‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 30 sur 219 · VIT · texte numérisé non relu

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Bous assignons au premier voyage des À Cabot, la date de 1497. De savants critiques ont cherché à la reculer jusqu’à À M l'année 1494. Ils s'appuient principalement sur deux documents cartographiques : l’un, la carte célébre de Juan de la Cosa, l’autre, la mappemonde non moins fameuse de Sébastien Cabot. Dans la carte de Juan de la Cosa', sur une étendue qui, selon nos mappemondes modernes, correspondrait à l'espace compris entre les 30° et 70° degrés de latitude nord, on distingue, échelonnés sur le littoral, une série de pavillons britanniques, et, portée par les ondes baignant cette côte, la légende : «mar descubierta por Ingleses » ".

Cette carte a été dressée au Puerto de Santa Maria, en l’année 150: « Juan de la Cosa la fixo en el puerto de S :mr* en año de 1500. »

1. Conservée au Musée Naval de Madrid, publiée en fac-simile par Jomard, Monuments de la Géographie, no XVI, trois feuilles doubles,

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Ce célèbre marin s'embarqua avec Alonso de Hojeda le 18 ou le 20 mai 1499, revint en Espagne au mois de février, voire seulement en juin 1500, ct repartit avec Rodrigo de Bastidas vers octobre 15or, pour ne revenir en Andalousie qu’au mois de septembre 1502°. Tout ce que ce document comporte, se résume donc en une délintation plus ou moins vague des découvertes accomplies par les Anglais avant la fin de l’année 1500. Mais antérieurement à cette date, on constate deux voyages, au moins, accomplis sous le pavillon de la Grande-Bretagne : celui de 1497 et un autre de 1498, ct rien n'indique que de la Cosa ait voulu assigner aux découvertes

1. « À Ta bahia de Cadiz à mediados de Juniode 1500. » Navarrete, Coleccion de los viages, t, TI, p. 10; Opusculos, t. I, p. 122. Mais si l'on s’en rapporte à M. Enrique de Leguina (Juan de la Cosa, Madrid, #877, in-8, p. 70) qui paraît s'appuyer sur les Apuntes y papeles de la Cosa de Contratacion, MSS. des Archives des Indes, de la Cosa serait revenu avec Hojeda « à Ja Peninsula... en Febrero de 1500. »

2. L'assertion que la Cosa fut le pilote de Bastidas lors de la première expédition de ce dernier, repose sur le dire de las Casas : « concertése con algunos, y en especial con Juan de la Cosa » (Historia, lib, 11, cap, m1, t. III, p.10). Le verbe concertar veut aussi dire « conférer avec, » ce qui n'aurait rien de surprenant, puisque Rodrigo de Bastidas n'avait été jusqu'alors que notaire : «€ escribano de Sevilla en el arrabal de Triana » (Nav., t. I, p. 25). En tout cas, si la Cosa l'accompagna à cette époque, il partit de Cadix en octobre 1500 : « fard en salir hasta el siguiente Octubre » (Nav. oc. cit.) et revint en Espagne au mois de septembre 1502 : « en el dicho año (1502) en el mes de Setiembre vino à Cadiz, Bastida,., habia veinte 3 tres meses que habia partido de acà » (Bernaldez, Historia de los Reyes Catolicos, cap. CXCvI, Sevilla, 1870, in8, t. II, p. 253). L'assertion de Herrera (Decad. I, lib, iv, cap. xt, P. 116) qui place le départ de Bastidas au commencement de janvier 1501 est donc inexacte.

st JEAN ET SÉBASTIEN CABOT

qu’il reconnaît avoir été faites par les Anglais, une date antérieure à 1497, ni que ses contours cartographiques résument seulement les résultats alors connus de leur premiére expédition.

La carte attribuée à Cabot ne porte ni date ni lieu d'impression; mais une légende expose qu'elle fut dressée « en 1544 par Sébastien Cabot, capitaine et pilote major de Charles-Quint'. »

Nous avons l'original de cette rare et curieuse mappemonde sous les veux.

Sur l'extrémité extérieure d’une péninsule, qui paraît correspondre à 47°5’ de latitude nord, c’est-àdire la partie la plus septentrionale de l'ile du cap Breton, à l'entrée du golfe Saint-Laurent, on lit: prima tierra uista », et, plus à l’ouest, à l’intérieur de ladite péninsule, le cartographe a répèté «prima uista.» Ce ne serait pas encore précisément la terre ferme, puisque cette fierra est séparée du continent par le détroit de Canso; mais on comprend que pour Îles Cabot cette terre ait paru être le continent.

A l’ouest de ladite péninsule, sur une vaste étendue répondant au Canada, en plein continent, on relève ces mots : « De la tierra de los bacalla = os ne a tabla primera N° 3. »

La mappemonde se termine à droite et à gauche par deux séries de légendes numérotées de 1 à 17, puis de 18 à 22, imprimées en caractères romains

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