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VONDEL

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sans qu'elles fussent suffisamment préparées à la soutenir, et les troubles intérieurs prêts à renaître ajoutaient les craintes de la guerre civile aux dangers du dehors. A ces assauts de la mauvaise fortune, de Witt allait opposer une résolution et un sang-froid qui ne laissèrent prise à aucune défaillance.

Les Provinces-Unies avaient trouvé une ennemie redoutable dans l'alliée sur laquelle elles semblaient être en droit de compter. Après avoir conclu la paix avec la monarchie catholique d'Espagne, elles étaient entrées en lutte avec la république protestante d'Angleterre, et les deux gouvernements que la communauté d'intérêts politiques et religieux paraissait rapprocher, avaient commencé Tun contre l'autre une guerre qui trompait toutes les prévisions.

Les premières relations des Etats généraux avec le parlement souverain de la Grande-Bretagne, loin d'être favorables à la bonne entente, l'avaient mise en péril. Des deux envoyés de la république anglaise, l'un n'avait pas été reçu en audience; Tautre, Doreslaiis, Hollandais d'origine, avait été assassiné * par des royalistes anglais réfugiés à la Haye, qui vengeaient sur lui le meurtre juridique de Charles I" dont il avait été l'un des juges. En outre, le dernier stathouder, Guillaume H, gendre de l'infortuné Charles I", n'avait pas voulu laisser reconnaître un gouvernement auquel il ne pouvait pardonner la mort de son beau-père, et il se sentait encou*ragé dans cette résistance par Thorreur populaire qu'un tel attentat avait soulevée. Mais à la mort de Guillaume II, les Provinces- Unies ne furent plus arrêtées par les mêmes répugnances, et la Hollande , intéressée à la paix pour son commerce , fît aisément décider la reprise des négociations. Une nouvelle ambassade fut envoyée en grande pompe par le parlement anglais. Les deux ambassadeurs, lord Saint Jean, président de la première cour de justice, et Walter Strickland, firent leur entrée à la Haye, en . brillant équipage, accompagnés d'une suite nombreuse. Ils furent reçus par les Etats généraux en audience solennelle^, avec les témoignages les plus prévenants de considération amicale , et des commissaires furent aussitôt nommés pour régler les diffé-

^ Il fut assassiné en mai 1649 par quatre hommes masqués, pendant qu'il était à table à l'auberge du Cygne, à la Haye. (Voir Delacourt, Principes et maxiynes politiques, p. 308.)

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