‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 43 sur 66 · SON TOMBEAU · texte numérisé non relu

SON TOMBEAU

dations pour construire leur nouvelle église '. Dans les fouilles, on retrouva le corps du Fr. Elzéar, sans corruption, tout entier, aussi frais et vermeil qu'au moment de la mort. On n'y toucha pas, et l'on se contenta de bâtir au-dessus une petite voûte pour le protéger.

L'œuvre de la fondation du couvent des Capucins de Vire n'eut point à souffrir de la disparition de celui qui en avait généreusement pris l'initiative. Dans l'hiver de 1623-1621, on avait creusé un puits et les caves, et les ouvriers avaient

1. « La chapelle de Brucouit, que les [capucins] avaient n-parée, étant trop petite pour leurs usages, ils en bâtirent une sous l'invocation des mêmes patrons saint Michel et saint Jacques, qui ne fut achevée qu'en 1605. Et cette chapelle ne se trouvant pas encore convenable à leurs exercices, elle fut convertie depuis en une infirmerio, et enfin en 1634 on commença à bâtir l'église que l'on voit aujourd'huy, sans changer les saints Patrons de ce lieu, saint Michel et saint .Jacques. Elle fut achevée en 1635 et dédiée en 1636. » Iluet, cité dans les Documents pour servir à l'histoire de V établissement des Capucins en France. Paris, Mersch, 1894, p. 49.

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préparé le terrain. En 1624, les travaux avaient marché rapidement. Ils furent conduits avec lenteur, en 1625 et en 1626, à cause de la peste. Mais dès 1627, les capucins purent prendre possession du couvent. L'église, toutefois, ne fut terminée qu'en 1630, ainsi que l'indique une inscription placée au-dessus de la porte d'entrée. Elle fut consacrée à la fin du dix-septième siècle, le 16 septembre 1685, par Mgr François de Nesmond, évêque de Baveux, qui la dédia à tous les saints de l'Ordre séraphique. L'acte de consécration, conservé aujourd'hui, est sur parchemin : MDCLXXXV die XVI mensis septembris. Ego Franciseus episcopiis Dajocensis consecravi Ecclesiam etaltare hoc in honorem sanctoruïïi omnium ordinis sancti Francisci et reliquias sanctorwn martyrum Benedieti, Victoris et Fausti in eo inclusi et singulis Christi fidelibus, hodie

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uniim anninn et in die anniversario consecrationis Jiujusmodi ipswn visita ni ibiis quadraginta dies de vera indulgentia in forma Ecclesiœ consiiela concessi\

Franciscus E. Bajocexsis.

J. Sur los murs du cloître aujouid'liui déiiioli, on lit encore neuf longues inscriptions pieuses, que rapporte Cazin, loc. cK.. p. Iti.

En WS et IGTN. fut gardien à Vin- ]•• 1'. Antoine de>; Valli'es, qui avait éti' guéiâ dans son enfance i)ar le Fr. Elzéar.

En 1696, trente capueins. dont le ]'. Esprit, donnèrent une grande mission à Vire. A la (In, on planta un superbe calvaire sur la place du château.

A la Ri'volution, les PP. Géminien (Coulleray), Jean Allais et Desmortreux desservirent la cure de Vire après la mort du curé, M. de Parfouru. Les citoyens Hamel-Durocher, Saillofest et Delavente dressèrent l'inventaire du couvent, et ne purent trouver rien de précieux. Saillofest se rendit acquéreur de l'i'glise et du couvent. Je ne sais si c'est ce Saillofest à qui il faut attribuei- les poésies fugitives conservées dans le ms. 130 de la bibliothèque de Vire. Un autre citoyen, Vesnié, prit à la bibliothèque du couvent les quelques livres rares qui s'y trouvaient ])our los envoyer à la Bibliothèque nationah'.

Lachai)elle fut fernu'-e après le 11 pluviôse an II; et à la "lin de thermidor, elle servait d'écurie. Le iô frimaire sui-

VJniversitas BIBUOTHECA

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On a conservé un portrait de Fr. Elzéar, datant du x\n° siècle. Cette mauvaise gravure est reproduite dans un livre du D' Porquet : La peste en Normandiecm XV F et auXVIV siècle (Vire, 1898). Ce portrait est-il le même que celui qui est conservé dans l'une des salles de l'hospice de Saint-Louis de Vire?

Ce dernier représente le Fr. Elzéar en capucin. Le religieux a la main gauche posée sur le cœur, et l'autre appuyée sur une tète de mort près de laquelle est un crucifix. Dans un rayonnement lumineux, on lit ce mot : Charitas. Le tableau est sans nom d'auteur. Il a été restauré en 1837 par Leriche, à Caen.

On lit au bas : Frater Elzeardus Virœus cleî^iciis capucinus^ sanguine, virtuti-

vant, elle est désignée pour devenir une caserne; mais elle continue à servir d'écurie. C'était encore, en 1875, un magasin de bois et une remise à voitures.

SES PORTRAITS. Kll

bus et miraculis clams, conventûs Viriensis Fundator, qui diviHas dedil pauperibus, [iixoi^em] divo Dernardo ; seipsum seraphico Francisco, vitam peste laboranlibus, omnia [Deo qui], Cadomi^ die suœ Transfigurationis illi [reddidit] coronam justitiœ anno 1626^ aetatis S:i \

Un troisième portrait fut, je crois, imprimé et encarté en tête du livre de Dom Le Chevalier; mais je n'ai pu retrouver cette gravure dans aucun des trois ou ■}

quatre exemplaires que je connaisse de l'ouvrage du moine de l'Abbaye d'Aunay. I

Un quatrième portrait du Fr. Elzéar existe au Musée Franciscain de notre couvent de Marseille. La figure remarquablement belle de notre cher capucin y est dessinée d'une touche très sobre, mais expressive. Le visage est de forme ovale,

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