CATHÉDRALE DE REIMS
Gerson poursuit sa route. Les mêmes honneurs qui l'ont accueilli à Reims l'attendent à Réthel où il a fait ses premières études, et comme il approche de Barby, le carillon des grandes fêtes re'sonne au clocher du village; la population entière, pre'céde'e de la croix d'argent et de la bannière où sont brodés les insignes du patron de la paroisse, arrive à sa rencontre. C'est ainsi qu'on recevait les princes de l'Eglise. Gerson, confus, obligé de faire son entrée au milieu d'une haie serrée de gens venus de tous les pays à la ronde, se disait que cette ovation ne s'adressait pas à sa personne, mais à l'ambassadeur du roi de France, au chef de l'Université, député par eux au concile. Il passa quelques jours dans sa famille, pria, pleura au tombeau de sa mère, et reprit sa route vers l'Allemagne.
Le concile de Constance devait continuer celui de Pise et poursuivre son œuvre. Elle n'était pas terminée en effet. Si Jean XXIII avait pour lui la France, la Pologne, l'Angleterre, la Hongrie, le Portugal, les royaumes du Nord avec une partie de l'Italie et de l'Allemagne, d'autres contrées restaient attachées aux deux antipapes. La Castille, l'Aragon, la Navarre, l'Ecosse, les îles de Corse et de Sardaigne, les comtés de Foix et d'Armagnac l'étaient à Benoît XIII, retiré dans le château fort de Peniscola. Plusieurs villes du royaume de Naples, la Romagne, quelques provinces allemandes, la Bavière, le Palatinat du Rhin, les duchés de Brunswick et de Luxembourg, le landgraviat de Hesse, l'électoral de Trêves, une partie de ceux de Mayence et de Cologne, les évêchés de Worms, de Spire, de Verdun regardaient toujours Grégoire XII comme le vrai pape. Les conflits amenés par ces trois centres religieux et toutes les conséquences qui découlaient de leurs diverses administrations, jetaient la discorde dans le monde chrétien. Le désordre était si grand que des esprits sérieux croyaient à la venue de l'Anté- Christ. UnelettreadresséeparsaintVincentFerrieràBenoîtXIII, où il est question de sa venue prochaine et de la fin du monde, témoigne de l'état des esprits au début du xv^ siècle.
La désorganisation de l'Europe était donc à son comble quand l'empereur d'Allemagne, Sigismond, s'offrit à seconder les désirs de Jean XXIII et à protéger la convocation du concile. L'université de Paris répondit la première à l'appel. Elle y envoya 200 docteurs, représentants de chacune de ses facultés, de chacune de ses nations; et Gerson, à leur tête, portait le tri-
pie caractère de chef et chancelier de cette corporation, d'ambassadeur du roi de France et de de'puté de l'Eglise de Sens dont l'évêché de Paris e'tait alors le suffragant.
Le concile s'ouvrit le 3 novembre 1414. C'était une assemblée magnifique que celle qui attirait dans la ville près de cent mille étrangers, dont dix-huit mille ecclésiastiques, tant prélats que docteurs ou simples prêtres. Trois questions importantes devaient y être traitées : les erreurs contre la foi, le rétablissement de la discipline, et l'extinction du schisme. On commença par celle-ci comme étant la plus pressante.
Jean XXIII s'attendait à ce que l'on confirmât et affermît son élection; cela parut bientôt impossible. Les nonces de Grégoire et de Benoît n'étaient autorisés à prendre part aux délibérations que si Jean ne présidait pas le concile en qualité de pontife. On hésita d'abord à lui demander la cession du Pontificat, proposition qui paraissait faire injure au concile de Pise. Pierre d'Aill}^ dans un mémoire qu'il fit paraître, représenta que, dans le cas particulier où l'on se trouvait, le droit même pouvait céder pour le plus grand bien de l'Eglise, et que Jean XXIII, en renonçant volontairement à la tiare, ne serait pas mis pour cela au niveau de ses deux concurrents, mais s'acquerrait, par sa grandeur d'âme et la générosité de son acte, des titres à la reconnaissance de tous les peuples chrétiens. Guillaume Pilastre et Gerson appuyèrent aussi vivement cette opinion. Celui-ci lança plusieurs écrits dans le but de montrer cette voie de la cession, proposée dès le commencement du schisme, comme étant encore la meilleure, et l'abdication des trois compétiteurs comme un préliminaire indispensable à toute réorganisation.
Restait à faire adopter cette mesure par Jean XXIII. Ce ne fut pas sans peine. Il s'y décida néanmoins ; puis, regrettant son abdication, il s'échappa de Constance et se réfugia à Schaffouse sous la protection de Frédéric d'Autriche. La nouvelle de cette retraite inattendue frappa le concile comme l'annonce d'une calamité. On craignit un moment qu'il ne fût dissous, tant ses membres étaient consternés, et que tout ne fût remis en question. Il ne fallut rien moins que l'inébranlable confiance de Gerson, et la promesse solennelle de Sigismond, de maintenir l'assemblée, pour rasséréner les esprits. La quatrième session du concile s'ouvrit alors; Gerson y prit la parole au nom de l'Université de Paris, et proclamant la souveraineté absolue du
concile œcuménique assemblé au nom du Saint-Esprit et représentant l'Eglise catholique, il le déclara supérieur au Pape et conclut à passer outre.
Ses conclusions furent adoptées. L'assemblée, jusqu'alors indécise, prit de la consistance ; elle ne poursuivit plus qu'un but, et la durée de ses travaux ne dépendit plus que de la lenteur des formes canoniques nécessaires à l'abdication volontaire ou forcée des trois compétiteurs. A la douzième session, tenue le 25 mai 1415, Jean XXIII fut déposé par sentence définitive du concile. Ce pontife accepta la décision et promit qu'il ne se laisserait jamais réélire, quand même on le lui demanderait. Sigismond eut le tort de retenir trois ans prisonnier un homme que sa résignation actuelle aurait dû préserver de tout mauvais traitement. Il était réservé au successeur de Jean de lui rendre plus tard des témoignages d'honneur et de reconnaissance, et de faire doyen du sacré Collège, celui qui resta toujours pour lui un fidèle sujet.
Le 4 juillet suivant, le concile tenait sa quatorzième session, lorsqu'on vit arriver Charles de Malatesta, seigneur de Rimini, envoyé de Grégoire XII. Celui-ci consentait à renoncer au souverain pontificat pourvu que son envoyé s'adressât d'abord à l'empereur, car il ne reconnaissait pas la légitimité du concile, convoqué uniquement, disait-il, par les partisans de Jean XXIII. Il exigeait qu'un acte de convocation et d'approbation fût ensuite lu de sa part comme pour placer le concile sous son autorité; enfin après cela on devait lire un acte contenant sa pleine et entière renonciation. Tout fut accompli comme il l'avait prescrit ; l'horizon de l'Eglise commençait à s'éclaircir.
Restait Pierre de Luna ou Benoît XIII, seul obstacle à la réunion des fidèles. Les Pères du concile offrirent de faire une nouvelle convocation de l'assemblée par rapport aux princes et aux prélats partisans de Benoît, et de n'agir de force contre lui que s'il refusait la voie de cession. Sigismond s'imposa même le voyage de Perpignan pour le persuader. Rien n'y fit. En face de l'opiniâtreté qu'il montrait, on commença à procéder juridiquement contre lui le 5 novembre, dans la vingt-troisième session, et l'instruction de son procès dura jusqu'à la trentesixième. Ce fut dans la trente-septième, tenue le 26 juillet 1417, que le concile prononça la sentence de déposition et détacha tout fidèle de son obédience. Saint Vincent Ferrier regrettait
d'avoir été son ami, son soutien ; il envoya son adhésion à tous les décrets du concile, et Gerson fut son interprète. Pierre de Luna, quoique déposé, continua à fomenter des troubles et des divisions dans le royaume d'Aragon, jusqu'à sa mort, arrivée en 1423.
Les obstacles écartés, on s'occupa de préparer et de régler le futur conclave. Dans la 41^ session, célébrée le 8 novembre, on lut la constitution de Clément VI, qui détermine d'une manière précise les opérations de ces assemblées; on ordonna des prières publiques et une suspension totale des affaires pendantes aux divers tribunaux établis par le concile. Ces précautions étant prises, le conclave fut formé.
Enfin, le II novembre 141 7 avant midi, toutes les voix se réunissaient sur la tête d'Otton Colonna qui prit le nom de Martin V. Le schisme était éteint. L'allégresse fut grande dans la ville et se répandit de là sur la chrétienté tout entière. Chaque église retentit des Te Deum et autres chants d'actions de grâces qui montaient de tous les cœurs vers Dieu. Les réformes à opérer dans la discipline furent remises à un concile qu'on s'engageait à réunir dans cinq ans à Pavie. La séparation du concile fut prononcée à sa 46^ session, le 22 avril 1418, après que le pape eut confirmé un grand nombre de ses décrets. Là se terminaient l'ambassade et la mission du chancelier de Paris. Il sortit couvert de gloire de cette importante assemblée. Le cardinal Zabarella, archevêque de Florence, qui était chargé de faire publiquement dans les sessions la lecture des décrets, l'avait appelé en plein concile : le plus excellent docteur de la chrétienté : Super excellens Doctor Christianitatis,^i la postérité, recueillant cet éloge sur les lèvres du cardinal, salue encore Gerson du titre de Docteur très chrétien.
On ne pense peut-être pas assez aux bienfaits que nous valut le concile de Constance. Les 19 autres conciles œcuméniques ont été dirigés par un pape ; celui-ci n'est œcuménique, il est vrai, que par la confirmation de Martin V; mais, commencé dans le trouble et la discorde, c'est-à-dire au milieu de grandes difficultés, il cherchait un chef unique et le trouva. Or, l'unité, la grandeur de l'Eglise, c'est le salut du monde. Même dans les temps de désolation, l'Eglise n'est pas stérile pour le ciel ; elle enfante toujours des saints parce que l'Esprit de Dieu est toujours avec elle, et on en compte un bon nombre pendant la
durée du schisme. Mais la terre se ressent de son malaise. Les musulmans e'taient à nos portes, bien re'solus de se faire une part dans cette Europe qu'ils convoitaient, et de se la faire le plus large possible. L'e'pée de Charles Martel les avait arrête's un jour dans leur ascension vers le Nord; ils avaient mis sept siècles à la préparer de nouveau, mais n'y avaient pas renoncé : Constantinople nous le prouve. Que serait devenue l'Europe si l'Eglise qui, en reliant les divers Etats dans l'unité religieuse, en faisait une famille, n'avait point été relevée, raffermie avant les règnes d'Amurat et de Mahomet II ? Plutôt les Turcs que le Pape, auraient dit, comme Luther, vingt églises particulières nées de la prolongation du schisme; et le flot envahissant des Osmanlis aurait pu rejoindre les Sarrasins refoulés derrière les Pyrénées. Ce ne fut pas un roi de France, il est vrai, qui garda de son épée les portes du concile pour le préserver des attaques €t des troubles. Sigismond s'acquitta de ce rôle ; mais la France y était représentée par Gerson, d'Ailly et d'autres grands docteurs de l'Université. Leur éloquence valait sa vieille épée. Comme elle avait défendu aux croisades la civilisation chrétienne en danger, elle vient encore la défendre et l'affermir en sauvegardant l'unité de l'Eglise et l'intégrité de sa constitution.
Etudions un peu maintenant ce qui, dans les écrits de Gerson, sort des bornes de l'orthodoxie. Quelques mots sur ce sujet nous semblent s'imposer, quoique les esprits éclairés sachent faire eux-mêmes la part des choses.
Présenter un concile même œcuménique comme supérieur au Pape fut de tout temps une énormité dans l'Eglise si on prend la maxime au pied de la lettre; elle le serait plus encore aujourd'hui, après la définition du dogme de l'infaillibilité. Mais si, ne se bornant pas à quelques propositions émises dans une circonstance critique et douloureuse, on fouille l'ensemble des écrits et des actes ; si on regarde le caractère et la conduite de Gerson ; son intention qui, en émettant ces propositions erronées, ne fut jamais d'enseigner la révolte, mais de donner au contraire un chef écouté à l'Eglise, on n'ose vraiment se montrer bien sévère. Dans son Traité de la puissance ecclésiastique^ Gerson considère l'extrémité à laquelle on eut recours, comme une nécessité malheureuse, une mesure extraordinaire, et il a écrit lui-même que « cette opinion fut adoptée à cause seulement de la confusion et des désordres occasionnés
par le schisme ». C'est à ce point de vue aussi qu'il faut se mettre pour le juger.
En mille endroits de ses œuvres, je lis des hommages rendus à la souveraineté du vicaire du Christ, et analogues à celui-ci : « Papaenim canonice creatus et electus in siwwîinn Pontijîcem habet pleniiiidinem potestatis in terra et non potestatem limitatam. Un pape légitime et canoniquement créé possède la plénitude de toute puissance (ecclésiastique) sur terre, et son pouvoir n'est pas limité. » Le concile s'assemble ; on a trois sortes de questions à traiter; Gerson n'est pas d'avis d'agiter les questions de foi et de discipline, avant d'avoir un pape légitime. Quand Sigismond, après les premières difficultés éludées, demande au concile de procédera la réformation de l'Eglise, à la guérison de ses nombreuses plaies, même avant l'élection d'un pontife unique et légitime, d'Ailly, d'accord en cela avec Gerson, s'écrie : Comment réformer un corps sans tête, et des membres sans chef? Il demande que l'élection précède la réformation, et ce sentiment l'emporte.
Ceux qui ont accusé Gerson de gallicanisme ne l'ont donc pas fait à tort, mais ils l'ont fait parfois avec exagération, sans bien montrer jusqu'où s'étend sa faute, et sans en donner les correctifs et les excuses.
D'abord Gerson n'est pas, comme on l'a dit, le patriarche des libertés gallicanes. De bons historiens ont prouvé le contraire. Ils nous montrent Hincmar, archevêque de Reims au temps de Charlemagne, comme le père du gallicanisme, et le quatrième concile de Constantinople, en 869, condamnant déjà des propositions dans le genre de celles qui nous occupent.
En second lieu, tout homme est sujet à l'erreur ; cela seul qui la rend coupable, est l'opiniâtreté. Or, Gerson a modifié facilement ses opinions en quelques circonstances, prouvant par là qu'il cherchait vraiment le bien, qu'il ne reculait pas devant la lumière, de quelque main qu'elle lui fût présentée, et il est hors de doute que, devant une définition de la suprématie pontificale telle qu'elle a été donnée depuis, ses affirmations eussent été tout autres.
Enfin, et surtout, s'il fut gallican, remarquons qu'il le fut occasionnellement, en une circonstan'ce unique dans l'Eglise, et tout le reste de sa vie, et la somme entière de ses écrits témoigne d'un attachement profond à l'Eglise romaine. « Il faut
avouer, dit-il, qu'un concile général ne saurait être célébré sans la convocation du pape et son approbation si le pape est unique et qu'on ne puisse élever contre lui d'allégation légitime, » Je trouve cela dans son écrit le plus incriminé, et le plus scabreux en effet [de Aiiferibilitate Papœ ab Ecclesia).
Du reste, si quelques écrivains ont donné à ses erreurs plus de portée qu'elles n'en doivent avoir, beaucoup d'autres, disons-le, font la part de la circonstance exceptionnelle où se trouvait Gerson, et de la nécessité d'en finir avec une situation désastreuse. « Le sentiment de Gerson, dit Mgr Bossu, archevêque de Malines et prélat de la maison du pape, le sentiment de Gerson ne peut favoriser en rien les libertés gallicanes. Il enseigna ce sentiment dans un temps de schisme et pour faciliter les moyens de terminer le schisme, que l'opiniâtreté des prétendus papes faisait durer depuis longtemps. » (Mgr Bossu. — Traité du schisme.) Tel est aussi l'avis de Mgr Chaillot, dans ses Afialecta jiiris pontificii [CUXU^Vivr., juillet-août 1879). Voici l'appréciation du cardinal Pie, évêque de Poitiers : « Une lecture attentive de la vie et des œuvres complètes du fameux chancelier Gerson, permet de ratifier; l'observation faite par ses biographes, par Feller entre autres, qui démontre, non seulement que Gerson a toujours été en communion avec l'Eglise romaine, mais qu'il a même défendu dans les termes les plus énergiques, les prérogatives du souverain Pontife » (instr. pastorale de Son Eminence le cardinal Pie pour le culte de saint Joseph). Un savant écrivain, M. Léon Gautier, appelle Gerson « le plus saint et le plus intrépide défenseur d^ V Unité sainte que la France ait fourni à l'Eglise » (Léon Gautier : Prières à la Vierge — XV® siècle). Nous avons cité au chapitre précédent le jugement de l'abbé Rohrbacher. Il voit dans certains traités de Gerson, des écrits qu'il faut lire avec précaution et qui ne doivent pas servir de règle. Pour que l'abbé Rohrbacher, prévenu depuis son enfance contre les doctrines gallicanes, écrivant son histoire surtout pour combattre et réfuter les préjugés gallicans répandus dans beaucoup d'ouvrages, se défiant par conséquent de tout, et disposé à trouver du gallicanisme partout; pour que cet auteur, si impitoyable à l'endroit de Bossuet et de Fleury, n'émette pas à propos de Gerson, après l'avoir étudié consciencieusement, une appréciation plus sévère, c'est qu'il n'y avait pas à le faire davantage.
Les opinions erronées que Gerson émit en quelques circonstances ont donc une excuse et une explication dans ce qui les amène ; il cherchait à procurer l'unité de l'Eglise, non à en méconnaître le chef. Ajoutons qu'il fut conséquent avec lui-même, et que, reconnaissant momentanément aux conciles une grande autorité, il en organisait, il en facilitait la convocation, et aurait même désiré que ces assemblées fussent périodiques. Cette logique et cette bonne foi ne se retrouvent pas au même degré dans les partisans du gallicanisme au xvii^ siècle. Ces derniers n'avaient nulle excuse, car la papauté était une, digne, légitime; l'Eglise était prospère. Ils n'étaient pas conséquents avec euxmêmes, car ils ne poussaient pas à la convocation des grandes assises ecclésiastiques. Le clergé, proclamant alors la supériorité du concile, ne faisait qu'annihiler le Pape au profit d'un souverain temporel, lequel annihilait à son tour le clergé en s'opposant à la convocation des conciles.
Oserons-nous émettre une autre idée ? Il est, chacun le sait, des fautes permises par Dieu pour arriver à un bien plus grand ; félix culpa : il est d'heureuses fautes. Les dissentiments jetés dans l'esprit des théologiens par les propositions de Gerson et d'Ailly, puis surtout par la déclaration du clergé de France en 1 682, ont engagé le successeur de saint Pierre à fixer la question, lors du dernier concile du Vatican. La constitution Pastor œternus a lancé l'anathème à quiconque soutiendrait qu'on peut en appeler des décisions du pape à un concile. Elle déclare que le Pape est le pasteur suprême, que sa parole est infaillible lorsqu'il enseigne ex cathedra, et que le concile œcuménique même demande l'autorité de sa présence ou de sa sanction. C'est ainsi que, d'un mal passager, Dieu sait tirer un bien durable.