‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 21 sur 219 · P. 23 dela réimpression faite par la Hakluyt Society · texte numérisé non relu

P. 23 dela réimpression faite par la Hakluyt Society

yere of bisraigne, » qui comprend du 21 août 1498 au 21 août 1499. °

Ne voyons-nous pas aussi que lorsqu'en 1582 Hakluyt dit simplement, toujours sur l'autorité de Fabyan : « by meanes of a Venctian, » dix-huit ans plus tard, il altère son texte de telle sorte que, prétendant citer encore Fabyan, il imprime : « by smcanes of one Jobn Cabot, a Venctian? » Hakluyt était donc susceptible d’abréger ou de modifier la chronique originale dans le sens indiqué.

Mais at-il véritablement pris une aussi grande liberté à l'égard de Fabyan?

Pour tout dire, et au risque d’être fastidieux, on peut alléguer des présomptions qui vont à l'encontre de ce reproche. Examinons ces présomptions.

Les mots : « {he aduenture of the viknotven voyage. by the encouragement of one Sebastian Cabotte… three great ships vel furnished.… » dans le premier paragraphe de Stow concernant l’exptdition de 1553, ont un air de famille avec les premières lignes du passage de Crowley : «the great aduenture of the vnknowven voiage.. the greal encourager of this voiage… three noble shvpes furnyshed. » Stow ne pouvait non plus ne pas remarquer la phrase

. suivante : « Sebastian Galoto, an englisheman borne at Bristow, but a Genoways sonne. » Il se pourrait donc que le paragraphe de Crowley ait été le point de départ du récit de Stow, pour l'expédition de sir Hugh Willoughby.

Mais on peut aussi admettre que la Chronique de

au de lus ant one cpiale

nde

2) Fabyan contenait le passage en question tel que le rapporte Hakluyt en sa premitre édition : « This Jeere the king (by smeanes of a Venetian, subich made bimselfe very expert and cunning in knowledge of the ci“cuit of th worlde and ilandes of the same as by à carde, and other demonstrations reasonable bee shewed) caused to man and victuall a shippe. »

Stow, cherchant à remédier au vague de l’expression « 4 Venctian, » et voyant par Humphrey Gilbert (qu’il cite immédiatement aprés) que la découverte était attribuée à Sébastien Cabot, peut alors avoir pris sur lui d’interpoler Je passage de Fabyan et ajouté les mots : « fils de Génois, » empruntés à Crowley. Ce serait pour cette raison que l'extrait de Fabyan, dans Stow, est conçu en ces termes :

€ This yeare one Sebastian Gabato à genoas sonne borne in Bristow professing bimselfe to be experte in knowledge of the circuite of 1be avorlde and landes of the same as by bis Charts and other reasonable demonstrations be sherved, caused the king to man and victual à shippe. »

Cette hypothèse est d'autant plus admissible, que dans le manuscrit cottonien : qui est du commencement du xvi siécle, les premières lignes rappellent

1. Ce ms., d’une écriture des porte le titre de Cronicon regum latis London ab anno primo Hen publions dans notre appendice voyage de Jean Cabot.

Premières années du règne de Henry VII, Angliæ ct series maiorum et vice comilum civirici terlii ad annum Primum Hen. 8. Nous VI 4, le passage qui se rappoïte au premier

trop l'extrait de Fabyan tel que le donne Hakluyt dans son édition de 1582, pour ne pas y voir le prototype du récit attribué au digne alderman. On y remarque cette phrase :

& This year the king at the busy request and supplications of a stranger Venctian, which by a cart made himself expert in knowing of the world caused the king to man a ship with victual:… »

Les mots que nous avons soulignés dans l'extrait du manuscrit cottonien et dans celui de Robert Fabyan, tel que le rapportent John Stow et Richard Hakluyt, obligent le critique à reconnaître que ces trois extraits se ressemblent trop pour ne pas provenir de la même source.

Si l'autorité de Stow se trouve amoindrie par ce parallèle, il ne faut cependant pas oublier que lui aussi fut le contemporain et le concitoyen de Sébastien Cabot; que personne au xvi‘siècle en Angleterre n’a recherché et consulté les sources avec autant d’ardeur et de jugement. Si Stow s’est livré à l'ouvrage de marqueterie que cette interpolation implique, on doit présumer que ce n’est pas seulement parce qu'il a lu dans Crowley, dans Grafton ou dans Holinshed, que Sébastien Cabot était fils de génois. Le patient et consciencieux antiquaire peut avoir trouvé la con-

1 « Of three sauages which Cabot brought home and presented vnto the king in the fourteenth yere of his raigne, mentioned by the foresaide Robert Fabian. » Principall Navigations, 1600, t. IL p. 9.

Es

firmation de cette assertion dans quelque manuscrit

aujourd’hui égaré ou perdu. Mais ceci n’est qu'une hypothése.

En résumé, nous croyons avoir démontré que jusqu’au jour où le doge Andrea Vendramerio dit à Jean Cabot, selon la formule consacrée : « te civem nostrum creamus, » ce dernier n'avait été qu'un forestiere. D'autre part, quatre personnages, contemporains soit du pére, soit du fils, vivant dans le même pays, sinon dans la même ville qu'eux, en position d’être exactement informés et puisant leurs renscignements à des sources différentes, n’ont vu dans Sébastien Cabot qu'un « genoas sonne, » et dans son père : « uno otro genoves como Colon. »

Dans l’état actuel de la question, le critique ne peut donc plus que se ranger à cette dernière opinion, et déclarer, à son tour, que Jean Cabot était génois de naissance et vénitien seulement par adoption.

Aides Vénitiens veulent que Jean Cabot soit né à Chioggia, d'anciens chroniqueurs anglais" estiment que Sébastien, sn son fils, naquit à Bristol. Cette prétention demande aussi à être examinée.

Jean Cabot avait épousé une Vénitienne qui le suivit en Angleterre. Au 23 août 1497, elle était auprès de lui, avec ses enfants, à Bristol”.

En la onzième année du règne de Henry VII le lecteur se le rappelle, Jean et trois de ses fils adressèrent une supplique à ce monarque afin d'obtenir des lettres-patentes pour un voyage à la recherche

1. « An englisheman, borne in Bristow, » Lanquet, 15593 Grafton, 1569; Holinshed, 1577; Stow, 1580; Append. XXXII À, B,cet VI. Nous croyons que ces chroniqueurs ont emprunté leur renseignement à la traduction des Décades de Pedro Martyr, publiée par Richard Eden, . à Londres, en 1555, etqui devait d’autant plus leur inspirer confiance que Elen tenait cette assertion de Sébastien Cabot lui-même, Voir aussi Nicholls, The remarkable life... of Sebastian Cabot, Lond., 1869 ; et l’article de M, D'Avezac sur cette publication, Revue critique, 22 avril 1870,

2. Rawdon Brown, Calendur, t. [, n°752; Bullo, Vera Palria, p. 61.

de pays inconnus'. Elles leur furent concédées le $ Mars 1496, et c’est ainsi que nous connaissons les noms des fils de Jean Cabot : « Lewes, Sebestyan et Sanclo. »

Si nous suivons l’ordre dans lequel le placet et les lettres-patentes précités les désignent, Sébastien était le second des fils. Où est-il né?

Richard Eden porte en marge de sa traduction des Décades de Pedro Martyr, publiée en 1555, du vivant de Sébastien, et à Londres, l’assertion suivante : « Sébastien Cabot m'a dit qu’il était né à Bristol: qu'à l’âge de quatre ans, il fut emmené avec son pére à Venise, et qu'après un certain nombre d’années, il revint avec lui en Angleterre, d’où on a pensé qu’il était vénitien de naissance, »

Nous avons relaté qu'à l’époque où Sébastien Cabot était pilote major de Charles-Quint, il s'était abouché avec Gasparo Contarini, l'ambassadeur de la Seigneurie, dans le but de trahir le monarque dont il n'avait reçu que des bienfaits. Contarini rendant compte de son entrevue avec Cabot, à Valladolid, le 31 décembre 1522, rapporte textuellement les paroles de ce dernier : « Il me dit: Seigneur ambassadeur, pour tout vous dire, je naquis à Venise, mais j'ai été élevé en Angleterre’, »

Voici donc deux déclarations absolument con-

1. Rymer, Fœdera, t. V, P. 1v, p. 89; Desimoni, Jutorno, no vi, 2. The Decades of the New Worlde, London, 1555, in-4, f. 255. 3e « Per dirveil tuto io naquia Venetia ma sum nutrito in Ingellerra, »

traires, émanant de Sébastien Cabot lui-même, et rapportées par des témoins auriculaires, désintéressés et dignes de foi.

Laquelle de ces déclarations est la vraie ? Celle qui le fait naître à Venise.

La première fois que nous trouvons Sébastien Cabot mentionné séparément, c’est dans les Décades de Pedro Martyr d’Anghiera, publiées à Alcala en 1516: Cet écrivain vivait avec lui sur un pied de grande intimité : « Familiarem habeo domi Cabottum ipsum et contubernalem interdum'. » Or, il déclare que Sébastien Ctait né à Venise, mais que ses parents l’'amenèrent en Angleterre quand il était encore enfant: « genere Venetus, sed à parentibus in Britanniam insulam tendentibus. transportatus pené infans®. » Ce sont presque les paroles rapportées par Contarini, qui dit les avoir entendues tomber des lèvres de Sébastien. D'autre part, Pedro Martyr n'aurait pu les emprunter à l’ambassadeur vénitien, car elles sont consignées dans un ouvrage qui fut imprimé six années avant l’arrivée de Contarini en Espagne.

Mais comme on ne peut ajouter foi pleine et entire à ce que dit Sébastien Cabot, puisque ici nous avons deux déclarations de lui qui se contredisent,

R. Brown, t. III, n° 607; infra, append. XXIII. Dès le 27 septembre 1522, les Dix écrivaient déjà à Contarini : « Uno Sebastiano Cabotto che dice esser di questa città nostra. » Appendice XXI.

1. De rebus Oceanieis et Orbe nouo decades tres; décade I, lib. VI, f, ss dans l'édition de Bâle, 1533, in-fo!.

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