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CHAPITRE DOUZIÈME

GERSON ORATEUR. — l'aVE MARIA AU COMMENCEMENT DES SERMONS QUELQUES CITATIONS

RATEUR à qui peu pourraient être comparés pour l'érudition profane et chrétienne ; dont Tâme était nourrie de la doctrine de saint Paul, et dont la sensibilité de

cœur était aussi grande que la pénétration de l'intelligence »

C'est ainsi que, dans un panégyrique, Mgr Bourret qualifie Gerson. D'autres critiques ont dit de lui : « Il n'y a pas d'écrivain ecclésiastique dont les formes de style, dans les écrits ou les sermons, offrent tant de nuances que chez Gerson; delà vient la difficulté de bien saisir son vrai caractère d'orateur et d'écrivain ». Les deux appréciations sont vraies. Appelé pendant plusieurs années à parler devant les papes, les rois et les docteurs ; porté par les tendances de son cœur et le besoin des âmes, à donner aux petits et aux humbles tout ce qu'il pouvait de vérité, Gerson a dû varier, selon les cas, les formes de sa pensée. Aux uns, des discours latins, savants et raisonnes pour faire honneur à l'Université dont il était membre; aux autres, des sermons français, simples, tendres et pleins d'amour de Dieu. Souvent même cette dernière méthode est employée devant l'auditoire des grands et des savants, parce qu'il pense arriver mieux ainsi à son unique but : la connaissance et la pratique du christianisme. Il croyait, non sans raison, que les plus doctes ont besoin de rappeler quelquefois à leur esprit, les premiers rudiments de la morale et de la foi. Un jour de grande solennité,

il devait prêcher à la métropole, et l'évêque de Paris, le chapitre, les docteurs, les princes, la noblesse étaient accourus, pensant écouter un discours d'apparat. Grande fut la surprise. Etait-ce le désir de faire plus de bien ? était-ce par une humilité dont son cœur était bien capable, Gerson, transformé en catéchiste, fit une scrupuleuse et solide instruction sur la manière de se bien confesser.

Son thème favori était l'Evangile, et la pensée qu'on retrouve le plus souvent sur ses lèvres, c'est le Pœnitemini, faites pénitence ! et croyez à l'Evangile ! ou bien le mot qui devint sa devise : Siu^sum corda, élevez vos cœurs vers le ciel.

Mais le souvenir qui prime les autres quand on parle des sermons de Gerson, c'est celui qui vit encore dans toutes les chaires du monde catholique, au début d'une prédication : c'est l'usage de VAve Maria. Dès l'année i382, alors qu'il avait dix-neuf ans seulement et n'était encore que simple bachelier en théologie, il avait prononcé, comme nous l'avons vu, un panégyrique en l'honneur de saint Louis, et ce panégyrique porte, inscrite en tête, la Salutation angélique. Quand, plus tard, dans l'exercice du saint ministère, il prêcha fréquemment, la sainteté de sa vie, jointe à l'autorité de sa parole, produisait de nombreuses conversions. C'est à l'effet d'obtenir ces conversions et la cessasation du schisme, qu'il résolut de garder systématiquement comme habitude ce qui était venu d'abord d'un élan instinctif de piété filiale. Il faisait donc réciter l'^re Maria avant le sermon et recommandait cette pratique aux nouveaux docteurs auxquels, de par l'autorité du Saint- Siège, il accordait la licence pour enseigner. Deux ans après les débuts de Gerson comme prédicateur, saint Vincent Ferrier faisait les siens; il embrassa la coutume adoptée par l'orateur français et ne contribua pas peu à la répandre rapidement au loin.

Dom Guéranger, dans son Mémoire sur NOTRE-DAME DE REIMS l'Jmmaculée Coîiception a dit de notre chan- (Sceau du celier : « Son nom seul, Gerson, l'un des plus

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