LA FRANCE A SON ÉPOQUE
inaugurera sa carrière d'absolutisme.
Mais avant cette date et pour un peu, nous nous croirions revenus aux époques fortunées du saint roi justicier de Vincennes. Louis IX avait possédé les quatre vertus nécessaires pour rendre à son peuple la prospérité perdue : la rectitude du jugement, la vertu, la perspicacité et l'énergie. Les deux premiers Bourbons firent, eux aussi, preuve de jugement en faisant appel à de grands hommes et en les maintenant au pouvoir.
Henri IV eut de plus la perspicacité et l'énergie. De là tant de progrès. Dans les dix premières années de son règne, plus de guerres civiles, plus d'intrusion d'étrangers dans la politique intérieure ou sur le territoire national. C'est aussi le retour au christianisme et à la paix religieuse avec la publication de l'Édit de Nantes. Pendant le reste du règne, c'est la restauration des affaires extérieures,
C> JEAN IIALBOUT.
c'est le rétablissement du prestige autour du nom français, avec la lutte pour le respect et l'indépendance des petites nations.
Quant à l'apanage moral de Louis XIII, c'est surtout, avec le jugement, la vertu. De là le respect de Dieu et de la femme, de là les lois contre le duel ; de là l'édit de grâce de 1629 qui ôte aux protestants le droit de révolte, tout en leur laissant les libertés utiles. Heureux si plus tard Mazarin, vainqueur de la Fronde, s'était conduit comme Richelieu, vainqueur des protestants ' !
De Léon X à Urbain VIII, successeur de Grégoire XV, l'Église catholique, peuton dire, a traversé une époque de transition. Sous Henri IV et Louis XIII, la France est sortie de la décadence où l'avait plongée, sous les derniers Valois, la corruption du clergé et de la monarchie.