‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 96 sur 219 · Malte-Brun, Hist, de la Géographie, t. I, p. 63t · texte numérisé non relu

Malte-Brun, Hist, de la Géographie, t. I, p. 63t

de trois. Grâce à l'obligeance de miss L. Toulmine Smith, qui a bien voulu en prendre un calque sur l'original conservé au British Museum', nous pouvons décrire la partie qui concerne les régions septentrionales du nouveau continent.

La moins importante de ces cartes (au feuillet 29), est une section du globe terrestre où la Nouvelle-Ecosse, du 45° degré de latitude jusqu’au 53° degré nord, est dénommée, « the new fonde Illande. » Terre-Neuve est fractionnée en cinq îles.

La seconde carte (au feuillet 22), donne une délintation très étendue du littoral du Groenland, ici appelé « cost of Labrador, » un simple profil des deux estuaires du golfe Saint-Laurent, et sept fragments de l'ile de Terre-Neuve, émergeant du cadre. Tous les noms sont portugais, et dans l’ordre des anciennes cartes lusitaniennes. Le détroit de Belle-Isle, très apparent, n’est pas nommé, La configuration générale de cette partie est identique à l’Harleyenne.

La troisième carte (au feuillet 24) est plus importante que les précédentes. L'entrée méridionale du golfe, le détroit de Belle-Isle, celui de Canso, la baie des Chaleurs, sont nettement tracés. Terre-Neuve est en dix fragments, séparés par un immense bras de mer de l’est à l’ouest. L'ile d’Anticosti est omise, et la nomenclature est presque entièrement portugaise. Quelques noms rappellent le prototype lusitano-français : « Cap de Ras, Ille de Joan estez, c. Bretons, ille verte. » Rotz a superposé deux ou trois légendes anglaises. Ainsi, sur l'Atlantique, parallèlement à Terre Neuve et à la Nouvelle-Ecosse, où lit : « Thenew fonde londe whar men gocth a fisching. »

Si on ne voit pas l'ile d’Anticosti sur la carte de Rotz, il faut

1. MSS. Royal 20. Ex. Nous renvoyons le lecteur À la description qui est donnée dans le Catalogue of the manuscript charts maps... in the British Museum ; London, 1844, in-8, t. I, p. 22. C'est également à miss Smith, habile paléographe, que nous devons nos autres calques de cartes de cette

admirable collection.

attribuer cette omission à un simple lapsus; mais la raison pour laquelle la fameuse île de St-Jean, dans l'Atlantique, n’y figure pas non plus, c’est que l'hydrographe franco-anglais s'est servi, pour toute la partie du littoral au sud du cap Breton, d’une carte lusitanienne plus moderne que le modèle de lHarleyenne, comme on peut s’en assurer par sa délinéation de l'embouchure du Penobscot. Pour la partie septentrionale, c’est une carte lusitano-dieppoise dont il a fait usage, apparemment le prototype de l'Harleyenne. Quant à la côte méridionale à partir du cap Breton, on relève les noms suivants, lesquels ne nous paraissent pas plus intelligibles que ceux donnés dans notre description de la carte dite de Harley : « Cabo de Rio, a portacam (?), C. do bertä, C. do bare” (?), oest zamo Rio da volta, capo da Rocha, Riodo taby (?), Rio das almadias, costa dagu lo (?), Gouffre dazcy (de la cruz?), Rio de Sanz (S. Juan?) cabo da (?), armpelagi, (arciepelago?), hermoses, B. de S. Jehä baptesti, C. de “Bona madre. »

Quant au texte qui accompagne les cartes, il ne contient aucune description géographique. Ce sont surtout des calculs. Si Rotz a évité soigneusement de reconnaître les explorations de Jacques Cartier, par des noms français, tels que Belle-Isle et la baie des Châteaux, qu’il a certainement connus, le lecteur remarquera que Rotz omet aussi de mentionner les découvertes des Anglais. Le fait est, qu'au milieu du xvr° siècle, les voyages des Cabot étaient oubliés. Il fallut le retour de Sébastien dans l'année 1547, pour en raviver le souvenir.

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