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CHAPITRE PREMIER

LA RÉPUBLIQUE DES PROVINCES-UNIES. — UN COUP d'ÉTAT MANQUÉ. — UN GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

La république des Provinces-Unies affranchie et constituée. — Guerre de l'indépendance. — Trêve de douze ans. — Reprise des hostilités. — Traité de Munster. — Prospérité de la république. — Sa puissance maritime et commerciale. — Ses colonies. — Opulence de la Hollande. — Développement des «rts, des sciences et des lettres. — Les mœurs privées. — La vie de famille. — Les croyances religieuses. — ■ Les libertés publiques. — Organisation d'un gouvernement fédéral et municipal. — Les princes d'Orange. — Leurs pouvoirs comme stathouders. — Guillaume I", fondateur de l'indépendance. — Maurice d'Orange. — Dissidences politiques et religieuses. — Conflit du stathouder avec les Etats do Hollande. — Jugement et exécution d'Olden-Barneveldt. — Frédéric-Henri et la fin de la guerre. — Guillaume H. — Son ambition. — Licenciement de troupes. — Contestation avec les Etats de Hollande. — Les États généraux prennent parti pour le prince d'Orange. — Sa tournée en Hollande. — Offres de transaction. — Tentatives de coup d'Etat. — Arrestation de députés. — La surprise d'Amsterdam est manquée. — Mesures de défense prises par le conseil de la ville. — Négociation d'un accord. — Elargissement des députés. — Leur exclusion des fonctions publiques. — Nouveaux projets de Guillaume H. — Sa mort. — Son fils posthume, — Situation critique de la famille d'Orange. — La princesse douairière et la princesse royale. — Leurs divisions. — Le comte Guillaume-Frédéric de Nassau. — Le prince Jean-Maurice de Nassau-Siegen. — La réaction contre le stathoudérat. — La grande assemblée de 1651. — La nouvelle constitution de la république. — Les Etats généraux. — Les Etats de Hollande. — Les conseils des villes. — La Haye, résidence des assemblées. — Un gouvernement libre au dix-septième siècle.

Au milieu du dix-septième siècle ', la république des sept Provinces-Unies, constituée par l'union d'Ulrecht et détachée de la monarchie espagnole, avait achevé la sanglante et glorieuse con-

quête de son indépendance. Elle réunissait dans le faisceau d'une confédération destinée à la défense commune, la Hollande, la Zélande, Utrecht, la Gueldre et TOveryssel, la Frise et Groningue. Longtemps victime des persécutions religieuses et des proscriptions politiques, elle avait obligé ses anciens souverains, les rois d'Espagne, à se reconnaître vaincus par ceux qu'ils avaient jusque-là traités en rebelles. Maîtresse d'elle-même, elle avait pris pour emblème un lion au milieu des flots, juste hommage rendu à l'indomptable vaillance de ses habitants, avec cette fière devise qui résumait ses épreuves et ses espérances : « Je lutte, mais je surnage, "

La nation qui s'était ainsi affranchie et qui avait conquis son nom de nation néerlandaise avait reçu comme don de naissance une passion dominante : l'amour de la liberté. Descendant des tribus germaines les plus héroïques, elle avait pour ancêtres les Bataves et les Frisons qui opposèrent à la domination romaine une hostilité sans cesse renaissante et tinrent en échec, sous le règne de lespasien, les légions impériales. Une fois son indépendance ressaisie, elle Tavaii gardée intacte. Charlemagne lui-même fut obligé de la respecter. Pendant toute la durée du moyen âge, les populations qui devaient trouver plus tard dans la république des Provinces-Unies une patrie commune combattirent sans relâche pour arracher aux seigneurs féodaux dont elles dépendaient la reconnaissance de leurs droits ^

A l'avènement de la maison de Bourgogne, elles avaient résolument engagé la lutte pour les conserver. Associées aux destinées des Pays-Bas belges et incorporées dans le cercle de Bourgogne avec les riches populations du Brabant et de la Flandre, elles s'étaient opposées énergiquement au gouvernement arbitraire et tyrannique que ses nouveaux princes prétendaient exercer. Dès le quinzième siècle, elles avaient fini par obtenir de la duchesse Marie la Grande Charte ou Grand Privilège qui leur donnait, avec les assemblées délibérantes votant l'impôt eties conseils de ville jouissant des franchises municipales, les garanties de la liberté politique.

La Réforme vint, au seizième siècle, compromettre ces bienfaits acquis et provoqua bientôt les implacables violences de l'oppres-

iMoTLEY, Histoire de la fondation de la république des Provinces-Unies,

t. 1er, p. 23.29.

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