‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 112 sur 127 · DE PIF. VI · texte numérisé non relu

DE PIF. VI

de se soumettre de nouveau , pleins de confiance , à leur légitime souverain , puisqu’ils avaient désormais atteint le but de leurs désirs.

Pie VI, dans cette encyclique, apprécie avec une admirable fidélité historique et une sagacité rare la révolution qui allait s’accomplissant en Belgique, conformément aux imprescriptibles desseins de la Providence, et pour le triomphe de l’Église de Dieu. H rappelle d'une manière également juste et exacte quelle position digne et prudente à la fois avait su prendre l’épiscopat de celte province, dans ces jours solennels et terribles, en face de la sainte indignation et de la légitime colère du peuple. 11 les loue grandement de n’avoir combattu que pour la religion seule, et avec les seules armes apostoliques. Ils n’avaient point, dit-il encore, exploité à leur profit les sérieux événements de ces jours , et avaient abandonné au Seigneur le soin de venger son Église contre les attentats du souverain trompé et les tentatives criminelles de ses indignes ministres. Ils ne s’étaient pas écartés un seul instant de celte sainte règle de l’Évangile : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Le noble peuple de Belgique lui-méme avait aussi suivi l’exemple de ses guides , jusqu’à ce que, la coupe de la colère du Seigneur étant pleine , sa main puissante se fût appesantie sur le prince malheureux.

Pie VI pouvait donc, avec toute vérité, leur donner dans son encyclique ce glorieux témoignage justifié par chacune des pages de la présente histoire : « Nous savons certainement, » c’est ainsi qu’il s’exprime en terminant (i), «que, dans cette révolution des choses, vous

(!) Rec. XVI, p. 100 et suiv.

LETTRE ERCYCLIQl'E

n’avez eu aucune part active, et que toujours vous vous êtes souvenus que votre devoir était de concilier une juste obéissance à l’autorité, avec l’obligation pastorale de maintenir la religion intacte, de défendre vos droits sacrés et de venger la doctrine de toute erreur, ainsi que le démontrent les représentations réitérées que vous avez faites, et qui ont été publiées. Il nous est également connu que les états de cette nation, pendant tout cet espace de temps, n’ont jamais été animés par des sentiments de révolte, ni du dessein de renverser l’autorité du souverain; mais que, sans se départir du légitime respect dû à César, sans cesser (^applaudir à ses intentions justes, ils n’ont demandé autre chose, sinon qu’on fit cesser des nouveautés qui semblaient avoir été introduites contre sa volonté expresse, bien que sous son nom, et surtout contre les droits, usages et statuts de la nation. Nous savons qu’ils se sont bornés toujours à désiror, de la part du monarque, une déclaration simple, sincère et sans restriction, qui pût calmer toutes leurs craintes, ramener et rétablir dans ces contrées la confiance et la tranquillité. C’était là, sans doute, une démarche vraiment digne de César, vraimentjglorieuse pour son règne; et il s’assurait par là le cœur de ses peuples, qui lui eussent dévoué pour lors, sans réserve, et leur fortune et leur sang. Les remontrances émanées par les divers états, et qni sont entre les mains de tout le monde, attestant ces dispositions.

a Eh bien ! mon très-cher fils, mes vénérables frères, ce que vous avez si justement, si instamment désiré, et que les états ont imploré avec tant de pressantes prières, voilà que César vous l’accorde pleinement, de

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son propre mouvement : il va lui-même au-devant de vos vœux. Oui, il nous a affirmé avoir déclaré et de déclarer encore, sans restriction quelconque, qu’il laissait aux évêques l’entier et plein exercice de leurs droits, tant par rapport aux séminaires épiscopaux que relativement à toutes les matières ecclésiastiques, de sorte que tout va être remis dans le premier état. Nous espérons même, nous confiant dans la bonté de César, que la même déclaration aura également lieu dans le reste de ses domaines, pour le plus grand bien de la religion, auquel tendent et tendront toujours nos sollicitudes. Il nous a, en outre, assuré qu’il avait déclaré, sans restriction, vouloir laisser à l’avenirsaufs et intacts les droits des ordres de l’État et du peuple, restituant dès ce moment et rétablissant dans leur premier état leurs privilèges, coutumes, etc., avec promesse d’oublier tout le passé, même ce qui a pu oxcéder les bornes du devoir. C’est dans ce dessein, et pour concourir à ces vues, qu’il a envoyé son vice-chancelier de cour et d’État, avec les pouvoirs les plus grands et les plus amples, pour terminer le plus promptement possible celte grande affaire de réconciliation et de paix.

« Maintenant donc que les causes de ces grands troubles n’existent plus, il semble que les troubles euxmêmes doivent aussi cesser; et ce sera un jour bien heureux, bien consolant pour nous, que celui où ce plus ardent de nos vœux sera exaucé. Mais nous avons, vénérables frères et très-cher fils, une si grande confiance en vous, que nous regardons comme inutile de vous faire, à cet égard, une plus longue exhortation. Tout ce que vous ferez pour concourir à ce but salutaire dans vos assemblées, croyez que ce sera un mérite

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