‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 95 sur 219 · HYDROGRAPHIE DE JEAN ROTZ · texte numérisé non relu

HYDROGRAPHIE DE JEAN ROTZ

U-DESSOUS d’un écusson aux armes de Henry VIIT on lit

la déclaration suivante, qui sert de titre : « This boke

of Idrography is made by me Jobne Rotx, sarvant to the Kinges mooste excellent Majeste, God save his Majeste. »

A la fin :

« Heir endeth this booke of Idrography, made by me Jobne Rolx, sarvant to the Kinges mooste excellent Majeste in the yer of our Lord Gode J". V°, xuy, and of his regne the XXXWy yere. »

Le deuxième feuillet contient une longue dédicace au roi d'Angleterre, écrite en français, dont voici le commencement :

«A la tresexellente ct tressacrée (Majes té du Roy) mon souuerain signeur et maistre,

Nous voyons communement (tres puissant et tres noble prince) les hommes commencer leurs oeuuresauec certaine intention de les adrecer vgne part Et dieu tout puissant par son ordonnance les adrecer vgne aultre part auec milleure fortune po' louurier que souuente floys son propre espoyr ne luy promect quy est por confermer le commun prouerbe quy dict que {homme propose et dieu dispose) ce que moy mesme (Sire) ay presentement tresbien esprouue Parce que ja long tempsa ayant le desir et affection de faire quelque œuure plaisante et agreable au Roy de France quy adonc estoyt mon souuerain et naturel signeur Et apprez auoyr considre le monde estre assez Remply de cartes marines selon la maniere vulgaire je maduisay por le mieux de luy faire et drecer ung liure contenant toutte lidrographie ou science marine Pource quil nen auoyt par auanture encore veu de semblable Et aussy pour ce quil seroyt plus utille et prouffitable et de plus grand esprit et plus ayse et facile a manyer et regarder que ne seroyt vgne longue carte marine de quatre ou cinq verges de long Parquoy (sire) apprez auoyr mis accord entre

loppinion et le désir Je commencay lœuvre auec lentention deuant proposce mays comme ja elle estoit ou peu sen failloyt (accomplie) notre signeur quy de touttes choses veult disposer selon son plaisir la voullu adrecer vgne aultre part aucc milleure fortune que moy mesme nesperoys comme jestime veu que telle en a este lordonnance divine Laquelle nous congnoissons pour certain ne Rien faire ou disposer que por la milleure fin Ordoncqz trescher (sire) puys que dieu et fortune mont tant faict de grace et faucur que daconduire et gouuerner Ja navire de ma simple et petite personne errant etnauigant parles wndes et flotz de ceste mer mondayne Jusqz a puenir et arriuer por dernier Refuge poser lancre au tres noble et tresexellent port de vtre tant gratieux et desire seruice Pour Illec ancrer en repos et sauluete auec mon petit esquipage et mathelotage de femme et enfantz) il vous plaira daussy bon cœur receuoyr lœuvre par diuin voulloyr preordonnee destre presentee vtre serenissim personne. , »

Ce que nous devons retenir de cette épiître, c’est la phrase où l’auteur reconnait qu’il avait composé cet ouvrage parce que depuis longtemps il était animé du désir « de faire quelque œuvre plaisante et agréable au Roy de France quy adonc estoyt son souuerain et naturel seigneur. »

Jean Rotz était donc français de nationalité, et c’est en langue française qu’il rédigea d’abord son Hydrographie. C’est tout ce que nous savons de ce cosmographe, dont le nom est essentiellement flamand. Comme la vassalité des Flandres par rapport À la France fut abolie en 1526, ce n’est pas au nord de la Picardie qu’il faut chercher le lieu de résidence de Rotz, à moins qu’on ne veuille faire remonter la construction de son atlas À une date antérjeure au traité de Madrid, ce que les renseignements géographiques qu’il nous donne ne permettent pas d'admettre. C’est donc enFrance même que vivait ce cosmographe lorsqu'il émigra en Angleterre, ct il n’y a paslieu, conséquemment, de s’enquérir s’il fut un des Flamands qui passèrent dans ce pays avec Anne de Clèves en 1540 '.

Quant aux cartes qui nous intéressent, elles sont au nombre

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