PAMPHLET CONTRE
Peut-on s’étonner maintenant que, devant de tels faits, la courageuse Belgique ait commencé à faire entendre une voix plus altière? Les évêques, le clergé et les états s’étaient jusqu’à ce moment, pour ainsi dire, épuisés en réclamations les plus soumises et les plus respectueuses au sujet des plaies qui avaient été faites à la religiou et à l’Église par cette ligue odieuse formée entre des ecclésiastiques et des politiques incrédules, qui se cachaient sous le manteau de la puissance impériale aveuglée. Leur patiente résistance semblait devoir aboutir au découragement en voyant que leur parole, quelque forme qu’elle revêtit, non- seulement n’était pas écoutée, mais encore qu’elle était indignement bafouée par ces impies. Révolté de ce spectacle odieux, un homme intelligent et instruit, dans un écrit anonyme, essaya de passer en revue tous les actes par lesquels la législation de Joseph II avait empiété sur les droits de l’Église, et de les flageller avec le fouet de la satire, pour les livrer plus sûrement ainsi au mépris et à la haine de la nation et du monde. 11 atteignit merveilleusement son but dans un bref mais remarquable pamphlet qui fut publié, vers la fin du mois d’août de celte année,' sous le titre de (I) : « Cent cinquante-deux absurdités des édits, ordonnances et principes de législation qui ont paru sous le nom de Joseph II, depuis son avènement à l’empire. »
Il est impossible de trouver une critique de l’esprit irréligieux contenu dans la législation ecclésiastique de Joseph II, mieux faite et plus satiriquement habile que celle renfermée dans ce petit mais précieux opus-
(I) Rec. XIII, p. 226 , 266.