Supra, p. 2 et append. I
JEAN ET SÉBASTIEN CABOT di
monde, mais âgé de deux ans au moins; et, constquemment, il est né à Venise ainsi que ses frères. Cet argument ne fait d'ailleurs que confirmer l'opinion exprimée par le conseil des Dix et les ambassadeurs de la république, Gaspare Contarini et Andrea Navagero, qui en position, ce semble, d'être exactement informés, le disent en 1522 et 1524', « Wenetiano, » voire même, d'aprés d’autres
déclarations, de la ville de Venise : « di questa citta nostra. »
1. Infra. appendice XXIII et Bullo, La vera patria di Nicolo de'Conti e di Giovanni Caboto, Studj e document, Chioggia, 1880, in-8, p. 69.
EDRO Martyr dit que Sébastien Cabot futament en Angleterre alors qu'il était encore enfant. Comme Sébastien mourut après 1557, et qu'en 1496 il était âgé, comme nous venons de le démontrer, d’au moins vingt-deux ans, si nous interprétons les mots « pene infans, » selon leur sens littéral, l'établissement de Jean en Angleterre aurait suivi de près sa naturalisation vénitienne, puisque le décret du Sénat la lui conférant est de l’année 1476. Cet acte aurait alors été dicté par le désir ou la nécessité de jouir d’une protection efficace en vue d’un établissement définitif à l'étranger.
Une phrase de l’anonyme de Ramusio contredit cette hypothèse.
« Quand jadis son père partit de Venise,» lui aurait dit Sébastien Cabot, « pour venir se fixer en Angleterre, afin de se livrer au commerce, il amena Sébastien à Londres, alors que ce dernier était assez
jeune, mais non sans qu'on lui eût déjà enseigné les humanités et la sphère : « che gli era assai giouane non gia perd che non auesse imparato et lettere d'humanità, et la sphera. »
Sébastien avait donc alors au moins une quinzaine d'années; et comme il devait être âgé au minimum de vingt-deux ans en 1496, Jean Cabot n’a pu guëre venir s'établir en Angleterre que vers l’année 1490.
Tout ce que nous savons de sa vie antérieure se résume dans l’acte de naturalisation précité, et en un passage de la lettre de Raimondo di Soncino, qui fait dire à Jean Cabot « que se trouvant jadis à la Mecque, il avait demandé aux caravanes qui apportaient les épiceries d’où leur venaient ces produits. » Cabot, comme beaucoup de commerçants vénitiens, visita donc les échelles du Levant où Venise avait tant de comptoirs; mais nous ne croyons pas qu’il soit allé à la Mecque; car au xv° siècle, comme maintenant, les chrétiens ne pouvaient en approcher qu'à une distance de huit à dix lieues. La phrase cependant peut ne vouloir faire allusion qu’à un voyage en Arabie.
Si c’est à Bristol que Jean se fixa d’abord, ce choix pourrait dénoter dès une époque aussi reculée des projets de voyages transatlantiques. Cette ville était le centre du commerce de l'Angleterre avec l'Islande, et le port de départ pour la plupart des expéditions tentées par les Anglais dans la direction du nord-ouest!
1. Finn Magnusen, Om de Engelskes Handel paa Island, Copenhague, 1833, P. 147, cité par Kohl, Discovery of Maine, p. 112.
Mais Bristol n'est cité comme résidence de Jean et de sa famille qu’en 1497', et l'anonyme de Ramusio, dans les paroles qu'il prête à Sébastien Cabot, ne dit pas que ce fut à Bristol, mais bien à Londres que son pére vint se fixer : « nella città di Londra”. »
Quoi qu'il en soit, Cabot n’est pas, comme de savants critiques étaient disposés à le croire, le magister navis scientificus totius LAngliæ qui, selon William de Worcestre*, partit de Bristol à la recherche de l'ile imaginaire du Brésil et probablement aussi de celle des Sept-Cités, en juillet 1480, à bord d’un navire équipé aux frais de John Jay le jeune. Ce navire, qui, : battu par les tempêtes, revint sans avoir atterri après 57 une navigation de neuf mois, était commandé par un , nommé Thomas Llyde ou Lloyd.
On ne sait quelles furent les occupations de Cabot ÿ de 1476 à 1496. Pedro de Ayala, dans sa dépêche du î 28 juillet 1498, dit en parlant du navigateur génois qui venait de découvrir le Labrador (et que nous