‹ Jean Gossart dit MabuseChapitre 32 sur 58 · LA MADELEINE · texte numérisé non relu

LA MADELEINE

Se présentant à peu près comme Jacqueline de Bourgogne, mais les yeux regardant droit en face d'elle, c'est-à-dire à sa droite puisqu'elle a la tête tournée de ce côté, elle tient dans les deux mains un vase à parfum richement ciselé. Peut-être l'aspect général ne donne-t-il pas la sécurité quasi absolue d'attribution qu'on éprouve devant Jacqueline de Bourgogne. A mes yeux cependant il n'y a pas de doute. Peut-être aussi ce tableau a-t-il subi de petites retouches notamment dans le cou et sur le dos de la main droite.

Le fond vert-bleuâtre est un peu sourd — et la main gauche, bien que jolie et fine, si elle n'a pas été retouchée, manque de l'éclat lumineux si habituel aux mains faites par Gossart.

La façon de travailler les ornements et le jaune de la robe bien que très riche, est moins éloignée du coloris par à plats que je sens tout à fait contraire au tempérament pictural de Mabuse.

Le modelé de la poitrine et même du visage est moins savant, les yeux moins expressifs et la bouche, un peu entr'ouverte comme dans Y Ecce Homo, sont moins caractéristiques que dans le portrait précédent. Les cheveux sont moins souples et d'une technique moins riche, le bourrelet de la lèvre inférieure est un peu pâle; cependant tout cela est tout de même d'une jolie vision et d'une belle virtuosité. La bande

rouge du corsage est proche du rouge de la fille d'Adolphe de Bourgogne.

C'est du Mabuse un peu affadi, mais je crois que c'est du Mabuse. Le vase à parfum et les bijoux semblent bien de sa main. Les parements de fourrure fauve sont un peu amollis et par conséquent moins individualisés, mais ce portrait, bien que secondaire, est tout de même un très joli tableau.

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