IV PRÉFACE
ment mises à profit. L'auteur a eu Theureuse fortune de pouvoir y ajouter les archives de Chantilly, qui lui ont été ouvertes par la haute bienveillance de Mgr le duc d'Auniale, et qui lui ont permis d'étudier dans la correspondance du grand Condé la préparation et la conduite de la guerre de Hollande, en 1672.
Ce n'est pas seulement un intérêt historique qu'on pourra trouver dans cet ouvrage : il y aura peut-être aussi un enseignement politique à en tirer. Pendant les laborieuses années de son ministère, Jean de Witt a réussi dans la tâche difficile qu'il avait entreprise, et il a fini par y succomber. Le succès et l'échec de son œuvre sont également instructifs. Les services qu'il a glorieusement rendus à son pays suffisent à prouver que la longue durée d'un pouvoir honnêtement exercé par un grand ministre, est la meilleure garantie de la liberté et de la prospérité d'une république. D'autre part, les malheurs publics sous le poids desquels il a succombé, démontrent avec la même évidence qu'une nation dont l'indépendance est menacée par la conquête, ne peut mieux la défendre qu'en la mettant sous la garde d'une dynastie séculaire.
Lefèvre Pontalis.
Boissy, novembre 1883.