VI. — La décoration du Louvre
Tandis que s'étalaient a Fontainebleau les nudités provocantes de la salle de Bal, après celles de la chambre de Madame d'Étampes, et que cette joie de vivre en beauté qui éclate dans toutes les œuvres de la Renaissance s'incarnait, à Anet, dans la figure célèbre que nous venons d'étudier, le palais monarchique du Louvre gardait dans sa décoration plus de tenue, plus de style et, s'écartant des fantaisies italiennes, c'est jusqu'au modèle antique luimême que se haussait Je maître sculpteur en pleine maturité, en pleine faveur.
Nous avons déjà plus haut, en voyant Goujon passé au service du roi dès 1547, indiqué la nature possible de sa collaboration avec Lescot, architecte du Louvre, et la date de ses premiers travaux au palais ; nous avons dit aussi l'importance capitale des documents récemment publiés à ce sujet par M. Bapst (1).
On a répété, d'après Sauvai, que les Cariatides étaient le
(1) Note sur Jean Goujon dans les Mémoires publiés pour le centenaire de la Société des Antiquaires de France. 1904. — M. Gonse, ni Sir Lister n'ont pu en avoir connaissance. M Jouin les mentionne à peine dans son appendice et M. Lemonnier enfin, dans son étude très substantielle sur la salle des Cariatides, s'est contenté de se référer au marché de 1550, tel que Sauvai l'a connu et cité.
l'histoire et la victoire.