‹ Jean Gossart de MaubeugeChapitre 21 sur 33 · LIERRE · texte numérisé non relu

LIERRE

De Trouw van Maria (Le Mariage de la Vierge) triptyque (2).

A Lien e, petite ville de la province d'Anvers, se trouve conservé dans l'église de Saint-Gom maire un triptyque remarquable que je crois une œuvre authentique de Jean Gossart. 11 est placé derrière le chœur dans une chapelle appelée successivement chapelle de Saint Roch, chapelle de Golibrant et chapelle des Arquebusiers Les donateurs du rétable furent les Colibrant et les Mengiaert, ainsi qu'il appert des écussons [teints aux revers des volets.

Le panneau central représente une église de style gothique. Au milieu un grand prêtre célèbre le mariage de la Saint > Vierge et de Saint-Joseph. L'épousée porte la robe et le manteau blancs, et le diadème orné de pierres. Joseph a une tunique

(1) A la vente de In collection Nieuwonhuys parut un tabl.au intitulé « Jean et Saint-Jean Baptiste par Jean Gossart ».

cf. h'Etoile Belge, article à la date de A. J. Wauters.

(2) Sleeckx : Hct trieptick van Lier — Antwerpen, Buschmann, 1891. Notice sur un tableau à volets du XVe sièc.'e qui se trouve en l'église

Saint-Gommaire de Lierre. (Bulletins de l'Académie royale de Belgiq .e. 2e série, vol. X, n° 11.

Antoine BiïRGMAN.y. — ULtoire dé la ville de Lierre — Antwerpen, Buschman, 1873

rouge et un manteau rose. La main tient une crosse enguirlandée. A droite de Saint-Joseph plusieurs gentilhommes portent des palm es ; au fond, deux vieillards habillés à la turque. Près de Marie deux jeunes filles causent, et plus loin deux hommes en costume bourguignon se promènent le long d'une terrasse grillée, 'f out le foi<d est occupé par un très ?*iche jubé que décorent les statuettes de Moïse et des Rois de Juda Des hautreliefs, la Pentecôte, le ronronnement de Marie, la Fuite en Egypte, le Chinât parmi les Docteurs occupent les frises. Des fenêtres 'ogivales indiquent le chœur derrière le jubé ».

Volet gauche : La Présentation au Temple. — « Même fond d'église gothique, les haut-reliefs qui décorent ce panneau sont le Portement de Croix, la Crucifixion, la Descente de Croix et l'Ensevelissement. La Vierge en robe bleue et voile blanc, environnée dès femmes, Saint-Joseph offrant les deux pigeons évangéliques, contemplent leur fils dans les bras du vieillard Siméon, habillé de vert et d'or» .

Volet droit : L'Annonciation. — « La maison de la Sainte-Vierge. Les scènes de la Visitation, de l'Adoration des lie gers, des Mages, l'Apparition dû 'Chri.it à Marie après la Résurrection, sont représentées en hauts-reliefs. L'ange Gabriel, aux ailes d'un vert sombre, vêtu d'or et de vert, la main gauche tenant un s< ep're, salue la Vierge agenouillée et en prières dans un missel ouvragé Le lys symbolique s'entrouvre dans un vase de porcelaine. Sur la droite, dans une maison écartée, une vision apparaît à Saint- Joseph endormi ».

Revers. — Les peintures qui ornent les revers sont d'une facture magistrale. Ce sont les portraits des donateurs et de leurs familles, tous vêtus de lin blanc.

Volet droit. — « A droite, un vieux chevalier et ses deux fils cuirassés d'or et d'acier sont agenouillés. A gauche le patron du chevalier Saint-Jean Baptiste ».

Volet gauche — « La femme du chevalier avec sa fille, vêtues de blanc, protégées par Saint-Jacques le Majeur. Deux écussons décorent ces revers Dans celui de droite : un écuss >n d'argent, à deux fleurs de lys coupées de sable dans le franc quartier d'or à trois merlettes de sable, l'écu sommé d'un casque d'acier gansé d'or. Le casque porte le tonnelet d'or, d'où s'élève le buste d'un liomme barbu, tuniqué d'or. Les lambrequins doivent être d'argent, d'or ou de sable, ils sont très difficiles à examiner. Dans le revers de gauche : un ange tient un autre écusson de gueules à deux têtes de femme de couleur naturelle, en chef, et à une étoile d or de six raies en pointes, à la base »

D'autres critiques ont tour à tour attribué l'œuvre à Jean Van Eyck, à Van der Weyden, à Memlinc, à Van Or'ey, à Blondeel, à Van der Goês, même à A. Durer. Une opinion caractéristique est celle ch M. Génard qui, voyant un mono»

gramme symbolique ou une sorte de rébus dans !e singe et Tours couchés à terre au premier plan du panneau central, a cru l'œuvre de Martin de Beer.

Beaucoup pensent que le sujet représenté est le ma-iage de Philippe le Beau et de Jeanne de Castille, célébré à Li rre en

12° MADRID — Musée Royal du Prado

N° 457. — La Vierge et l'Enfant Jésus

(un des plus célèbres tableaux de Gossart).

Historique. — En 1578 une peste terrible ravagea la population de Louvain. Elle sévit un an et enleva 30.000 âmes ; un grand nombre de maisons furent totalement dépeuplées et des rues entières devinrent inhabitées. La ville, se trouvant alors dans l'impossibilité de se défendre contre un ennemi, le gouverneur, Don Juan d'Autriche, y envoya une forte garnison qui, en sept ans, épuisa les ressources de la ville, éloigna les élèves des Universités et acheva la ruine de la cité. On se décida à exposer la situation au roi. Jean Grabbe, provincial des Augustins, allait justement paitir pour l'Espagne afin de solliciter un séminaire pour les quatre ordres contemplatifs. Les deux bourgmestres, Richard van Pulle et Jean Leunis, s'adressèrent à lui et lui confièrent leur ambassade Le 6 octobre 1586 il partit ayant reçu du conseil la somme de 100 florins pour son équipage Le G février i 589 il avait à Madrid une audience royale où il exposa les malheurs de sa ville ; il se plaignit surtout de la taxe nouvelle de 60 florins que le gouverneur avait imposée et que Jean van Schoore, bourgmestie des lignages pour 1587, venait de lui faire annoncer. Le souverain libéra la ville de cette charge. Appuyé par Pierre de Ranst, chambellan du Roi, Jean Vendeville, conseiller, Jean Crabbe obtint i émise de toutes charges pour Louvain pendant douze années. Le 10 février 15V8 il était de retour à Louvain. On décida pour remercier le roi de lui faire un cadeau délicatement choisi.

On pensa alors au tableau des Augustins dû à Jean Gossart. Les moines consentirent à le vendre au conseil et l'expertise faite par Jean Van Rillaert et Léonard Van Marienbcrghe (1),

Expertise de Jean van Rillacrt et de Léonard van Marienberghe

« Wy, Jan wan Rillaer' endc Lenaert van Marienberch, Schielderen werckende in die oliewerne, binmn Loven, verolacren dat wy zyn ont boeden te commen, bynnen den convente de Augustynen, binen Loven, ter présentée van mynen Leore den provinciael van den solven convente, Leer Jannen Crabbe, ende van mynen Leere Riohait van Pulle, ende Jonckeren Willem van Angelis, drossaert van mynen heere 't 'S Hertoge van ïïerschot, ende is ons by de voirsekreve Leeren geordonneert al aer te visiteren sekeren stucken sehilderyen wesende ecn repre^entatie van

le 2 avril 1588, en fixa la valeur à 400 livres, Les moines n'en exigèrent que 350 florins.

En juin 1588 Jean van Schoore écrivait à Pierre de Ranst : « Nous ne sommes guère courtisans, et si avons bien peu de moyen pour montrer extérieurement l'amour et affection extrêmes que nou* portons à Sa Majesté ; cependant nous efforçons en aulcune manière par quelque démonstration à l'adwuys dud. Père Provincial, lequel veu ung Portraict de Notre-Dame, fait de la main de Jehan Mabeuze maître principal en son tempz en tel l'ardt et jugeant que ce pourroit estre chose agréable, comme une petite fleur mise en aultel ».

Cependant, avant d'expédier le tableau en Espagne il fallait y mettre une inscription rappelant au Roi la reconnaissance de la cité. Le docteur Philippe Sweerins, professeur de Droit à l'Univertité, fit l'inscription suivante :

JOHANNIS MABEVS

« Sénat pop. Lovanivs qui constanti in Deum ac principem » fide exiguum hoc artis nostrae monumentum, inter cœteia

onser liever Vrowen met het Kindeken Jésus op haeren schoot sittende in eene prospective van metsebrye, welck hebben bevondente te syne gedaen by die vermaerste meestere eygen hant diemen in d ese landen gevonden beeft, te weelen by Jcnnyn Mabuyse grnaempt, ende bat 't selfte stuke s. hilderye wel was e, ne van derclincxsle juweele ende constik&te gedaen dat wy van symen handelinge mœgen gesien hebben, ende gevraecht van Myne Heeren vœrscheven, oft 't selfste wel soude mœgen gereputoert sœ weerdich, dat men t' selve soude oft aende conincklyke Majesteyt oft den prince van Spaigntn mœgen geschonken wordden, ende wat 't selve wel onsdocbt werdt te zyne, soe eest dat wy, hier op geledt. géant woordt hebben, op d'ierste dat, gemeret Coninghen ende princen van aile cost©lycke juweelen ende schatten genœch versien zyn, ende dusdanighe constige juweelen van schilderyen nu Soo quaet te becommen zyn, bysonder als de hant doot es, sœ verdocht ons datter geen saecke-en was die beeter betaemde oft behoorde te sohenchen, ende bat oo.k aengenaeem behoorde te zyne dan dusdanighe consle, ende nopende die weerde verclaeren dat dusdanighe constige slucken nu nyet wel estimabël en zyn, want al wilde men b.taelen men nyet en can rencontreren, maer om 't selve te doene sœ nae ons moegelyck is, soe verclacren wy, naevenant dat wy som wylen hebben sien off hooren. gelycken stucxkens estimeren ende ouder wylen vercoebt te zyne, hebben dit gecstimert op ij e lib. eens, welch eertyden wel ende meer soude gegouwen hebben, by tieffhebbers van de consten ende hun des verstaende, ende verdocht ons indien wer iij 0 lib. te becommen ware dat myne heeren wel goeden coop souden hebben, ende nae diendese verclaringhe gedaen hadden, Lebben de vœrschreven heeren begeert dat wy dit ons adwuys estimatie ende priseringhe souden onderireckenen, soo hebben wy 't selve gedaen op lieden den XX april A 0 1 588.

(Signatures).

sn

» donaria, sacrasque imagines in mcdia iconoctastorum rabie » conservavit, Deum opt. max. precatur ut regem Philippum » catholieum. ecclesiae suae diu ico'umem servet, ac tueatur » hostibus malisque formidabilem, bonis ac subjectis propitium » ac begnignum

» Collège, nos animis junctos concordlbus uni, » Quos hic distractos vis furialis agit ».

Ces lignes furent placées au dos du tableau par le peintre Van Maricnberghe qui reçut pour ce travail 45 sols. La boîte en bois exécutée, le tableau fut enveloppe dans du taffetas vert. Le 27 juin 1588 la messagère, Marie de Muyser, le porta à Bruxelles à Jean van Bierbech, concierge de la Chambre des Comptes de Brabant Celui-ci l'expédia à Anvers à Henri van der Borcht de Louvain, qui l'envoya à Nantes. De là elle partit le 14 décembre 1588 et arriva en janvier 1580 à Madrid. Le conseil avait fait joindre quatorze douzaines de gants fins faits par Thomas Huens, de Louvain, pour l'Infante Isabelle. Le 3 février î.c>89 Pierre de Ranst présenta le cadeau à Sa Majesté qui « Fat reçue fort begninement et luy at semblé fort belle ».

Le tableau fut placé dans la galerie du roi à l'Escurial ; il est maintenant dans la rotonde du musée du Prado, à Madrid.

H. 1 pied 7 pouces 4 lignes. L. 1 pied 4 pouces, Sur bois.

« Une vaste niche, formée d'une valve de coquillage portée par des colonnes carrées de style ionique. Au-dessus un fronton grec avec les médaillons d'Ares et d'Athéna, une colonnade ionique ceint la niche. Sur un entablement, la Vierge assise à terre embrasse Jésus. Elle porte la robe à l'italienne eb le voile blanc d'où découlent ses cheveux blonds ; ses pieds sont nus. L'enfant est vu de dos, il joue avec la mantille de sa mère. Deux anges supportent l'entablement. Au milieu, un vase de fleurs ».

MAUBEUGE. — Collections de M. A. Guillain.

Le Christ au pilori

Sur cuivre. Au bas, assez dissimulée, la signature : JOANNES MALBODIVS PINGEBAT 1526.

« Le Christ, nu, est assis sur une estrade, les jambes mi étendues et les pieds croisés. Il a les mains liées l'une sur l'autre et entre elles tient le roseau. Sous lui, son manteau dont les plis tombent à terre, sur le pilori, bloc carré de bois. La tête est nimbée et auréolée d'or ; au second plan, le bas du corps caché derrière l'estrade, trois figures grimaçantes de bourgeois : celui de gauche avec un turban roug^', une robe jaune et un manteau gris à grands plis, fait avec les mains un geste de démonstration. Celui du milieu a un bonnet raide en forme de cupule, son profit israélite, barbe raide et nez de faucon. Le troisième a le

bonnet de fourrure, tête de bourgeois, nez camus, bouche ouverte, moustache blanche, pèlerine de drap rouge. Il fait des deux mains un geste d'ébahissement et de pitié. Fond de temple ou de salle publique, par une fenêtre un coin de ciel bleu verdàtre.

13° MUNICH — (Pinacothèque) Galeries & Cabinets

N° 115. — Marie portant son fils debout

Yan Mander nous apprend, à la page 143 de 1 édition de 1761, que Gossart peignit sous les traits de la marquise de Veere et de son fils Emmanuel une « Vierge et l'Enfant » qu'acquit plus tard un habitant de Gouda, nommé Froinond Mraï Johanna Shopenhaùer affirme que le numéro 115 est la peinture de la marquise. M. Michiels se refuse à admettre cette hypothèse. On ne saie rien de plus sur cette querelle historique.

H. 4 pouces 6 lignes. L. 9 pouces. Signé JOANNES MALBO- DIVS P1NGERAT 1527.

Autour de la niche on lit GE, Z, MVLIER1S SEMEN SE RE- PENTIS CAPUT CONTR1VIT,.

« Marie est assise dans une niche en plein cintre, vêtue d'une robe et d'un immense manteau qui s'étale jusqu'à tTre en mille plis. Un voile blanc couvre sa tête et ses épaules. Son fils debout sur son genou gauche fuit des efforts pour lui échapper et semble tendre les bras vers quelqu'un. La Vierge appuie son pied droit sur un tabouret de chêne lourdement sculpté ».

N° 41. — Danaé recevant la pluie d'or

Signé JOANNES MALBODIVS PINGEBAT, 1537.

« Dans une rotonde formée par des colonnes de marbre, la jeune fille est assise sur des coussins, vêtue d'uu seul manteau brodé. Une mantille, retenue par un cercle do perles, couvre ses cheveux. Elle reçoit entre les genoux la pluie d'or qui tombe du plafond. Par l'intervalle des colonnes, ou aperçoit deux édifices de style mi-renaissanc », mi-byzantin ».

14° PALERME — Museo Nationale

La Vierge et l'Enfant (triptyque attribué à Gossart) .

Panneau central. — « Sous un dais d'une architecture extrêmement riche, est assise sur un trône ciselé et ouvragé la Vierge Marie. Une mantille blanche, maintenue par un diadème de perles, retient à peine sa chevelure qui découle sur ses épaules. Elle tient l'Enfant Jésus sur un liege blanc A gauche, un groupe de quatru anges ailés : trois choristes et un cithariste. A droite un ange oftre une pensée, l'autre joue d'une flûte rustique. Fond de paysage boisé avec édifice de stylo renaissance mêlé de byzantin ».

Volet de gauche. — « Sainte- Catherine couronnée d'or et richement vêtue, tenant son anneau de la main droite, l'ait lire un petit enfant sur un livre qu'elle tient sur ses genoux. A ses pieds une petite épée ».

Volet de droite. — « Sainte-Dorothée, assise sous un dais de même style compliqué, vêtue d'une r< be échanerce à la poitrine avec fourrures, orne une ceinture des fleurs que lui tend un ange ».

Revers des volets. — « Adam et Eve enlacés acceptent la pomme du serpent. Au pied on les voit chassés par l'ange exterminateur. Paysage montagneux et boisé à droite ».

15° PARIS — Musée National du Louvre

N° 1997. — Portrait de Jean Carondelet (1)

Bois. Acheté par Louis-Philippe en 18 '.8 à M. J. Bernard, architecte à Valenciennes, pour la somue de 1.000 francs avec le numéro 1998. Ces deux tableaux forment un diptyque. Chaque panneau est cintré par le haut et mesure 44 cent, de hauteur sur 0 m ïo de large Sur le cadre du portrait de Carondelet on lit « Représentacion de messire Jehan Carondelet, hault doyen de Besançon, en son eage de 48 a. » Dans le bas « faict l'an 1517 ». Derrière, dans une niche, avec les armes du président, ses initiales J C et sa devise « MATYRA ».

(1) Jean Carondelet

Jean Carondelet naquit à Dôle en 1469 Sa famille était originaire de la Bresse en Franche-Comté. Il embrassa l'état ecclésiastique, et tout jeune encore fut nommé « hault doyen de la métropole de Besançon ». Philippe le Beau l'appela alors aux affaires dans les Pays-Bas. Au commencement de 1480. Jean Carondelet, seigneur de Shampuan, « fust étably chancelier de Bourgogne par l'archiduc en la pb.ee de Messire Guillaume Hugonet, qui fut cy devant décapité par les Gantois (Annales du Hainaut op. cit. tome V, p. 3!<). En 1597, «Jean Carondelet, seigneur de Camphuan, chancelier de Bourgogne, est démis de son eslat par les rapports faux de gens pervers. A iceluy succéda en décembre Thomas Plaigne, seigneur de Maigne, natif de Bourgogne » (ibid page 150). Il est alors nommé maître des requêtes ordinaires pour les affaires de justice:. En 1317, l'archiduc Charles, le futur Charles- Quint, et sa sœur Eléonore se préparent à un voyage en Espagne et emmenèrent Jean Carondelet. Le départ avait été fixé pour juin 15 '.7 ; la flotte était armée dans les ports de Zélande. Le 16 juin Charles prit congé des Etats électoraux à Gand et alla s'embarquer à Vlissingen. Des vents contraires le retinrent pendant deux mois entiers et ils ne partirent que le 8 septembre. C'est durant cette attente que Gossart dut peindre Jean C.uondelet. Le 2?> juillet 1 5 1 7, une ordonnance avait réglé le gouvernement des Pays-Bas en l'absence de Charles et institué un Conseil privé sous la présidence de Claude, frère aîné de Jean Carondelet. Jean mourut à Milincs le 5 février 154i.

Son portrait fut fait aussi par B. van Orley (Pinacothèque) et par Josse Van Clève (coll. de la comtesse du Chastel).

« Carondelet est représenté sur un fond de marbre rouge, de 3/4 tourné vers la droite, la tête nue et les mains jointes. A l'annulaire de la main droite il porte une bague avec une émeraude. Sa robe est à collet bleu ardoise, son manteau noir brodé de fourrures. Les cheveux longs et bouclés, les yeux bleu clair ».

N° 1998. — La Vierge et l'Enfant

Autour du cadre on lit : Mediatrix nostra que es post Deum spes sola, tuo fllio me représenta ». Au bas : « JOANNES MELBODIE PIN GE BAT ».

« Vue presque dn face, la tête encadrée de boucles blondes, la Vierge tient dans ses bras Jésus presque nu et la tète tournée à gauche. La robe de Marie est verte, un fichu blanc à nombreux plis et un manteau achèvent son costume ; un fil de perles dans ses chevrux. Dvrrière le panneau une tête de mort dans une niche avec cette inscription gothique :

« Facile contemnit omnia qui se semper cogitât moriturum Hicronymus l >17 ». La devise « Matura » est reproduite.

N'° 1999. — Portrait d'un religieux bénédictin

H. 0.30. L. 0.27. Donné en 1872 par J.-B. Foucait : avait auparavant appartenu à M. Van der Schreeck, de Louvain. Dans la partie supérieure on lit ETATIS, 40, 152^, signée Joannes Malboddinge,

« Vêtu de son costume de bure, les mains jointes, dans une attitude très calme de prière ».

16° PRAGUE — Galerie Sternberg

Saint-Luc peignant la Vierge

Ce tableau peint en 1515 pour la chapelle de la corporation des enlumine rs de Saint-Rombaut, près de Malines. Il fut enlevé par l'archiduc Mathias, le futur empereur, et transporté en Bohême. Il fut alors déposé au Hradschin ou hôtel de ville de Prague. Le 12 ma-s 1 G 1 4, les échevins de Malines écrivirent mais en vain pour en obtenir la restitution. Il fut placé dans l'église de Saint-Veet où il orna le maitre-autel ; en 1836, des restaurations nécessitèrent son dép'acement, on le descendit, et, en le regardant de plus près, on trouva sur la ceinture de la Vierge la signature « Gossaert ». Triptyque. H. L. 2. 10.

«Dans un somptueux édifice renaissance mêlé de hauts-reliefs moyen-âge et de festons gothiques, la Vierge est assise sur un siège, voilé d'immenses étoffes. Elle ferme à demi les yeux et tend une rose à Jésus. Le peintr e dessine sur son ge ou droit. Il a le bonnet turc et un large manteau. Le dessin qu'il fait est très fin et très hachuré, très semblnbleaun dessin de Gossart au Bntish Muséum ; à coté du peintre une aile et des fusains. Dans le fond on aperçoit un scribe, une vierge debout, puis une cour avec une fontaine ».

17" TOURNAI — Musée

Portrait de Saint-Donatien

portant une roue garnie de chandelles, attribué à Gossart par M. Michiels.

18° WATERWLIEET — Eglise paroissial La Détresse de Dieu (Nood Gocls)

Dans l'église de VVaterwlieet, au nord de Gand, en Belgique, existe un triptyque attribué jusqu'ici à Quentin Metsys. Les habitants lui donnent le titre de Nood Gods ou Détresse de Dieu.

Le panneau central du tableau représente, en effet, sa Descente de Croix. Ce rétable fut remis à neuf une première fois par Jean Noveliers, en 1617. Pour ce travail et pour une autre restauration il reçut 33 livres 5 escalias 8 gros. En 1P65 il fallut encore y travailler et l'artiste Pierre de Wynter en fut chargé ainsi qu» de la réfection de deux autres peintures ; il reçut 15 livres 19 escalins. Le triptyque est aujourd'hui en mauvais état. Déjà, en 1870, les meilleures parties, la tête et la main droite de la Vierge, la Madeleine et le vieillard avec les clous étaient seuls bien conservés. Le panneau a beaucoup souffert de l'abondance de la lumière solaire, de l'humidité, et encore plus de la négligence. Les restaurations maladroites n'ont pas amélioré son état.

C'est à M. Guillain et à M. Kennis, de Gand, que reviendra l'honneur d'avoir rendu à Gossart une œuvre qui était pourtant digne de Metsys. L'attribution à ce dernier maître était d'ailleurs contestée par bien des critiques belges. Le Christ rappelait évidemment une influence italienne, le coloris n'était pas celui du peintre anversois ; sur la poitrine d'un personnage de gauche qui semble adresser la parole à celui qui est sur l'échelle ils découvrirent les lettr s M. F., ce qui pourrait bien constituer le monogramme Mabusius fecit. De plus, Simon le Cyrénécn. à qui parle le personnage, pourrait très bien être le portrait de Lucas de Leyde : La ressemblance est frappante avec le portrait publié dans le livre de Van Mander.

Pannem central. — « Le Christ délivré de son gibet repose entre les mains d'en personnage placé à gauche. A ses pieds le groupe d'un vieillard, de saintes femmes. Apposée à la croix une échelle droite sur laquelle est grimpé un personnage qui tient la couronne d'épines.

Volet gauche ■ Le portement de Croix.

Volet droit : La Résurrection.

Revers gauche : Pilate se lave les mains.

Revers droit : Le Christ marchant entre les so'dats, tous deux peints en grisaille.

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