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Lorenzo Pasqualigo ne connaissent que Jean, à qui ils attribuent individuellement non seulement l'idée mais l’exécution professionnelle de l'entreprise.
Richard Biddle demande si, parce que les lettrespatentes établissant la compagnie de Moscovie sont aux noms du marquis de Winchester et du comte d'Arundel, il s'ensuit qu’ils dirigèrent les voyages de 1556. Et de sa réponse négative, il conclut que Jean Cabot, concessionnaire des autorisations de 1496 et 1498, n'accompagna pas non plus les expéditions autorisées par les privilèges que Henry VII lui avait concédés à ces dates. Mais on doit remarquer que Philippe et Mary se contentent d’accorder le droit aux gentilshommes donataires de naviguer, sans faire allusion à des découvertes antérieures ". Dans le cas de Jean, au contraire, Henry VII autorise, en propres termes, « son amé John Kabotto à conduire ses navires à la terre et aux ‘les découvertes récemment par ledit John. » Cette dernière phrase confirme la part active et prépondérante que prit le père de Sébastien, au moins dans l’entreprise de 1496, et qu’attestent aussi les documents contemporains.
Le manuscrit cottonien* ne cite pas le nom du navigateur qui « by a cart made himself expert in knowing of the world. and was the conditor of the fleet. » Puebla et Ayala ne le nomment pas non plus; mais Lorenzo Pasqualigo dit explicitement : « l’ê venuto sto
1. Biddle, Memoir of Sebastian Cabot, p. 211-212, 2. Infra, appendice VI À.
nostro Venetiano che ando…. e dice haver trovato. el qual se chiama Zuam Calbot. » Raimondo di Soncino le nomme aussi « Zoanne Caboto, » et il le qualifie de « distinto marinajo, che aveva molta capacità nelle scoperte di nuove isole, » et, dans une autre dépêche, de « gentile ingenio, peritissimo de la navigatione. » Jamais il n’est question de Sébastien, qui était alors un jeune homme. C'est quand ce dernier est supposé prendre luimême la parole, dix-huit ans, quarante ans après les événements, que le mérite de ces expéditions mémorables se concentre en sa personne, et que le nom de Jean disparaît, comme si ce hardi navigateur n'avait été qu’une sorte d’armateur ou de négociant. Rendons cependant à Sébastien la justice de rappeler que, à deux reprises dans les légendes espagnoles de la carte de 1544, il partage spontanément avec son père la gloire de la découverte : « descubierta por Juan Cuboto y Sebastian Caboto su hijo'. »