‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 38 sur 219 · Hora ÿ. sub diluculo »; légende; no 8, appendice VIL · texte numérisé non relu

Hora ÿ. sub diluculo »; légende; no 8, appendice VIL

dans ces délintations une fidèle copie des pures de Jean Cabot ou de son fils ?

I importe de résoudre cette question, car si la carte de 1544 a été dressée entiérement de mémoire ou d'après des relevés faits par des cartographes français ct portugais, trente ou quarante ans après la découverte, toutes les analyses de ce document péchent par la base, et c'est peine perdue de s'évertuer pour en résoudre les points douteux.

Non seulement Sébastien Cabot était pilote major, mais il occupait aussi la chaire de cosmographie à la Casa de Contratacion de Séville', Bien que nous ne le voyions pas qualifié, comme Juan Vespucci, Diego Ribeiro, Alonso de Chaves ct Diego Gutierrez, de Cmacstro de hacer cartas », il ne pouvait guére contrôler l’enseignement des cosmographes de S. M. ainsi

1, L'hôtel du Négoce des Indes à Séville (Casa de Contratacion de las Indius}, fut établi par cédule royale du 14 février 1503 (Ordenanças reales para la Casa de la Contratacion, Sevilla, Martin de Montesdoca, 1553, in-fol., et Veytia Linage, Norte de la Contratacion, Sevilla, 1672, in-fol., lib. I, cap 1, p.2), mais nous ne savons en quelle année on ÿ fonda une chaire de cosmographie. Selon la nomenclature des professeurs que donne Navarrete (Disertacion sobre la Historia de la Nüutica, Madrid, 1846, in-8o, p. 134), Sébastien Cabot en aurait été le premier titulaire : « se estableci la cütedra de cosmografia y navegacion que explicaba el cosmigrafo de la casa, como lo hicieron Sebastian Cabolo, Alonso de Chuves, Alonso de Santa Cruz. » Nous voyons par la cédule du 11 juillet 1552, que Chaves (nommé cosmographe et pilote major en 1528), fut chargé de suppléer Cabot en sa chaire de cosmographie : « se le mand6 regentar la cätedra de cosmografiæ, que Sebastian Caboto, ausente en Ingla= lerra, babia enseñado en la casa de lu contralacion de Sevilla » (Nav., Biblioth, Varit., t, II, p. 16). D'ailleurs le pilote major était en vertu de ses fonctions, «censor del caledrütico de cosmografia, »

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que ses fonctions de pilote major le lui commandaient, ni faire son propre cours, sans expliquer des planisphères et surtout des cartes du Nouveau-Continent, partie du monde dont il Ctait spécialement chargé". Ces planisphères et ces cartes devaient être de sa main ou dressés sous sa direction, etcomprendre nécessairement ce qu'il savait de la géographie de l'Amérique septentrionale.

Les cartes originales de Cabot n'existent plus depuis longtemps. A leur défaut, les documents cartographiques émanant des professeurs espagnols chargés d'enseigner la cosmographie à Séville, à l’époque où il était encore titulaire de sa chaire et du poste de pilote major, doivent forcément représenter et rèsumer les connaissances cosmographiques de leur collègue. A ce titre, les mappemondes sévillanes des trente premières années du xvi' siècle présentent un véritable intérêt.

Deux monuments précieux de ce genre ont échappé aux ravages du temps. Ce sont les fameuses cartes dites de Weimar”.

Ces belles mappemondes sont d’autant plus importantes qu’elles paraissent avoir été dressées, sur l'ordre de Charles-Quint, par la commission de pilotes

1. « Sebastian Cabote, grand Pilot of the emperor's Indies, » Strype, Ecclesiastical Memorials, Oxford, 1822, in-8, t. Il, part. 1, p. 296.

2. J. G. Kohl, Die Beiden Allesten General-Karlen von Amerika, Weimar, 1860, gr. in folio.

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et de cosmographes que présida Fernand Colomb. Cette commission avait pour but de corriger les anciennes cartes espagnoles et de les mettre au courant des découvertes maritimes accomplies depuis le commencement du siècle, On peut donc les considérer comme des documents officiels.

La première de ces cartes est de l'année 1j27, et l'œuvre d'un cartographe anonyme" qui s'intitule : « Cosmographe de Sa Majesté.» L'autre est de 1529, et signée par Diego Ribeiro’, professeur de cosmographie à la Casa de Contratacion.

Les contours dans les deux cartes sont identiques; mais rien ne ressemble moins à la section de la carte de 1544 qui nous occupe, que la même section dans ces œuvres de l’hydrographie espagnole.

Comme le démontre M. le professeur Kohl par ses utiles réductions de portulans du xvre siècle’, le profil du littoral américain en toute son étendue septen-

1. Selon Herrera (Decad. III, lib, X, Cap. XI, p. 294), cette commission se serait réunie en 1526. Navarrete (Opiseulos, t. II, p. 63) parle d'une « junla de pilotos y cosmografos, que se formo paru arreglar las cartas de navegar, » laquelle serait de l'année 1536, et où Santa Cruz présenta son nouvel instrument pour observer la longitude,

2. Carta Universal, en que se contiene todo lo, que del Mundo se a descubierto fasta aora hizola un cosmographo de Su Magestad Anno M, D. XXVII en Sevilla. Infra dans notre Cartographie,

3. « Hizolu Diego Ribero Cosmographo de Su Majestad : Año de 1529. » Kohl, loe, cit.

4. History of the Discovery of Maine, t, 1, de la Documentary History of the

State of Maine, Portland, 1869, in-80, Compendium excellent et qui novs a été d’un très grand secours.

trionale est copié des cartes portugaises. Or, ces dernières ne font que répéter les contours de la carte de Pedro Reinel, dressée en Portugal vers 1505.

Dans lesdites mappemondes du cosmographe de S. M. et de Dicgo Ribeiro, Terre-Neuve n'est pas encore détachée du continent et il n’y a même pas de golfe Saint-Laurent, C'est assez dire qu'on ne doit y chercher ni île du cap Breton, ni île du Prince-Edward, ni aucun des aspects qui dans le planisphère de 1544 permettent de suivre les traces de Jean Cabot et de son fils en 1497. Nous reviendrons sur les constquences que le critique doit tirer de cette dissemblance assez inattendue.

Il y avait aussi la carte dressée par Alonso de Chaves sur l'ordre de Charles-Quint en 1536, et qui devait résumer toute la science des cartographes espagnols. Postéricure de deux ans aux premitres explorations de Jacques Cartier, peut-être présentaitelle de nouveaux contours que Sébastien Cabot put étiqueter, comme il le fit en 1544. Malheureusement elle a disparu. Il n’en reste plus qu’une description donnée par Oviedo', trop succincte en ce qui concerne les parages de la Nouvelle-Écosse et du Labrador pour permettre de reconstruire le détail des délintations de Chaves. Nous remarquons cependant ‘que le golfe Saint-Laurent, à peine indiqué, n’y est pas nommé, tandis que mention est faite d’une île « Sanct

1. Historia General ÿ Natural de las Endias, Madrid, 1852, in-4°, lib, XXI, cap. X,t. I, p. 148 sequitur.

Johan » située à l'estuaire méridional de la baie, voisine de la terre ferme, mais de dimensions trop grandes pour être l'ile ainsi nommée par Cabot, puisque Chaves lui donne une circonférence d'environ cent quarante-cinq lieues", Cette carte ne devait donc pas être plus explicite ni moins erronte que ses devancières sévillancs,

Ce défaut de connaissances paraît singulier de la part de collègues de Sébastien Cabot. Il enscignait à leurs côtés depuis quinze ans: Ferdinand d'Aragon l'avait fait venir d'Angleterre ou avait accepté des offres de service’, justement à cause de ses découvertes dans ces parages, ct rien ne le portait à faire mystére de ce qu'il savait sur la configuration géographique du Nouveau-Continent. Il ne pouvait pas non plus expédier dans ces régions Lucas Vasquez de Ayllon, Estevam Gomez, Diego Maldonado et Gomez Arias, sans les munir de cartes comprenant une description aussi exacte que sa science le lui permettait des côtes que ces navigateurs Ctaient chargés d'explorer ct des pays que Charles-Quint voulait coloniser,

Peut-on aussi admettre que quand le cosmographe

anonyme de Sa Majesté dressait en 1527 SON curieux

1, & Tiene de çircunferençia giento é quarenta é çenco le guas, » Ibidem,

2. Voyez infra notre chapitre XI, et dans l'appendice XVI la lettre de Ferdinand en date du 13 septembre 1512, où le monarque rappelle à Cabot que Conchillos et Fonseca l'ayant entretenu « sobre la navegacion à los Bacallaos », Cabot « ofrecisteis servirnos ».

planisphèére ou en réunissait les matériaux", il ait négligé de consulter Sébastien Cabot sur les pays du Labrador et des Bacallaos découverts et maintes fois explorés par ce dernier? Un indice de ces conseils se retrouve, ce semble, dans la carte de Ribeiro, copite sur celle de son colltgue anonyme. Ainsi, alors que les explorations des Cortercal avaient fait oublier ou disparaître d’un si grand nombre de cartes les découvertes accomplies par les Anglais, on lit sur cette mappemonde de 1529, en travers du Labrador, la légende : « Esta tierra descubrieron los Ingleses de Brislol » ; — hommage discret rendu évidemment par Ribeiro à son collègue Stbastien Cabot, qui, aux termes de ce document même, se trouvait à cette époque dans les savanes du Brésil”, Et, cependant, rien de moins complet, rien de plus inexact que les profils septentrionaux de ces cartes, malgré leur caractère officiel et habileté reconnue des cosmographes qui furent chargés de les dresser.

Se fondant sur une assertion de sir Humphrey Gilbert”, des critiques sont portés à croire que les

1. Cabot s’embarqua pour la Plata en avril 1526, mais l’on doit présumer qu’un planisphère de cette import : *, terminé en 1527, exigeait au moins une année de préparation.

2. « Esta lierra descubrio Juhan de Solis en el año de 1515 0 16. donde aora esta Sebastian Gaboto en vna casa fuerte que alli hizo. »

3. «€ The Spaniards and Portugals… have commanded tiat no pilot of theirs upon paine of death, should plai out in any sea card, any thorow passage, » Discouerte, dans Hakluyt, t. II, p. 23. Nous voyons seulement que le pilote major ne pouvait sous de graves pénalités faire commerce de ses cartes : « hacer carlas de marear para vender » et qu'on les gardait dans un coffre sous

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JEAN ET SÉBASTIEN CABOT 5 lacunes et les délincations insignifiantes qu'on remurque dans ces cartes ont été voulues, afin de ne pas mettre les Anglais ct les Français sur la voie d’un passage au Cathay par le nord-ouest; mais les Anglais, qui avaient découvert ct continuaient à explorer ces régions depuis trente ans, ne pouvaient assurément rien apprendre des Espagnols, dont les expéditions n'avaient encore atteint que 42930", |

Non, ce ne sont ni des omissions politiques ni des oublis. Un aveu échappé à Ovicdo détermine la cause de ces configurations inexactes et contradictoires, Lorsque, décrivant d’après la carte de Chaves le littoral de l'Amérique septentrionale, ce chroniqueur atteint la hauteur du cap Breton ct veut aller au delà, des contradictions surgissent à ses yeux. Il

deux clefs, dont une était confite au pilote major et l'autre au cosmographe le plus récemment nommé, afin que ces cartes ne pussent ètre vendues avant d'avoir été approuvées. (Vcitia Linage, Norte, lib, II, cap. x1, p. 146.) Un document curieux et peu connu, est l'acte passé devant Me Simone Capello, notaire à Savone, le 30 septembre 1531, par lequel Leonc Pancaldo, le compagnon de Magellan, s'engage envers l'agent du roi de Portugal, moyennant une compensation de 2,000 ducats personne la route des Pays nouvellement découverts, carte géographique montrant le chemin qui y conduit, (G. B, Belloro, Elogio di Leone Pancaldo, cité par M. Desimoni, Elenco di Carte, dans 1e Giornale Ligustico, pour février et mars 1875, pe 56.)

1. Les expéditions des Espagnols aux côtes de l'Amérique septentrionale, furent celle de Lucas Vasquez de Ayllon en 1520, qui atteignit seulement Je 33° degré N, ct l'expédition de Estevam Gomez en 1525, dont la limite extrême fut 420 30 : « desde guarenta é un grados hasta quarenta é dos y medio. » (Oviedo, Historia General de las Indias, Madrid, 1852, t. II, lib. XXI, cap. N, pe 147.) Dans le Sumario (Cap. X, p. 16 de l'édition de Barcia), il dit seulement : « en guarenta Grados, i quarenta ivno, »

, à n'enscigner à et à ne faire aucune

les explique ainsi : « On n’a presque aucun détail concernant les golfes au nord de ce pays, et les informations de Chaves pour ses délinéations ne paraissent pas avoir été exactes. Aussi existe-t-il sur les cartes et entre les cosmographes, au sujet de ces côtes septentrionales, de grandes différences". »

Les défauts que nous avons signalés ne s’expliquent donc que par l’état des connaissances gtographiques des Espagnols et des Portugais à cette époque. On peut constquemment affirmer que si leurs cartes sont vagues et incomplètes, c’est parce que ni les uns ni les autres n’en savaient pas davantage.

D'où proviennent alors les profils relativement plus complets de la Nouvelle-Écosse et des deux estuaires du golfe Saint-Laurent qu’on remarque dans le planisphère cabotien de 1544?

Ils ne peuvent provenir que des cartes françaises dressées à la suite des voyages de Jacques Cartier.

De tous temps, les marins du littoral de l’Atlantique pêchaient la morue franche dans les mers septentrionales de l’Europe, et il se peut que les nations germaniques aient été les premières à nommer ce poisson, inconnu dans les mers qui baignent l’Espagne et le Portugal. Nous n’osons cependant

1, « En est tierra hay poca notiçia en las cosas particulares de las enseñadas del Septentrion, y piensso que él! Chaves] debeestar informado para lo que pinta en esso, no tan puntualmente como seria. Ë assi bay muchas diferencias en essa costa del Norte en las cartas de navegar y en los cosmographos, » Oviedo, loc, cit, p. 148,

Esant

ñadas ia en costa

affirmer que le mot allemand backljau', employé pour désigner la morue, soit le principe des dérivés qu'on trouve dans les langues basque, portugaise et espagnole : bacailhaba, bacalhao, baccala®.

Que ce soient les Cabot, ou bien les Cortereal, qui à leur retour firent connaître l'existence des bancs de Terre-Neuve, il est certain que les pécheurs bretons, normands, basques ct portugais sc hâtérent de les exploiter dés le commencement du xvi® siècle”, et qu’ils ne cessérent d'y retourner

1. Kabbeljoutve où Cablianwce, transposé en Backljau, d'où Bacalhao et Baccala. (M. le Prof. Kohl, Discovery of Muine, p. 189, note, qui y voit un dérivé de « bolch », poisson.) Belche, balche, figure déjà comme nom de poisson sur un registre de St-Gall de 1360, mais il désigne une sorte de saumon, Le supplément du Mittel Deutsches Wôrterbuch de Schiller et Lubbler, Bremen, 1880, cite des exemples de Æubelow et kabblaw de l'année 1381.

2. « Baccalarius, baccallao, backljaw, kabbljaw dans la Bibliographia critica porlugueza, Porto, 1873-75, t, L, p. 373-374. Pour Littré (Dict., art, Cabillaud), Kabeljaamc est un dérivé, par renversement, de bacailhaba, nom basque de la morue, « d'où l'espagnol bacalao et le flamand bakkeljaw. » Selon Pedro Martyr (infra, append, XV) ce serait un mot indien.

3. Lorsque John Rut arriva dans la baie de St-Jean, le 3 août 1527, il y vit onze navires de pêche normands, un breton et deux portugais (Samucl Purchas, His Pilgrimage, Lond., 162$, in-fol., t. V, p. 822). Il faudrait mème lire « cincuenta naos castellanus & francesas, € bortuouesas, » si la lettre écrite par l’Audience de Hispaniola le 19 novembre 1527 (MS. de la collection Muñoz, t. LXXVII, f 19, citée par M. Duro, Arca de Noë, Madrid, 1881, in-8, p. 316) se rapporte à Rut et non à quelque autre capitaine anglais, Cartier lui-même, lors de son premier voyage, le 12 juin 1534, rencontra dans la rivière St-Jacques (Baie des Rochers) « une grande Nave qui estoit de la Rochelle, » occupée à pêcher le saumon. (Voyage de Jacques Cartier, Paris, Tross, 1865, p. 27, ct MS., fonds Morcau, 845, n° 5.) A peine Roberval venait-il d'arriver au Canada, en 1541, qu’il dut réprimer « a guarrell

behveene some of his countreymen and certain Portugals, » (Hakluyt, Princip. Navig.,t, III, p. 241.)

chaque année. Pour sécher ou saler le poisson, ces hardis marins descendaient souvent à terre : de là des stations' qu'ils durent nommer ct fixer sur des cartes. Les profits des pêcheries amencérent aussi la formation de compagnies maritimes”, qui, disposant de plus grandes ressources, purent embarquer des pilotes capables. Ceux-ci rapportérent de ces régions des épures dont les cartographes firent certainement usage. Les plus cosmopolites et les plus instruits étaient évidemment les Portugais’, et c’est dans leurs portulans qu'il faut chercher les descriptions

1. Des Portugais de Viana colonisèrent même, paraît-il, le cap Breton dès l'année 152$, (Francisco de Souza, Tratado das Ilhas Novas, édition de M. Ernesto do Canto, Ponta Delgada, 1877, in-80, p. 5.) Sir Humphrey Gilbert parle d'anciens établissements portugais à l'ile de Sable, sur les côtes de la Nouvelle-Écosse, qui n'est sépartedel’îledu cap Breton que par le détroit de Canso.

2. Ces pays furent même concédés par le roi Manoel le 13 mars 1521 à Joûo Alvares Fagundes. La cédule fait allusion à une concession antérieure qui ferait remonter les explorations de Fagundes à plusieurs années auparavant. On y relève aussi des noms, dont plusieurs se retrouvent dans les cartes portugaises et lusitano-françaises : Buia d’agoada (l’Auorobagra de Henri II ?) Sam Joum (Reinel, Ribeiro), Sum Pedro (Reinel, Ribeiro), Santa Ana, Santo Antonio (Salvat de Palestrina, Ribeiro, Henri Il, Cabot), Sam Pantaliam, Pitigoeme, Onze mil virgens (Viegas), Santa Cruz « que està no pé do banco » (Cabot et la Ste-Cro.x. de Vallard). Le texte de cette Carta de Doacdo a été publié par M. E.-A. de Bettencourt, Historia dos Descobrimentos.… dos Portugueses em terras de ultramar, Lisboa, 1881, p. 132-135.

3. Voir les lettres-patentes octroyées par Henry VII le 19 mars 1501 « ac dilectis nobis Johanni Fernandus, Francisco Fernandus et Johanni Gunsolus, armigeris in Insulis de Surrys (les Açores) sub obediencia Regis Porlugalia oriundis » (Biddle, Memoir, p.312) et l’histoire des Faleiro, de Magellan, des Reinel, de Estevam Gomez, de Diego Homen, fixé à Venise, de Andreas Homo, fixé à Anvers, etc., etc.

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qui seules permettent au critique de préciser l’étenduc des connaissances géographiques au xvre siècle concernant l'Amérique septentrionale.

Un curieux document de ce genre est Île portulan de Gaspar Viegas', cosmographe portugais. I] est daté de 1534, et, à ce titre, trés intéressant, car c'est l'année du premier voyage de Jacques Cartier. Le document cartographique le plus rapproché * de cet atlas, parmi ceux qui sont aujourd’hui connus, est le beau planisphére apparemment dressé pour François L*, et dont nous rcparlerons.

Bien que moins de dix ans se fussent écoulés entre la confection du portulan de Viegas- et Ja rédaction de Ja carte royale précitée, les contours dans cette derniére accusent un progrès dain que considérable, L'ile de Terreplètement séparte du continent; le golfe et Je fleuve Saint-Laurent avec les îles et les affluents sont exactement à leur place, et l'ile du cap Breton S'avance au nord en formant un promontoire trés nettement tracé.

Cest que dans l'intervalle il s'était passé un fait de la plus grande portée : Jacques Cartier avait par trois fois exploré toutes ces régions.

aussi sou- Neuve est com-

I, Bibliothèque nationale de Paris, départ, des cartes, No 18752, Kohl, Discovery of Maine, No XIII A, et notre Cartographie, infra,

2. Nous n'avons pu examiner l’atlas de John Rotz, daté de 1542, ni la carte de Harley, qui est à peu près de la même époque (British Museum. Old Royal Lib., MS. 20 E. IX et Add. MS, s4r 3.)

3: Mappemonde dite de Henri II : Jomard, Monuments de la Géogr. N° XIX.

Parti « du hable et porct de Sainct-Malo le vingticsme jour d’Apuril Mil cinq cens trante quatre, » Cartier atterrit le « dixiesme jour de May » à Terre-Neuve par environ 48°20’, remonta jusqu’au détroit de Belle-lsle, y entra et descendit en rangcant la côte jusqu’à la hauteur de l'ile d'Anticosti. Il cingla alors droit à l’est, aborda à la pointe méridionale de Terre-Neuve, revint à l’ouest vers la baie des Chaleurs, la contourna jusqu'au littoral du Canada qu'il suivit en ne s’arrêtant qu’à Belle-sle, d'où il déboucha dans l'Atlantique « le quinziesme jour d’Aoust » pour s’en retourner à Saint-Malo, où il arriva « le VE jour de Septembre » 1534.

L'année suivante, au cours de son second voyage, Cartier fouilla presque toute l'étendue du golfe, explora le Saguenay, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Charles. Au retour, Le 1° avril 1535, il releva une grande partie des îles dont le golfe est parsemé, y compris, nécessairement, celle du Prince- Edward, reconnut le nord de l’île du cap Breton, d’où il passa à la côte sud-est de Terre-Neuve. Débouchant cette fois par le grand banc, il revint directement à Saint-Malo. Son voyage avait duré du « dix neufiesme jour de May, en lan mil canq cens trente cinq » au 6" ou au 16 * juillet 1536.

1. « Tellement que le vi" jour de luillet sommes arriuez au hable de Sainct Malo ». MS. 5644, f. 57 verso. L'édition donnée par Ponce Rofiet à Paris en 1545 (exemplaire de la bibliothèque de Rouen, fonds Montoret, p 545) porte aussi au verso du f. 46: « le 9. iour de luillet 1536 », date

qu'on retrouve également dans Ramusio (Raccolla, 1565, t. IL, [. 415). 2, « Tellement que le seiziesme j", de Juillet sommes arriuez au hable de

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Notre description est empruntée aux relations originales des deux voyages, d'aprés les manuscrits contemporains conservés à la Bibliothèque nationale de Paris,

Ces documents sont probants puisqu'ils tracent pour la premiére fois le parcours d'une exploration complète ct détaillée du golfe Saint-Laurent ainsi que des terres adjacentes, Jacques Cartier est donc le premier navigateur dont nous puissions accepter tous les dires concernant ces régions, ct en tirer parti. Malheureusement, nulle description de côtes m'est complète sans une carte, et il n'existe plus depuis deux sitcles de documents cartographiques provenant directement du navigateur dicppois ou de ses pilotes *,

Sainct Malo. » MSS. 5053, L 56 recto, et 5589, donne aussi Lescarbot : « le sciziéme France, Paris, 1612, p. 394.) Cette date du 16 paraît exacte, car Cartier n’a pu guère faire la traversée de la baie des Trépassés à St-Malo en dix-huit jours, Notons cependant que, lors de son Premier voyage, parti des parages de Belle-Isle le 15 août, il arriva à St-Malo, malgré des vents contraires, le $ septembre suivant, 1. Pour le premier voyage, fonds Moreau, Ne 841, ex-Fontette, ct, pour le Second, fonds français, Nos 5589, 5644 et 5553, in-folio, Cf. nos Notes pour servir à l'histoire, à la bibliographie et à la cartographie de la Nouvelle-France el des pays adjacents, Paris, 1872, in-8, P. 2, seg 2. Elles existaient encore à la fin du xvre s session d’un nommé Cremeur « 4 certaine boole made in maner of a Sea Chart, rich was dratvne by the hand of my uncle, which is in the bossession of master Cremeur : wchich Looke js Cassing well marked and draivne Jor all the Riuer of Canada, » Voir lalettre de Jacques Noël, de St-Malo, neveu de Jacques Cartier, adressée à M. John Growte, étudiant à Paris, dans Hakluyt, Principall Navigalions, t. IIL, p. 256,

f. 62recto, C'est la date que jour de luillet. » (His. de la Nouv.

iccle, et se trouvaient en la pos-

On peut cependant se représenter ces cartes, ct même les reconstruire dans leur ensemble par les récits, qui sont à certains égards des routiers, ct aussi en interrogeant les portulans contemporains des explorations de Cartier.

M. Jomard possédait en 1842, un planisphère, assurément le plus beau monument cartographique du xvif siècle qui nous soit parvenu. Non seulement l'exécution artistique en est admirable, mais la précision relative des contours et l'abondance des renseignements devaient surpasser tout ce que les cartographes avaient produit jusqu'alors.

On l'appelle la mappemonde de Henri Il; mais, disent MM. Jomard et d'Avezac, « cette carte a etc reconnue, après examen, plus ancienne que le règne de ce prince, et remonter à François It; des indices certains constatent qu'elle a été exécutée en l’année 1542'.»

Lorsque après avoir examiné sucessivement les cartes portugaises, espagnoles. et italiennes dressées dans la première moitié du xvit siècle, le critique s'arrête à cette mappemonde, il est frappé du grand progrés accompli dans la connaissance des côtes de l'Amérique septentrionale. S'il la compare à la carte cabotienne de 1544, la ressemblance qui existe entre les délinéations du Nouveau-Monde dans ces deux cartes, ne laisse pas non plus de le surprendre. L'une

1. Monuments de lu Géographie. Sommaire et planche XIX, Bulletin de l’Académie des Inscrip. et Belles-Lettres, pour août 1867.

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et l’autre divisent encore Terre-Neuve en segments, erreur qu'explique la tradition, si persistante en cartographie, et les échancrures extrêmement profondes de cette île, dont le caractère exact ne pouvait étre déterminé qu'après un relévement minutieux de toute la côte; mais l’île est absolument détachée de la terre ferme. Le golfe Saint-Laurent dans tous ses contours, avec la Gaspésie, la baie des Chaleurs, le canal de Northumberland, la péninsule de l'île du Cap-Breton, s’y trouvent nettement définis. Le fleuve Saint-Laurent et l’île d’Anticosti sont en outre identiques dans les deux cartes, les premières qui contiennent des renseignements aussi détaillés.

Si ces tracés, dans la carte de Cabot, provenaient de ses propres explorations en 1497 ou depuis, on retrouverait des délintations équivalentes dans les portulans dressés en Espagne et même en Portugal avant l’année 1544, date de la carte cabotienne. Or, c'est dans la mappemonde dite de Henri IT que ces lignes se voient pour la première fois, et, comme elles répètent cet confirment les descriptions authentiques des voyages de Jacques Cartier, c’est parmi les cartes françaises qu’il faut chercher le prototype du planisphère de 1544.

I est évident qu’à une époque où l'Espagne ne cessait de revendiquer tous ces pays', un pilote

1. Buckingham Smith, Colecion de varios documentos para la bistoria de la Florida y tierras udyacentes, Madrid, 1857, in-40, t, I (seul publié). Voir aussi

l'intéressant passage de la Cosmographie avec espere et regime du Soleil et du Nord, rédigée par Jehan Alfonce et Paulin Secalart, « pour faire service au

major de Charles-Quint aurait été mal venu à reconnaître le bien fondé des prétentions de la France, en conservant sur une carte espagnole des appellations absolument françaises. Par exemple, la partie de l'Océan Atlantique qui baigne les côtes du Canada ne pouvait continuer à être qualifiée de Mer de France, et ainsi des autres noms. Aussi remarque-t-on sur la carte de Cabot un certain nombre de désignations nouvelles et uniques". Il y en a d’autres qui ne sont que des noms français défigurés dont on paraît avoir ignoré l'origine, et parmi ceux-ci, nous distinguons en premicre ligne des appellations provenant directement de Cartier : « la aga de golosme, » pour lac d’Angoulême, «golosme * », pour Angoulême, et le « Rio de S. quenain, » évidemment la rivière du Saguenay, noms placés tous aux lieux mêmes où on les lit sur le planisphère dit de Henri IL.

Est-ce à dire que Cabot a copié directement cc document? Non, assurément.

Au xvit siècle, les cartes marines ne s’exécutaient pas de toutes pièces." Elles n'étaient, à proprement

roy, » en 1544-1545 (MS. Bibliot, nationale de Paris, fonds français n° 676, in-fol.): « Le roy d'Espaigne et le roy de Portugalont faict partaige de l'universel... etc. »

1, Kohl, Documentary History of Maine, p. 365.

2. On trouve cette dénomination d’Angoulème (Anguileme et Angoulesme) dans Ja carte de Maggiolo de 1527, et dans celle de Gastaldi; mais il est donné à une localité du littoral de l'Atlantique, tandis que dans la carte de Cabot, comme dans celles de Henri II et de Vallard, de Dieppe, on ne voit ce nom que sur le fleuve Saint-Laurent, en amont même de la ville de Québec d'aujourd'hui.

parler, que des éditions revues, remanices, ct plus ou moins complétées de cartes antérieures, mais sans que les modifications portassent jamais sur de grands espaces. C'est pour cette raison qu'on voit figurer pendant si longtemps des régions, des îles et des noms absolument imaginaires, à proximité même de pays soigneusement explorés'. La carte royale ne représente donc que le point culminant de la science géographique vers l'an 1543.

Alors, comme maintenant, les pilotes de tous les pays échangeaient volontiers entre eux des relevés de positions et de côtes. De retour dans leur pays, ils les communiquaient à des cartographes de profession, quand ils n'étaient pas eux-mêmes capables de dresser un portulan, ce qui Ctait rare. Ces documents de qualités diverses devaient être très recherchès dans les grands ports de mer ; on comprend facilement que Cabot s’en soit procuré qui pouvaient provenir des pilotes de Jacques Cartier et de Roberval, où même des nombreux patrons de pêche normands ct bretons lesquels, depuis les expiditions de Jehan Denys, de Thomas Aubert et du baron de

1. On retrouve encore l'ile des Sete ciudades dans le planisphère de Henry I, et celle des Sept citez sur la carte de Mercator de 1569.

2. I résulie d'un document de la collection Muñoz (t. LXXNTIT, fol, 209 cité par M. Duro (Area de Noé, p. 316), qu'à la suite du deuxième voyage de Jacques Cartier, Charles-Quint envoya une caravelle au pays des Bacallios afin de connaître l'étendue de l'exploration accomplie par le navigateur fran çais : « En carta dirisida por el Embajador en Portugal al Comendador mayor de Castilla el mismo año de 1541, cuenta que ha recibido relacion de una carabella que el Emperador mundi à los bacallaos para inquirir adünde fuëé Cartier. »

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Léry n'avaient cessé, comme nous l’avons déjà dit, de fréquenter ces parages.

Nous croyons cependant que Sébastien Cabot a fait sa mappemonde sur un modèle portugais imité d'une carte française très voisine par la date et l'exécution du célébre planisphère de Henri IL.

La conclusion que nous tirons de ce rapprochement, c’est que les éléments géographiques qui ont servi à construire la mappemonde cabotienne, sont d'un demi-siècle postérieurs à la découverte du Labrador, et qu'ils ne proviennent ni de Jean Cabot, ni de son fils Sébastien. Ce dernier, en 1544, faisant œuvre à son tour de cartographe, a emprunté ses principales données à une carte française ou portugaise, et, approximativement, de mémoire, il a fixé son atterrage de 1497 sur un point quelconque du promontoire de l'ile du Cap-Breton, dont jusque-là il n’avait probablement qu'une vague idée.

Si notre théorie est exacte, le lecteur se rendra compte du peu de garantie qu'offre un point d’atterrissement cCtabli dans ces conditions, et combien peuvent être contestables les contours qui servent de base à une approximation aussi tardive. Et si l’on ajoute que la carte elle-même n’est pas l’œuvre directe de Cabot, mais une planche gravée en Allemagne ou dans les Pays-Bas, loin de ses yeux et de son contrôle, pour un éditeur qui de son chef

it, a ajouté aux légendes espagnoles des traductions latines inexactes et ampoulées', le critique est en a droit de se demander s'il peut faire grand fond sur té ce trop fameux planisphére.

ct La légende rédigée en espagnol et portant le N° 8, seule (sauf en ce qui concerne la date de 1494) échappe à nos critiques. Le lecteur cependant remarquera qu'il en ressort ce simple fait, que le 24 juin xs 1497, Jean Cabot et son fils Sébastien découvrirent k: une terre, ct, le même jour, une île qui en ctait le voisine.

ee Selon la carte attribuce à Sébastien Cabot, cette de terre Scrait le promontoire du Cap-Breton, et l'île a adjacente celle du Prince-Edward.

se Mais un doute nouveau s'élève dans notre esprit. is Est-ce bien à l'ile du Cap-Breton qu'il faut définiî tivement placer la prima vista des Cabot en 1497? ee Si l'on s’en tient aux délincations de la carte de 1544, il n’y a pas à hésiter, et le critique doit sis répondre affirmativement.

La carte, Je lecteur doit se Je rappeler, est accompa- . gnée d’une note explicative où il est dit qu'après avoir

atterri le 24 juin, Cabot découvrit le même jour une

integerrimi uiri Ioannis Caboti natione Veneti, gandis:.e arte omnium doctissimi, eêus filij Partem diu nostratibus clausam aperuerunt,

grande île voisine de la terre qualifiée par ce navigateur de « prima tierra vista. »

Les îles à proximité de cette terre, lorsqu'on s'avance du cap Percé pour entrer dans le golfe Saint- Laurent sont, d’abord, une très petite île, Saint-Paul, à l’extrémité du cap North, puis, après avoir doublé ce cap, les îles du groupe de la Madeleine, toutes de peu détendue, enfin, au sud de ces îlots, la grande ile du Prince-Edward.

Les îles Saint-Paul et de la Madeleine sont beaucoup trop petites pour qu'aucune d’elles puisse avoir été qualifiée par Cabot de « Isla grande. » L'île du Prince-Edward seule, dans ces parages, mérite ce nom, car elle est d’une superficie d’au moins 563,183 hectares.

La grande île nommée par Cabot « Sant Loan » cest donc, selon la carte, l’île du Prince-Edward.

Quelle que soit la configuration réelle de l’île du Cap-Breton et du littoral adjacent, nous sommes liés Par les assertions cartographiques de Cabot. O:;;, dans le planisphère de 1544, c’est à l'extrémité nord-est de l’île du Cap-Breton, sur le rivage même de l’Atlantique, en un lieu correspondant à celui appelé aujourd’hui le cap Percé, et non à l'intérieur du golfe Saint-Laurent, que se lit la fameuse phrase : « prima lierra vista. »

La carte porte aussi que Cabot vit cette premitre terre le matin : « por la mannana, » et qu’il découvrit le même jour : « el mismo dia, » une grande île,

laquelle, selon les données cartographiques que nous analysons, est l’île du Prince-Edward.

Le 24 juin 1497, à la latitude du cap Percé, le soleil se leva à 4 heures du matin et ilse coucha à 8 heures du soir. Cabot a donc forcément franchi Ja distance qui sépare le cap Percé de l’île du Prince- Edward, en scize heures au plus.

Du cap Percé au cap Est, qui est le premier point de l'île du Prince-Edward en vue quand on arrive du nord-est, il y a cent vingt-neuf milles marins.

Il nous paraît matériellement impossible que les Cabot à une époque aussi recule, aient pu franchir ces cent vingt-neuf milles en moins de seize heures!

On ne posséde pas de description précise du bâtiment que montaient ces navigateurs dans ce mcmorable voyage. Nous savons seulement qu'il était de dimensions restreintes : « uno picolo navielio, » ne portant que dix-huit hommes : « e cum XVIII

Persone se pose a la fortuna*. » Ce n’était donc qu’une sorte de petite caravelle à voilure légère; autrement, un équipage aussi peu nombreux que l'était celui des Cabot, après défalcation des personnes qui n'avaient Pas à ferler les voiles, n’eût pu la manœuvrer. La marche du petit navire, conséquemment, était peu rapide. Nous pouvons même Ja déterminer.

1. La traduction latine de la légende es cinq heures du matin : « Jora 5. Sub Seizième du temps à notre calcul,

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