‹ Jean De WittChapitre 23 sur 264 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

aupr('!S (le lui toutes les avances nécessaires pour ménager une transaction; ils Pinvitèrent, d'après l'aveu de Guillaume II, consigné dans son Mémoire sur les événements de l'année 1650, à faire lui-même une proposition sur l'état de la guerre et s'engagèrent à révoquer provisoirement les ordres de licenciement qu'ils avaient donnés.

Le prince, à la suite de nouvelles conférences, leur promit de s'entendre avec le conseil d'Etat, qui partageait avec lui le pouvoir exécutif, pour faire adresser de nouvelles propositions d'accommodement aux Etats généraux \ Les Etats de Hollande firent choix de commissaires pour les examiner, et résolurent de les communiquer aux conseils des villes. Il n'y avait plus qu'à se mettre d'accord sur la réforme d'environ 1,300 hommes. Le différend pouvait dès lors être considéré comme réglé. " L'affaire de la réduction de la milice était en très-bonne voie«, écrivait plus tard l'un des principaux députés hollandais^; « elle était en train d'être conclue par l'unanimité des villes, MM. les nobles étant seuls dissidents, et il n'y avait plus qu'à suivre l'avis conciliatoire que le conseiller pensionnaire s'était chargé de mettre par écrit, conformément aux avis des membres. -^

Toutefois les Etats de Hollande ne se croyaient pas rassurés. Ils craignaient de rester exposés à de nouvelles tournées du prince d'Orange dans leur province. Résolus à y mettre obstacle, ils déclarèrent que le stathouder et les députés des Etats généraux ne pouvaient se passer de leur autorisation, pour se faire recevoir par les conseils des villes. Le prince leur ayant demandé compte de cette résolution qu'il signalait comme contraire au rétablissement de l'accord, les Etats de Hollande adressèrent aux États des autres provinces un manifeste solennel destiné à revendiquer nour l'avenir le libre exercice de leur pouvoir souverain. Ils y faisaient savoir combien il était désormais facile de s'entendre, tout prétexte de dissentiment sur la réforme des troupes pouvant aisément dispa raîire, à moins qu'on ne fut décidé à donner contre eux le signal de l'agression ^

Ce n'était pas là une supposition téméraire. Le prince d'Orange,

1 L. Brasset, J9 juillet 1650.

"2 L. man. de Jacob de Witt à Jean de Witt, 2 août 1650.

'-' Résol. Hollande, 27 juillet 1650.

depuis son retour à la Haye, n'avait laissé continuer les négociations que pour se donner le temps de préparer les mesures qu'il avait concertées '. Depuis longtemps, les entreprises les plus audacieuses lui étaient conseillées par ses partisans. Son cousin, le comte Guillaume Frédéric de Nassau, stathouder de Frise, Fencourageait avec ardeur à faire sentir le poids de son autorité. « Me ménagez pas " , lui écrivait-il, a ces traîtres et ennemis de TEtat, dont je voudrais voir le supplice de tout mon cœur. J'espère qu'ils seront châtiés selon leur mérite et leur déloyauté. ^ « — « Monseigneur 1), lui écrit-il encore la veille du coup de main que le prince d'Orange va tenter, « passant devant l'assemblée des États, je voyais les députés que vous m'avez signalés se complimenter et se faire force révérences; j'espère que Votre Altesse les aura demain ensemble, et que tous ceux que Votre Altesse connaît être ses ennemis et par conséquent les ennemis de l'Etat seront de la compagnie^. ^^

Il lui avait, en outre, suggéré le projet d'enlever aux États de Hollande tout moyen de résistance, en s'emparant d'Amsterdam, a Ce serait afïliire faite » , lui promettait-il, « si le prince lui donnait de bons officiers, de la cavalerie et de l'infanterie. « Mais il l'encourageait à n'en faire aucun bruit à l'avance : « Les menaces n'aident qu'à se donner plus de garde n, lui écrivait-il; « il faut que les effets et les coups parlent ''. «

Guillaume II s'était facilement laissé persuader et avait fait d'Amsterdam le principal but de l'entreprise qu'il voulait tenter. Il considérait cette ville comme l'ennemie de sa maison. Les bourgeois d'Amsterdam, fiers de leur richesse et passionnément attachés à leur indépendance, n'avaient jamais su gré aux princes d'Orange de leurs services. « Ils disaient qu'il était juste qu'on les contentât pour leur argent, et que si les stathouders ne remplissaient pas convenablement leur charge de capitaines généraux, il s'en trouverait d'autres qui s'en acquitteraient au même prix. Ils avaient en outre offensé Guillaume II, en laissant faire allusion sur

1 L. Brasset, 19 juillet 1650.

2 L. du comte de Nassau au prince d'Orange, 5/15 avril 1650. Archives de la maison d'Orange, t. W ^ p. 359.

3 L. du comte de Nassau au prince d'Orange, 30 juillet 1650. ^ Id., 4/14 juin 1650.

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