CHAPITEAU I)E LA TRIBUNE DES ORGUES
(Eglise Saint-Maclou, à Rouen.)
posé, nu, sur la dalle avec un linceul de fin tissu négligeamment jeté de gauche à droite,
tronc de cône, mais sans avoir la roideur de ce solide. Dans le chapiteau corinthien se vcïbent également des créations dues au génie du grand sculpteur français. C’est ainsi que la décoration de la campane diffère sensiblement, quant à la disposition et à la technique, de nos habitudes empruntées à Vignole ou aux relevés des pensionnaires de la Villa Médicis. Pour préciser, disons que les feuilles d’acanthe du premier rang sont plus petites et laissent aux quatre grandes feuilles naissant de l’astragale une plus considérable importance. La retombée ou panache, loin d’être large et égale au quart de la hauteur de la feuille, se termine par une petite crossette, et le dentelé ne rappelle en rien les ondulations de la molle acanthe ou la fermeté de l’épineuse. Ces feuilles sont juxtaposées ainsi que des imbrications ou des squames, et cette disposition accuse davantage les plans des palmes. Enfin, les volutes et les caulicoles ne sont pas ajourées et ne présentent ni vrilles ni tortillons, et donnent un caractère plus mâle au chapiteau sculpté par Goujon, sans lui enlever son élégance. On voit, lit, l’œuvre d’un maître dans la fermeté du dessin et le jeu des ombres et des lumières. Aussi formons-nous le vœu de voir bientôt figurer au Musée du Trocadéro l’œuvre du Phidias français. » Léon de Vesly.