‹ Jean Gerson restitué et expliqué par lui-même dans des paralleles de passages extraits de ses œuvres morales et du livre De Imitatione Christi précédé de nouveaux motifs à l'appui de nos considérations sur l'auter de l'ImitationChapitre 13 sur 14 · III · texte numérisé non relu

III

Procès-verbal authentique.

Nota. Le procès-verbal que nous donnons est d'autant plus i mportant dans la cause, que c'est sur la note d'un exemplaire de l'édition citée, note qui n'a point été produite, que l'on s'est appuyé pour faire un Jean Gersen abbé de Verceil. Cette édition n'est pas sous le nom de Gersen, comme l'a dit M. de Grégory dans la préface de son édition de I'Imitation, p. xxxvm, mais sous celui de Gerson, chancelier de Paris. Il cite ensuite l'annotation qui nomme Jean .... abbé de Verceil , mais sans aucune mention de surcharge, quoique le nom de Jean y soit grossièrement substitué à un autre nom.

Témoignage d' Ughelli, de TVadingetde Vie tore lli, donné en i65o et i65i , concernant la note manuscrite d'un exemplaire de l'édition de Venise de 1 5oi sur un prétendu Jean, abbé de Verceil.

« Nos infra scripti fidem facimus et attestamur nos vidisse atque inspexisse libellum in duodecimo olim asservatum in bibliothecâ Domini Constantini Cajetani, continentem plura opuscula impressa atque in iis libellum de Imitatione Christi impressum Venetiis per Joannem Baptistam Sessam, anno Domini i5oi , sub hoc titulo : Incipit liber primus Joannis Gerson, cancellariiParisiensiSj^ Contemptu omnium vanitatum mundi; capitulum primum: Qui sequitur me ; et sub finem subjungitur, Joannis Gerson, can-

cellarii Parisiensis, de Contemptu mundilibri quatuor fîniunt ; et mox subnectitur manuscripto caractère : Hune librum non compilavit Joannes Gerson , sed

dominus Joannes Abbas VercelL... ut habetur

usque hodiè propriâ manu scriptus in eâdem abbatiâ. Eoque diligenter considerato , judicavimus dictam scripturam non recentem neque alteri vetustiori superinductam sed antiquam esse : et una vox Joannis si excipiatur, quae artificio admodum rudi videtur ex voce Thoma effîcta ; caetera verba sincera esse, nec in lacunis et punctis ullas verborum lituras apparere. In quorum vim et fidem, etc., Ita affîrmo D. FerdinandusUghellus abbas ord. Cisterciensis , et ego Andréas Victorellus, 3i decembris i65o. Idipsum testificor Lucas Waddingus strict, observantiae sancti Francisci , 6 januarii i65i. — Act. légal, fact. Romae per Prosperum Gaffarellum Protonot apost. 19 januarii 1 65 1 . » (1)

(1) Telle est Xidonéité de ces témoignages , qu'il n'y a plus de doute que le surnom de Jean n'ait été surajouté et ne soit suivi de points , ce qui ne donne pas le nom de Gersen. — La prétendue édition d'une version italienne sous le nom de Giovanni de Gersenis est un manuscrit sans date , avec un nom de lieu , tel qu'on le trouve dans la plus ancienne édition des œuvres de Gerson qu'on prononçait vulgairement Gersen dans la Gaule Belgique. Ainsi il n'existe aucune édition sous le nom de Gersen avant celle du bénédictin Valgrave de i638.

Lettre inédite du chancelier Jean Gerson à ses frères Nicolas et Jean Gerson (prieur), lorsqu après avoir quitté le concile de Constance , il fuyait dans les montagnes de Bavière la persécution du duc de Bourgogne.

« Gratia vobis et pax, germain mei canssimi, depre-

cor vosetobtestor per professionem vestram et œterno-

rum bonoruin recogitationem , quos dicere convenit

nostra conversatio in cœlis est, nolite quomodo-

libet solliciti esse qualis in peregrinatione mea sit

corporalis aut futurus status meus ; sed existimantes

me quasi inortuum et perditum super terram totam,

vestra? recogitationis aciem vertite adrogandumea pro

me quae ad pacem sunt Jérusalem tam internam quàm

supernam , quœ est mater et patria nostra : cseterùm

per litteras vestras taliter obtestemini fratrem nos-

trwm post me seniorem cum sororibus omnibus et

singulis, immo et aliis noîis in Domino, quorum tôt

me non vacat pro prœsenti transmittere , deinque

satis me loquentem in vobis accipient atque credent;

porro super tôt et inter tôt documenta benè vivendi

proposui un uni quasi pro vale ultimo et mcmoriali suprcmo in quo me solitus sum crebriùs exercere, et illud verbis modernis explico :

Pense souvent qu'à Dieu diroyes, Sincèrement mourir dévoyés; Car par ce tu pourras venir A la science de bien mourir (1).

Sunt autem innumerabilia verborum piorum gênera, huic articulo mortis accommoda, interquaepost mortem sanctam dilectissimi et assidui comitis mei Andreae verbum protomartyris Stephani visum est mihi familiariter intimoque cordis sensu crebro ruminandum et in consuetudinem indelebilem trahendum : Domine Jesu , suscipe spiritum meum ; placeat vel Miserere mei,Deus, secundùm magnam misericordiam tuam , vel In manus tuas, Domine , commendo spiritum meum , vel Miserere mei, Deus , miserere mei, quia in te confidit anima mea, vel Domine ne in furore tuo arguas me , nec in ira tua corripias me. Quid multa dinumero ? Qualia utique placent et pîacere debent mihi , et in eamdem omnino recidunt sententiam , ut Deus pure gratis agens , nobiscum sit , misericordia nostra, refugium, susceptor in die

(i) Ville apikl Testamentum Percgrini , p. 762 , éd. de Dupin : Da milù pœnitentiam veram ; da in exitu vilam œternam ; et in lib. I , cap. r5 de Imitatione : Da mihi omnibus moriy da in te reauiesccrc ; et lib. IV, cap. 9, Da çratiam ul ad vitam pro/iciamus œternam.

mortis inevitabilis, quœ januam aperit ad Patriarn , ut non cenfundatur spiritus noster dum loquatur inimicis suis in hâc porta (i). Benè valete in Domino, et oremus pro invicem ut salvemur , quum caro non prodest quidquam. Scriptum propriâ manu, die beatissimi Laurentii martyris, décima Augusti, apud Novum Burgum in Bavariâ. Salutat vos cornes meus magister Ja de Cyresio , qui est mecum solus.

Dilecbissimis fr abribus carne et spiritu Nicolao de Gerson et Johanni de Gerson.*»

* Le rédacteur du Catalogue de la Bibliothèque du Roi a désigné par erreur cette Lettre comme adressée, par Thomas Gerson, au chancelier confondu par la similitude du prénom avec le prieur. Elle se trouve à la suite du recueil des Lettres de Gérard Machet , évêque de Castres (2) , parmi lesquelles il s'en rencontre une, non de Thomas Gerson, mais à son adresse. Voir la note , pag. lxviij de notre édition latine, et la Lettre ci-après où l'on verra la cause de cette erreur, reproduite encore.

(i) Videsuprà, page 20, locum delmitatione citatum ex lib. I, cap. i3, et Psalm. 126, 5.

(2) Je dois déclarer que M. Guérard. l'un des conservateurs des Manuscrits , a bien voulu me seconder dans la lecture de cette précieuse Lettre du chancelier Gerson, devenue presque illisible.

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Lettre authentique adressée par Tévéque de Castres, administrateur du collège de Navarre, à Thomas de Gerson, neveu de V illustre chancelier et auquel nous devons le Manuscrit vraiment monumental, sous le nom et avec le portrait de Gerson, décrit pages liv-lvi ? des prolégomènes de notre édition latine.

9 Mi Thoma , mi carissime, accepi non sine corde et gaudio scripta tua ex Parisiis décima die septembres. Distuli responsum dare , volens maturiùs et deliberatè procedere ; undè post diuturnam animi deliberationem , statui et consensi conferre vobis locum bursarum theologorum coilegii regalis Campaniae , super quo ministravi litteras regias provisori memorati coilegii deferendas et manualiter exhibendas. Recipe igitur pro primitiis donum istud gratuitum; ingredere domum iliam sacratam meritis patrum, in quâ noster Johannes de Gersonno felicis recordationis, cujus conomen (sic) rétines, gradus omnesrecepit, famam domûs ampliavit. Quâ in re admonco te Ut ressuscites famam ej us, imitator factustanti

viri exemplariset famalissimi... Vivite inspellliusqui speraates in se replet omni bono.

Studioso viro Thomœ de Gersonno , amico meo prœcaro* »

"(Extrait du registre manuscrit in-fol. de la Bibliothèque du Roi, n° 8377, p. vij verso, n° 23, des Lettres del'évêquede Castres, Gérard Machet.) Dans ce recueil, comme l'indique une note de M. de La Porte du Theil, on doit remarquer que la suscription des adresses ne précède pas , mais suit les Lettres ; ce qui a trompé dans toutes ses citations Launoy , et d'après lui Dupin, en prenant l'adresse de la Lettre à Thomas Gerson pour la suscription concernant Jean de Bussi , archevêque de Brie. Boulliot , dans sa Biographie ardennoise , s'est trompé aussi , en citant cette lettre comme étant de Thomas Gerson même, et adressée, non à ses frères sans doute, mais à ses oncles. Ce qu'il dit ensuite de Thomas Gerson est pris dans notre article de la Biographie universelle.

J'ai cru devoir finir cet opuscule par la Note intéressante que m'adresse M. Onésime Leroy au sujet de la Lettre du Pèlerin Jean Gerson à ses frères.

« La Lettre inédite de J. Gerson offre des rapports frappans avec celle que le bon curé de Roquencourt, non moins persécuté que le docteur évangélique , écrivait à Ducis, pendant la terreur. Je l'ai citée pag. ^44» 2e éd., de mes Etudes sur Ducis. Elle commence par ces mots : « Les hommes ont beau « faire, mon ami , il n'en arrivera que ce qu'il plaira

— 3g — « à Dieu. Quant à moi , je suis prêt au départ. » Ducis observe (même page) que « son ami, par sa « résignation, faisait oublier à ses compagnons d'in- « fortune leur détresse et la terre même où il nha- « bitait plus depuis long-temps. » Ces rapprochemens sont encore plus intéressans quand on voit, par le Testament de Ducis, pag. 379 de nos Études, que a Y Imitation de J.-C. était le livre familier des « deux amis , et que le curé en avait légué au « poète un exemplaire que celui-ci lègue à son tour « à un autre de ses amis. »*

* Qu'il me soit permis, à moi-même, d'ajouter que l'auteur de cette note, dont je prise extrêmement l'amitié, n'est pas moins nourri des œuvres morales de Gerson que Ducis et son ami l'étaient de I'Imitation de J.-C; et je dois lui associer, pour le même motif, mon honorable correspondant et ami, M. Tardieu l'aîné, de Nancy, méditaleur assidu des œuvres spirituelles de notre auteur. — M. Onésime Leroy apprendra avec plaisir la traduction que notre ami vient de terminer du traité De Parvulis ad Christxnn trahendis , bien digne du grand ami des enfans, et qui serait éminemment utile pour les instituteurs des écoles primaires, où la morale religieuse, le véritable germe de la bonne instruction , n'a été que trop négligée. — D'un autre côté , les jeunes élèves qui déjà auront été nourris du lait de Ylmitation, ne peuvent que trouver, dans les quatrains concis non moins qu'énergiques de M. de Montbrun , la substance et pour ainsi dire la crème de cet excellent Livre ; tant le traducteur a su en saisir l'esprit et l'expression caractéristiques! C'est là un aliment nouveau , dont le suc indigène devra se répandre avec le nom de l'auteur français original , quand l'œuvre a pu produire des vers, que Desmarets, et même Corneille, faute de cette onction qui animait l'autour, n'avaient pu si bien exprime!'.

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