‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 42 sur 66 · APRES LA MORT · texte numérisé non relu

APRES LA MORT

Le vrai chrétien ne meurt jamais tout

entier. Et l'instant où son âme se détaclie .

'i de son enveloppe terrestre, c'est aussi le f

moment où, rempli d'un saint ravisse- .

ment, il voit s'ouvrir à son approche les i

portes éternelles des célestes parvis.

Le soir même du 6 août 1026, la nouvelle de la mort du Fr. Elzéar fut annoncée au monastère des religieuses de Villers-Canivet. La Mère Elisabeth savait déjà la maladie de son mari. L'annonce de la fatale issue, loin de l'abattre, lui remplit le cœur d'une joie secrète et sur-

96 JEAN HALBOLT.

naturelle : elle était heureuse et fière d'avoir connu de si près un si saint religieux, enlevé par une mort si héroïque.

Il est à remarquer que Dieu sembla confirmer, par un prodige, la sainteté du Fr. Elzéar. Son visage fut illuminé d'une vive clarté. Malgré la peste, tous les Pères du couvent voulurent assister à ses funérailles. Tous voulurent toucher à ses vêtements ou à son corps, comme on le fait pour vénérer les reliques d'un saint. Et cependant, à compter de ce jour, la contagion disparut : aucun capucin n'en ressentit désormais les atteintes.

Dom Le Chevalier, dans la Vie du Freine Elzéar qu'il a écrite, mentionne également un certain nombre de faits merveilleux attribués par lui à l'intervention surnaturelle de notre « Bienheureux »

capucin normand.

A diverses fois en 1626, en 1634, les capucins de Caen firent creuser des fon-

Page 1