. — Troubles intérieurs. — Réveil du parti orangisle. — Négociations secrètes de Buat avec le roi d'Angleterre. — Son procès et sa condamnation.

Propositions de paix. — Congrès de Bréda. — Beverningh ambassadeur des Etats.

— Les conférences traînent en longueur. — Reprise des hostilités. — Expédition de Chatham. — Destruction de la marine anglaise. — Corneille de Witt à bord de l'escadre. — Correspondance entre le Grand Pensionnaire et son frère.

— Dénoûment des négociations. — Traité de Bréda. — Récompenses offertes à Ruyter et à Corneille de Witt. — Honneurs rendus au Grand Pensionnaire.

La politique du Grand Pensionnaire de Hollande, qui avait obtenu jusqu'alors de constants succès, allait être soumise à de redoutables épreuves, dont elle devait sortir triomphante. Toutes les garanties destinées à assurer aux Provinces-Unies les bienfaits de

la paix paraissaient avoir été prises, et c'était le poids de la guerre qu'elles allaient néanmoins avoir à supporter. L'alliance avec Charles II, qu'elles venaient de conclure, et qui semblait devoir les protéger contre l'ambition de Louis XIV, n'était que le prélude d'une rupture. Moins de trois ans après la signature du traité entre les deux Etats, leurs flottes allaient de nouveau se disputer la domination des mers, et après avoir été naguère traité par les Etats comme leur hôte, le roi d'Angleterre allait se déclarer l'ennemi de ceux qui avaient les premiers fêté sa restauration.

Charles II, une fois remonté sur le trône, n'avait pas tardé à faire bon marché des intérêts de son royaume, pour ne s'occuper que de ses plaisirs, auxquels il sacrifiait ses devoirs de souverain. Il aurait pu facilement justifier les espérances de l'Angleterre, heureuse d'échapper, par le rétablissement de la royauté héréditaire, aux malheurs de l'anarchie et aux dangers d'un gouvernement militaire. Son humeur affable avait commencé par lui gagner la faveur populaire, et il avait su plaire, en se rendant accessible ^ : ce II charmait tous ceux qui lui avaient été présentés, et qui pouvaient sans hésitation aller le voir dîner, souper, danser, jouer aux dés , ou bien l'écouter quand il se plaisait à raconter ses aventures ^. v Mais ces qualités superficielles ne pouvaient tenir lieu des mérites qui lui manquaient. Elevé à l'école de l'infortune, il n'avait pas été mûri par les événements; son esprit était aussi changeant que son cœur, et l'inconstance dans les attachements lui paraissait aussi naturelle que l'infidélité dans les alliances. Insensible à la gloire et indifTérent à la flatterie, il s'abandonnait à la plus indolente nonchalance, et c'était par amour du repos plutôt que par goût de la domination, qu'il tenait au plein exercice de son pouvoir. Le système de gouvernement de la France, qui affranchissait Louis XIV de tout contrôle, lui semblait le seul qui convînt à la royauté, et l'état de ses finances obérées lui rendait encore plus insupportable la dépendance dans laquelle il était tenu par le Parlement. Il aimait mieux se laisser faire la loi par ses favorites, et avait pris pour maîtresse attitrée la comtesse de Castelmain, qu'il créa plus tard duchesse de Cleveland. Entouré de

ï BiiRXKT , Histoire de mon temps : Collection des mémoires de M. Guizot, t. I, p. 199.

2L1NGARD, t.XlII, p. 380.

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