‹ Jean GersonChapitre 32 sur 51 · LE GALLICANISME DE GERSON · texte numérisé non relu

LE GALLICANISME DE GERSON

ANS l'automne de 1414, la population de Reims était agitée d'un mouvement inusité, et le clergé de la ville déplo3^ait les pompes de l'Eglise comme pour recevoir un personnage illustre. Ce personnage, c'était Gerson se rendant à Constance. Avait-il le pressentiment qu'il ne reverrait pas son village natal ? voulait-il, avant d'entrer dans l'auguste assemblée dont il allait être l'âme, la lumière et l'oracle, s'agenouiller au tombeau de la mère chérie qui avait pris tant de soin de son enfance? toujours est-il qu'il avait choisi cette route. L'archevêque de Reims l'aimait particulièrement, et fit célébrer en son honneur un office solennel dans l'antique métropole qui avait vu baptiser le premier de nos rois, qui avait vu sacrer les autres. On aime aujourd'hui y rencontrer Gerson, qui vient de faire, qui va faire encore tous ses efforts pour remettre le royaume de France dans l'équilibre de la justice. Quinze ans vont se passer. Le chancelier de Paris ne sera plus de ce monde; mais du haut du ciel où elle aura trouvé la paix, son âme contemplera, dans cette même cathédrale dont il foule aujourd'hui les pierres, un émouvant et bien consolant spectacle. L'héroïne dont il aura salué la divine mission, y amènera Charles VU, et la France, accablée maintenant sous la tyrannie intérieure et l'oppression de l'étranger, retrouvera enfin un roi.

S,I)e2^-e,^ZLytin.

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