‹ Jean GoujonChapitre 15 sur 23 · L A FONTAINE DE CHATEAU DAM.T · texte numérisé non relu

L A FONTAINE DE CHATEAU DAM.T

du Louvre.)

tluence de Goujon, sa manière, peut-être son dessin, mais non pas son exécution.

Les sculptures qui décorent l'intérieur de la chapelle du château, isolée aujourd'hui (l'aile droite ayant été démolie comme le corps de logis principal ), sonl plus importantes et beaucoup plus proches du maître. Du Cerceau a dessiné et Ton a conservé du reste ce curieux édicuïe en rotonde dont la voûte à caissons repose sur un tambour ingénieusement orné et sur quatre arcs surbaissés décorés de ligures de Victoires volantes tenant des couronnes, des branches de lauriers ou embouchant la trompette. M. Jouin « n'ose y reconnaître le style sobre et franc » du maître. Montaiglon les déclarait cependant plus que certaines, et M. Gonse les mettait au rang de ce que le goût du maître a produit de plus séduisant et de plus délicat. Sir Richard Lister a eu le mérite de les publier le premier en y insistant comme il convenait, ainsi que les anges portant les attributs de la Passion qui décorent la voûte des quatre arcs latéraux abritant les chapelles. Les reproductions (jui accompagnent ces lignes permettront de juger de la liberté et de la grâce de ces figures de jeunes femmes et d'enfants si souples, si ingénues, si pétillantes d'espril dans leur modelé délicat, qu'on y reconnaît très volontiers les sœurs et les frères des figures du Louvre ou des Innocents (1).

(I) Les statues d'apôtres, aujourd'hui auMusée Carnavalet, <|ui décoraient les nielles placées entre les pilastres «les piédroits de la chapelle, sont certainement d'une époque beaucoup plus tardive. Ils ne figurent pas du reste dans le dessin de Du Cerceau.

M. Gonse et Sir Richard Listeront attiré aussi l'attention sur quelques fragments très mutilés retrouvés par les derniers possesseurs du château, entre autres sur un bas-relief de Y Ascension qui figurait avant 1840 dans l'église d'Anet et qui nous ramènerait , pour l'élégance un peu maniérée et académique des figures, pour l'extrême virtuosité du relief très méplat, à l'art religieux tel que Goujon le pratiquait à Ecouen ou au jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois. Le basrelief était accompagné jadis sur un autel de style classique par deux figures de Vertus, la Foi et la Force, qui furent données au Louvre en 1861 par M. de Garaman, propriétaire d'Anet, et attribuées, on ne sait pourquoi, à Germain Pilon, dont la présence à Anet est encore plus hypothétique que celle de Goujon. On voit encore à Anet deux très jolis morceaux représentant de longues silhouettes graciles de femmes presque nues et munies chacune de plusieurs paires d'ailes. Elles portent des palmes et des couronnes et devaient, elles aussi, en quelque endroit de cette retraite amoureuse , glorifier surtout le très vict orieux roi de France. On en avait fait des anges dans l'église de Dreux où elles figurèrent jusqu'en 1866. Ce sont également des fragments de quelque décoration exécutée soit par Goujon lui-même, soit sur ses indications (1).

Beaucoup d'autres objets conservés au château d'Anet,

(1) Le Louvre possédait déjà des morceaux de même ordre, mais d'origine incertaine, avec les quatre petits reliefs représentant quatre femmes nues, nymphes ou déesses fluviales, qui proviennent du Musée des Monuments français (Cat. somm.des se. mod.,n° 231,232,233,234); ce sont des œuvres d'école ou d'atelier d'un très joli sentiment d'ailleurs et très séduisantes.

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