MESURES BARBARES
élèves à se montrer calmes et résignés, les assurant que les évêques porteraient immédiatement leurs justes plaintes jusqu’au trône de Sa Majesté, afin de mettre un terme aux excès scandaleux dont s’étaient rendus coupables contre eux les professeurs non moins que les recteurs de ce nouvel institut.
Les pieux habitants de Louvain prirent eux-mêmes la part la plus vive au sort des malheureux séminaristes, et commencèrent à menacer de venger à main armée les outrages qu’on leur avait faits. Le gouvernement, qui craignait qu’ils ne le fissent effectivement, augmenta la garnison de Louvain , et fit venir do Bruxelles et de Namur quelques détachements d’infanterie, de chasseurs et de dragons; il arriva même six canons de Malines, qui, jour et nuit, étaient continuellement braqués sur la place contre le séminaire général. Les chasseurs et les dragons entrèrent dans le séminaire avec leurs armes chargées et l’épée nuo, et s’emparèrent de dix-sept élèves des plus anciens, soupçonnés d’avoir été les fauteurs de la révolte. Ces derniers furent consignés dans leurs chambres pendant plusieurs jours, condamnés au pain et à l’eau, et gardés à vue par les soldats. On voulait même sévir plus fortement encore contre eux; mais M. le comte d’Arberg, officier qui commandait les troupes, plus humain que ces prêtres, refusa d’exécuter des ordres où le barbare le disputait au ridicule, et se prononça publiquement en faveur des séminaristes opprimés.
Dans cet intervalle, une nouvelle commission impériale, composée de trois membres du conseil de Brabant, arriva à Louvain, et lit parmi les séminaristes une enquête rigoureuse au sujet des désordres qui