COMBAT POUR LA MORALE
POLÉMIQUE DU ROMAN DE LA ROSE ET AUTRES MÉMOIRES CONTRE LES ÉCRITS IMMORAUX
UAND Gerson prit la parole au sujet du roman de la Rose, ce n'était pas la première fois que sa voix s'élevait contre la corruption des mœurs et la dépravation du goût. Apprenant que la fête des Fous et celle des Innocents, dégénérées de leur simplicité primitive, souillaient les temples chrétiens de désordres et de sacrilèges, il écrivait de Bruges à Pierre d'Ailly. « Le corps de la chrétienté est couvert de plaies de la tête aux pieds. Tout se précipite du mal dans le pire, et chacun apporte sa part à la masse d'iniquités. » Il avait raison. Les drames pieux connus sous le nom de mystères avaient perdu leur naïveté et leur sens primitifs ; livrés à des confréries laïques, ils avaient donné lieu à de tels excès que la censure royale avait dû intervenir, et il fallait des lettres patentes pour les représenter. Un matérialisme grossier remplaçait dans la peinture et la sculpture, les œuvres pures, les créations exquises du Xiir siècle, et les figures grimaçantes naissaient sous le ciseau à la place des têtes de saints et des emblèmes religieux. Gerson, cherchant un remède au mal, avait déjà émis dans une lettre, l'idée d'une sorte d'inquisition destinée à rechercher tout ce qui se publierait de trop libre contre la foi ou contre les mœurs. En 1402, alors qu'il était revenu au cloître Notre-Dame, une grande agitation se produisit autour du roman de la Rose. Fie-
tion poétique et ingénieuse, cette œuvre, dont on trouve des fragments dans tous les recueils littéraires, avait été publiée par Guillaume de Lorris, et se composait de 4,000 vers. Dans cette allégorie, la conquête de la Rose^ c'est-à-dire de l'idéal de beauté entrevu par le héros, est facilitée ou entravée par divers personnages : Déduit et Joyeusete\ Liesse et Jeunesse^ Franchise et Courtoisie, ou bien Haifte, Avarice, Félonie^ Vilenie; et le roman s'arrête au moment où le jeune songeur se lamente au pied d'une tour dans laquelle est enfermé Bel-Accueil, qui devait mettre le comble à ses désirs.
Sans autre mérite qu'un grand esprit d'observation, cette œuvre demi-mythologique, production bizarre d'une littérature déjà un peu maniérée, n'était pas immorale, et n'aurait laissé dans les esprits aucun germe de vices. On en pouvait même tirer cette conclusion , que celui qui veut voir ses désirs couronnés, doit être constant, fidèle, doit supporter en patience épreuves et douleur, et qu'il sortira victorieux de l'épreuve s'il a « le cœur bon et entier ». Dans la fiction de Guillaume de Lorris, <c tout se pouvait assez passer, dit Gerson, mesmement entre chrétiens m. Malheureusement le poème n'en resta pas là. Cette première partie, composée sous le règne de saint Louis, fut reprise et continuée sous Philippe le Bel par Jehan de Meung, qui n'y ajouta pas moins de 1,800 vers, parfois cyniques et obscènes, mais qui le flétrit surtout d'un dénouement souverainement immoral. La seconde partie de l'ouvrage devenait un démenti donné à la première, où, si le ton était badin, la femme était entourée du moins de ce respect que la chevalerie avait enseigné à la France. On la rabaissait dans la seconde, au rôle ignoble d'instrument de plaisir, et la doctrine de matérialisme social posée par Jehan de Meung, bonne tout au plus pour le paradis de Mahomet, était le renversement complet des idées chrétiennes, et de tout ce qu'il y a de sacré dans la famille et la société.
Ce poème avait eu du succès : succès littéraire, succès de nouveauté, succès de scandale, et son auteur qui, l'ayant composé à l'âge de 19 ans, était mort presque centenaire, avait pu constater la triste vogue de son ouvrage et l'influence désastreuse qu'il exerçait. Tous cependant ne s'y trompaient pas. Avant même qu'on en discutât la valeur morale, un homme avait mis en doute déjà son mérite littéraire alors exagéré, et cet
homme s'appelait Pe'trarque. Ecrivant une lettre à Guido de Gonzague, duc de Mantoue, il la termine ainsi : « J'espère que vous accepterez avec plaisir l'offre que je vous fais de mes œuvres en langue vulgaire, et de celles d'un étranger dont le volume est ce qu'on peut offrir de plus précieux en don, si la France et sa capitale ne se méprennent pas. — Tout à vous, et portez-vous bien. — Pétrarque. » Ce volume offert, c'était le Roman de la Rose.
Enfin, le sujet lui-même et les principes qu'il attaquait trouvèrent des défenseurs. Le cœur d'une femme bondit d'indignation aux paroles du calomniateur audacieux qui avait appelé la fidélité duperie, et qui avait dit, en parlant de la chasteté : « Comment se rencontrerait-elle avec la beauté, puisqu'elle peut à peine subsister avec la laideur ? » Ne pouvant souffrir, disaitelle, que son sexe fut amenuisié (amoindri), Christine de Pisan, qui honorait autant ce sexe par la pureté de ses mœurs que par sa science et son talent, avait élevé timidement la voix, et écrit une lettre à la reine le i®*" février 1401. Empreinte de la réserve que commandait la position de son auteur au milieu d'une cour dissolue, cette lettre eut peu de retentissement, et d'autres, qui suivirent, causèrent même des difficultés à Christine. Mais alors Gerson descendit dans l'arène. Une question aussi palpitante ne pouvait le trouver indifférent. Est-ce que l'innocence de l'enfant et la dignité de la femme ne sont pas la plus pure expression de la morale du christianisme ?
Christine et Gerson ne se nomment pas dans leurs écrits, mais il est hors de doute qu'ils ont connu leur commune intervention, et ils parlent l'un de l'autre de manière qu'on ne peut s'}'' méprendre. Lorsque Christine elle-même est attaquée dans sa réputation, Gerson prend sa défense par les mêmes écrits qui combattent Jehan de Meung, et il l'appelle insignis fœmina, virilis fœmina, virago.
Pendant donc que la docte et sage fille de Thomas de Pisan combattait « pour accroissement de vertu et destruction de vices, en face de clercs et maistres subtils », Gerson composait dans le cloître Notre-Dame sa Vision contre le Roman de Jehan de Meung.
Fidèle en tout à la justice et à la charité, il loue d'abord le talent du poète et repousse toute pensée d'attaque personnelle contre la mémoire de celui dont il blâme l'ouvrage.
« Rien je ne conclus, dit-il, contre la personne de l'auteur; à Dieu bien s'en conviengne. » Il regrette pour lui le mauvais emploi de son temps, « sa grande science, son fervent estude et son beau parler en rimes et poésies », et l'interpelle même avec une sorte d'affection : « Pour vray, tu estois digne d'aultre maîtrise et d'aultre office. Vices et péchés, croy-moy, s'apprennent trop de légier; n'y faut maistre quelconque. » S'il donne à son plaidoyer la forme d'un songe ou d'une vision, c'est sans doute autant pour adoucir et généraliser son blâme que pour s'harmoniser en quelque sorte avec l'écrit censuré.
« Par ung matin, naguère en mon veillant, me fut avis que mon cuer moyennant ès-ailes s'envolait d'un lieu à un autre jusques en la Cour sainte de Chrétienté où Justice canonique la droiturière siégeait au trosne d'Equité, soutenue d'une part par Miséricorde^ de l'autre, par Vérité. Justice, en sa main dextre tenait le sceptre de rémunération; en sa main senextre, l'épée tranchante de punicion, et ses yeulx vifs, honourables, resplendissoient plus que soleils. Belle fut sa compaignie, car d'une part estoit son très sage conseil, et tout à l'environ se tenoit sa noble chevalerie et baronnie de toutes vertus qui sont filles de Dieu premièrement et de franche voulence ; telles que Charité, Force, Attemprarice, Humilité et aultres sans nombre. Le chef du conseil ou le chancelier estoit Efitendement subtil., joint par compaignie ferme à Dame Raison la sage. Ses secrétaires furent Prudence et Science. Foy, la bonne chrestienne, Sapience, la divine et célestienne, furent de l'étroit conseil. En leur aide estoient Mémoire., Providence (prévoyance). Bon Setitiment et plusieurs aultres. Eloquence théologienne, laquelle est de moyen langage et de bon attemprance, se portoit pour advocat de la Cour. Le promoteur de la cause avait nom Conscience, car rien n'est, qu'elle ne saiche rapporter. Ainsy comme je me délittois par grande admiracion à regarder le bel arroy de ccste cour de chrétienté et de justice, Conscience se vint lever, tenant en ses mains plusieurs rapports ou supplications. Entre les autres, en eut une qui, mot à mot, bien m'en remembre, contenait ceste complainte piteable de Chasteté la très belle et la très pure, qui oncques ne fist, ni voulust, ni dict, ni pensa aucunes choses immondes :
— « A Justice la droiturière tenant le lieu de Dieu en terre et à toute sa religieuse Cour dévote et chrestienne. Supplie humble-
ment et complaint Chasteté, votre féale subjecte, que remède soit mis, et provision brève sur les forfaictures intolérables, lesquelles m'a faites et ne cesse de faire ung qui se fait nommer le Fol amour; et sont tels les autres. Là suivent plusieurs articles.
— « Premier article. — Ce fol amour met toute sa paine à chasser hors de la terre moi avec Vlnnoceiice, et mes bonnes
gardes aussi, qui sont Honte, Pudeur- et Crainte Et ce
il fait par un vieux maudit démon, le pire de tous qui monstre et enseigne à jeunesse de jouir hastivement sans paour et vergoigne, et l'excite à toutes mauvaises choses, sans tenir compte de honte légitime, ni de se parjurer, et décevoir qui que ce soit.
— « Second article. — Il veut deffendre et réprouver mariage sans exception, à cause de soupçons odieux, et conseille plutôt de soy pendre ou noyer, ou faire péchiés qui ne sont à nommer; et blasme toutes femmes, sans quelconque en oster, pour les rendre haineuses à tous les hommes, tellement qu'on ne les veuille prendre en foy de mariage.
— « Le tiers article, il blasme jeunes gens qui se donnent en religion pour ce que, dit-il, toujours tendent à en issir de leur nature. Et cecy est en mon préjudice, car je réside spécialement en religion.
— « Le quart article, il jette partout feu plus ardent que feu grégeois et plus puant que s'il fust de soufre; feu de paroles luxurieuses à merveille, immondes et défendues; tantost au nom de Vénus, Cupidon ou auhres fausses divinités, souventes fois en son nom propre; par quoi sont ardes et brûlées mes belles maisons et habitacions, et mes temples, faits des âmes humaines, et en suis boutée hors vilainement.
— « Le cinquième, il diffame Dame Raison, ma bonne maîtresse, en lui mettant telle rage et désarroi que elle conseille parler desnuement de toutes choses, tant soient abbominables et honteuses à dire et à faire. Hélas! et si ne me voulait épargner, que lui a meffait Raison mon amie ?
— « Le sixième, quand il parle des choses saintes, divines et spirituelles, il mesle paroles dissolues et choses immondes, lesquelles n'entrent en paradis comme il les descript.
— « Le septième, il promet gloire et récompense de paradis à tous ceux et celles qui accompliront les œuvres de la chair, mesmement hors mariage. Il conseille se tout permettre, indis-
SA VIE, SON TEMPS, SES ŒUVRES IjS
tinctement, avec tous, et maudit ceux qui ne feront ains}^ tout au moins ceux qui me recevront et retendront,
— « Le huitième, il nomme les choses malhonnêtes et pe'chés vilains comme se telles œuvres fussent choses saintes et approuvées. N'est pas content desdites s'il les publie de bouche, mais les a fait escripre et paindre à son pouvoir, curieusement et richement pour plus attraire toutes personnes à les veoir et recepvoir. Encore y a pis. Car subtilement il a meslé lait avec venin, sucre avec poison, serpens venimeux cachés sous herbe verte de dévocion, et ce fait-il en assemblant matières diverses qui bien souvent ne sont guère à propos, se non affin que soit mieulx creu et de plus grande authorité, de tant que il semblerait avoir vu plus de choses et plus étudié. »
Il faut abréger cependant; nous ne pouvons tout mettre. Gerson montre ensuite, dans son plaidoyer, que la théorie immorale de l'auteur offense, non seulement la religion révélée, mais la loi naturelle mise tout d'abord par Dieu au cœur de l'humanité. « Je respons pour vous, Dame nature que oncques vous ne conseillastes péchié; oncques ne voulsites que personne allast contre aucun des commandements, lesquels nous avons appelés vôtres, les commandements de nature. >■> Il appuie son jugement sur l'autorité des anciens. « Créez-moy, non» pas moy, mais l'apôtre saint Paul, et Sénèque, et expérience, que mauvaises paroles et escriptures corrompent bonnes mœurs, font devenir le péché sans honte, et ostent toute bonne vergogne qui, en jeunes gens, les garde de grants maulx. Jeune personne sans honte est toute perdue. Pourquoy donc fust Ovide, grant clerc et très ingénieux poète, getté en dur exil sans retourner ? Il mesme témoingne que ce fust pour son art d'amour misérable, laquelle il avait escripte au temps d'Octavien, empereur. — O Dieu ! ô saints et saintes ! ô dévote cour de chrétienne religion ! ô les mœurs du temps présent! Entre les païens un juge païen et incrédule condempne un païen qui escript doctrine attraïant à foie amour, et entre chrestiens et par les chrestiens, telle et pire œuvre est soutenue, alosée et deffendue ! En bonne foy je ne pourrois assez dire l'indignité de ceste chose. Parole me fault à la resprouver. »
Eloquence théologienne, qui a prêté à Conscience le secours de sa parole, supplie Dame Justice de porter remède à ces maux, et termine par le cri d'appel des âmes indignées : « Je fais au
nom de Conscience une telle requeste et conclusion contre tous ceux qui menacent Chasteté' et esmeuvent à lubricité'. »
Puis le songe prend fin. « Eloquence ot fine quant se aparut l'heure que mon cuer revint à son premier estât, et, sans rien oyr de la sentence, je me trouvai en mon estude à la Vesprée. L'an de grâce mil quatre cent et II, le XVIIP jour de may. Là trouvay bien aultre matière pour mon cuer occuper, que plus ne feust ainsi volage. Ce fut la matière de la benoîte Trinité en unité divine et simple; et ensuite celle du saint Sacrement de l'autel. »
Cette vision fut écrite à la fois en latin et en français, comme pour moins manquer son but; on la trouve dans le manuscrit français de la Bibliothèque nationale n° 1797, et au tome IV des Œuvres latines.
Tout se tient dans le mal comme dans le bien. D'une première tentative une seconde découle bientôt, et la peinture littéraire du vice, qui ouvrait à l'imagination de la jeunesse de dangereux horizons, eut pour auxiliaires des images ou pourtraictures qui prenaient celle-ci par les yeux et faisaient couler le poison dans les âmes. De tout temps, hélas! il a donc fallu lutter contre les ruses de Satan! On dirait que Gerson a passé par nos rues et nos places publiques, que son regard s'est arrêté plein de larmes sur nos vitrines éclatantes, quand on lit ces deux écrits : Contra lascipas imagines (t. [II) et De innocentia puerili (t. IV).
Tous deux sont en latin, car ils ne s'adressaient plus à l'opinion générale et à la conscience publique pour les soulever contre les attentats aux mœurs, mais à l'autorité même qui a le devoir et le droit de les refréner. Le premier est un appel aux Pouvoirs publics tant ecclésiastiques que séculiers. Gerson les adjure de sauvegarder ce qui n'est pas le moindre trésor de la société, et ce qui est souvent le trésor le moins défendu. On fait nombre de lois, en effet, pour garantir la propriété, et pourtant ceux qui la détiennent la surveillent déjà, car ils en connaissent le prix. L'enfant est livré sans défense aux attaques du vice, car il ignore quel trésor il porte en lui et ne se tient pas sur ses gardes. « Donc, ils sont responsables, conclut Gerson dans ce premier opuscule, ils sont responsables devant vous, ciel et terre, responsables jusqu'au tribunal même de Dieu, ceux qui trahissent les intérêts de la cause chrétienne, et, par malice et négligence, lui causent un tel préjudice. Ils portent un lourd fardeau sur
SA VIE, SON TEMPS, SES ŒUVRES lyS
leurs épaules, ceux qui n'ont pas fait tout leur possible pour inculquer la vertu, et inspirer l'horreur du vice. »
Voilà le cri du chre'tien re'volté; puis la bonté' et la charité reprennent le dessus, et il termine en saluant avec bienveillance dans le Seigneur ceux à qui il s'adresse, les priant de recevoir cet avertissement avec autant de piété et de tendresse qu'il en met à l'écrire. Cet appel aux Pouvoirs publics a été admirablement traduit par Mgr Dupanloup.
Le second opuscule, De Imioceniia Puerili, a pour but d^appuyer ce qui est dit dans le précédent^ touchant les peintures obscènes qu'il ne faut pas exposer aux yeux des enfants^ et les livres licencieux qu'ils ne doivent pas lire. Gerson y expose comment les enfants sont constitués dans un état d'innocence par leur ignorance de toutes choses et parce qu'ils n'ont point encore commis de fautes personnelles, mais la disposition de leur âme n'est pas innocente. Doués d'une nature viciée par le péché d'Adam, ils n'attendent qu'une occasion pour suivre la concupiscence qui frappe à la porte de l'âme. Il faut donc éloigner de leurs yeux, de leurs oreilles, de tous leur sens, ce qui peut éveiller chez eux l'idée du mal, en exciter la convoitise. Ces peintures dangereuses pour leur âme, il ne les voit pas seulement dans les écrits ou les images mis exprès entre leurs mains, avec une intention coupable ; il les voit dans certains auteurs dont on nourrit leur esprit sous prétexte d'études, pour former le langage, apprendre l'éloquenee ; tels sont : Ovide, Térence, Juvénal et bien d'autres. Et, montrant qu'on trouverait dans nos oeuvres chrétiennes d'aussi grandes beautés, et des beautés plus pures, il en revient à ce Docteur séraphique qu'il aime tant ; il conseille d'étudier son Itinéraire de l'esprit à Dieu, promettant qu'on ne le fera pas sans fruit. « Abandonnons, dit-il, toutes les bouffonneries répandues dans certains ouvrages classiques ; patronnons une cause et meilleure et plus digne. Si je savais que mes proches ou mes frères composassent de ces livres qui, d'une ou d'autre manière, corrompent l'enfance et la jeunesse, j'en aurais un profond chagrin. Et afin de n'être pas condamné moi-même pour avoir omis un avertissement, je présente celui-ci comme une prière à Notre Seigneur Jésus-Christ ». Il termine par un bon adieu, « bene vale », à ceux qui ont le zèle de la pureté et de la chasteté, à ceux qui fuient toute occasion de scandaliser les simples.
Gerson avait rêvé en effet, pour agir efficacement sur l'esprit des enfants, de fonder pour eux une littérature chrétienne et nationale, à la place de ce paganisme littéraire de l'antiquité, si fastidieux quand il n'est pas nuisible. Il n'en eut pas le temps. Trop d'autres événements se pressèrent dans sa vie.