‹ Jean GersonChapitre 46 sur 51 · COMMENTAIRE SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES

'amour des âmes trouvait sa satisfaction et produisait ses fruits dans l'apostolat de Gerson auprès des enfants de Saint- Paul et dans ses travaux pour eux; l'amour de Dieu, dont l'amour des âmes découle, ne manquait pas d'avoir sa part. Les heures d'oraison devenaient plus fréquentes; les communications avee Dieu, plus intimes; l'âme de Gerson, s'immatérialisant chaque jour davantage, montait toujours plus haut. Ce qui le prouve, ce sont les écrits éclos dans ces dernières années, effusions irrésistibles d'un cœur trop plein et qui déborde.

Et la vie matérielle, qui donc en prenait soin? Gerson était pauvre, nous l'avons dit. S'il avait passé près des rois et des papes; s'il avait eu l'estime des princes de ce monde et celle des dignitaires de l'Eglise, il ne s'était jamais acquitté de ses fonctions par ambition et par calcul; il n'avait point édifié une fortune sur son devoir. Le peu d'aisance acquise par son travail lui avait été enlevé par les révolutions, et nous l'avons vu arriver à Lyon dénué de tout. Jusqu'à la mort il garda son titre de chancelier parce qu'il s'était fait seulement suppléer par Gérard Machet et s'occupait encore fréquemment, son frère nous

l'affirme, de certains détails relatifs à cette charge ; mais il n'en touchait plus les faibles revenus. Lyon, la ville généreuse, délicate et sensible; Lyon, qu'on a appelé le cœur de la France, si Paris est la tête ; Lyon, qui ne vit jamais de malheur dans son sein sans y porter remède, s'émut de cette indigence noblement supportée ; elle trouva qu'il allait de son honneur d'assurer l'existence de Gerson et de faciliter ses aumônes. La ville lui fit remettre plusieurs fois diverses petites sommes, et les chanoines

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